Leur météo douce et pluvieuse protège-t-elle les Bretons du coronavirus ? Aussi saugrenu que cela puisse paraître, c'est l'hypothèse avancée par Pascal Crépey, épidémiologiste à l'École des hautes études en santé publique. En effet, comme le rapporte l'expert à Futura Santé, le climat serait l'une des principales raisons de la bonne situation épidémique de la Bretagne depuis le début de la crise sanitaire. Selon les dernières données de Santé Publique France, le taux d'incidence dans la région est de 99,3 cas pour 100 000 habitants entre le 16 et le 22 janvier, contre 208 pour 100 000 habitants au niveau national, soit plus de deux fois moins.

Un climat océanique moins favorable à la propagation du virus ?

Depuis le début de l'épidémie, 861 patients sont morts du Covid-19 en Bretagne, contre 13 101 en Ile-de-France par exemple. Parmi les raisons expliquant que la région soit relativement épargnée par le virus, l'hypothèse climatique est donc avancée par Pascal Crépey. "On sait que le climat a un impact sur la propagation du virus", assure-t-il auprès de Futura Santé. "L'hypothèse, c'est que le climat océanique en hiver est peut-être moins favorable à la propagation de ce coronavirus que le climat continental", estime l'épidémiologiste.

Le froid aide le virus à survivre en dehors du corps humain. Sans compter qu'au plus la température est basse, au plus on reste enfermé et favorise sa transmission. En Bretagne, c'est donc la douceur océanique de l'hiver qui pourrait ralentir la transmission du virus. Une hypothèse qui tend à être relativisée puisque Alix Roumagnac, président de Predict Service, filiale risque de Météo France, assurait à franceinfo que "quand le taux d'humidité est supérieur à 70% et que les températures sont basses, le virus circule beaucoup plus". Même si le temps breton est doux, l'humidité et le crachin devraient permettre aux gouttelettes porteuses du virus de rester en suspension dans l'air.

Une position géographique isolée avantageuse

"Mais le climat n'est pas l'alpha et l'oméga de la propagation de ce coronavirus. Il n'explique pas à lui seul la dynamique de l'épidémie", reconnaît Pascal Crépey. Au-delà de la météo, c'est aussi la position géographique de la Bretagne, à l'extrême ouest de l'Europe, qui "l'expose moins aux flux de population" selon lui. "C'est moins un carrefour que d'autres régions de l'est de la France. Et, qui dit moins de flux de populations dit moins de brassages, moins de risques de réimportation du virus et une pression épidémiologique externe moins forte", avance l'expert à Futura Santé.

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