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Dans son allocution du 12 mars 2020, le président de la République a rappelé que les personnes fragilisées sont plus à risque de connaître une forme grave du Covid-19. Notamment “celles et ceux de nos compatriotes qui sont âgés ou affectés par des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité ou le cancer”.

Le professeur Pierre-Louis Druais, membre du comité scientifique consulté par le gouvernement, a rappelé sur France Info que “toutes les classes d’âge de la population” peuvent être contaminées par le nouveau coronavirus. “Et parmi les jeunes, on a noté qu’il y avait des facteurs qui étaient péjoratifs sur les sujets qui ont, par exemple, à gérer une obésité”.

Coronavirus : l’obésité favorise l’apparition de graves complications

Dans un avis provisoire du 14 mars 2020, le Haut Conseil de la Santé Publique listait déjà, parmi les patients à risque de développer une forme sévère de Covid-19, “les personnes présentant une obésité morbide – (indice de masse corporelle > 40kg/m² : par analogie avec la grippe A(H1N1)”. Une définition que l’on retrouve désormais sur le site du ministère de la Santé.

“Selon les recommandations officielles, les personnes qui ont un IMC supérieur à 40 kg/m2 peuvent se mettre en arrêt de travail car elles sont considérées comme à risque”, explique le Dr Wiliam Berrebi, gastro-entérologue, hépatologue et auteur du podcast "Merci Docteur !". “Toutefois, cette situation ne concerne que les obèses morbides, le seuil choisi est donc assez élevé”.

L’expert ajoute qu’en “réanimation, on estime que le risque de complications est déjà important pour un IMC supérieur à 35 kg/m2, surtout si le patient a une autre pathologie chronique, comme la bronchopneumopathie. Et je pense que tout patient obèse, donc avec un IMC supérieur à 30 kg/m2, doit être considéré comme potentiellement à risque d’une infection plus complexe”.

Qu’est-ce que l’IMC ?

Pour rappel, l’indice de masse corporelle est un indicateur de corpulence pour les adultes de 18 à 65 ans. Il est utilisé par l’Organisation Mondiale de la Santé pour établir une classification standard de référence en matière de surcharge pondérale. Il est toutefois également important de surveiller son tour de taille, dans la mesure où un excès de graisse abdominale augmente le risque de maladies cardiovasculaires.

Voici les valeurs de références, établies par rapport à l’IMC (exprimé en kg/m2) :

  • IMC inférieur à 18,5 : insuffisance pondérale.
  • IMC compris entre 18,5 et 24,9 : corpulence normale.
  • IMC entre 25 et 29,9 : surpoids.
  • IMC égal ou supérieur à 30 : obésité.
  • IMC supérieur à 40 : obésité morbide.

La majorité des jeunes patients en réanimation est obèse

En France, le nombre de personnes en surcharge pondérale parmi les cas graves de Covid-19 semble très important. Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris, a indiqué au Figaro que “plus de 80 % des moins de 50 ans qui se trouvent en réanimation chez nous à cause du Covid-19 sont obèses”.

Même constat dans le Sud : Hervé Quintard, anesthésiste réanimateur au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice, a expliqué au Monde que “parmi [leurs] 40 patients, 95 % sont en surpoids ou obèses, avec souvent une hypertension artérielle et un diabète associés”. À Montpellier, près de 50 % hospitalisés en réanimation au début de l’épidémie étaient sévèrement obèses.

Sources

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