Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les scientifiques s’interrogent sur l’influence des facteurs météorologiques sur la propagation du virus. D’autant que les pays qui connaissent un climat froid en hiver semblent plus touchés. Cependant, des facteurs tels que la température, l'humidité relative et l'exposition aux rayons UV du soleil ne suffisent pas à expliquer les variations de l'incidence de la maladie.

Une nouvelle étude néerlandaise, pré-publiée sur le site médical medRxiv, vient d’émettre l’hypothèse que le pollen pourrait jouer un rôle dans le déclin saisonnier des épidémies de grippe et de Covid-19... Puis leur retour.

La saisonnalité des épidémies n’est pas liée qu’aux facteurs météorologiques

Le pollen est réputé pour ses effets antiviraux, anti-grippaux et allergènes, et pour sa capacité à activer le système immunitaire. Des chercheurs ont identifié ces grains minuscules comme l’un des facteurs ayant réduit l’incidence des épidémies pseudo-grippales aux Pays-Bas, entre 2016 et 2019.

Cette étude se base sur un constat assez simple : les saisons de la grippe et du pollen se succèdent de manière cohérente et prévisible chaque année, dans les pays dont le climat est tempéré. Et cela ne peut pas être expliqué par des facteurs purement météorologiques. Le début et la fin d'épidémies grippales, et de la pandémie de Covid-19 dans l’hémisphère nord, font écho au moment où la libération des grains de pollens franchit un seuil d’environ 100 grains / m3 / semaine.

Un lien découvert entre les syndromes grippaux et la quantité de pollens dans l’air

Les chercheurs ont examiné les paramètres suivants : la quantité hebdomadaire de pollens allergènes, non-allergènes et totaux en grains / m3 ; l'incidence hebdomadaire des syndromes grippaux et les données météorologiques comprenant l'humidité relative quotidienne, la température moyenne et le rayonnement solaire.

“L'indice du rhume des foins”, qui correspond au chiffre d'affaires total des médicaments vendus contre le rhume des foins, est également utilisé pour tester l’impact des grains de pollen allergènes par rapport aux grains de pollen non-allergènes dans ce scénario.

Tous ces paramètres ont été relevés pendant 42 semaines, entre janvier 2016 et avril 2020 (inclus), de manière à inclure la pandémie de COVID-19. Seules les données de l’indice du rhume des foins n’étaient disponibles que jusqu’à fin février 2019, et n’ont donc pas pu être analysées au-delà.

La saison des pollens stoppe les épidémies de grippe et de Covid-19

Les scientifiques ont calculé les variations hebdomadaires dans l’incidence de la grippe, afin de mesurer la progression du cycle de vie des syndromes grippaux. Ils ont constaté que la libération de pollens était en moyenne de 732 grains / m3 / semaine, avec :

  • des grains allergènes à 349 grains / m3 ;
  • des grains non-allergènes à 383 grains / m3 ;
  • 47 consultations pour syndromes grippaux / 100 000 citoyens / semaine.

Cependant, de telles rafales de pollen se sont avérées précéder chaque déclin des consultations pour syndromes grippaux. Après ajustement des données pour prendre en compte les deux semaines d’incubation de ces maladies, la corrélation observée est encore plus forte. La baisse du nombre de consultations après les premières salves de pollens, et leur augmentation lorsqu’il n’y a presque plus de pollen dans l’atmosphère suggère un rôle causal du pollen sur les épidémies pseudo-grippales.

La première vague de Covid-19 semble, elle aussi, répondre à ce modèle, ce qui suppose un retour saisonnier de la maladie.

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