Gard : 9 cas de glioblastome, une rare tumeur, autour de Salindres

Le glioblastome est un cancer rare et particulièrement agressif. Dans les communes de Salindres et Rousson, gros pôle chimique, neuf cas ont été signalés en neuf ans… Soit trois fois plus que la moyenne départementale, révèle Santé Publique France.

Entre 2006 et 2015, neuf cas de glioblastome ont été recensés dans les communes de Salindres et de Rousson, au nord du Gard. C’est ce que révèle un rapport de Santé Publique France, rendu public ce mardi. Le glioblastome est une tumeur maligne et rare du système nerveux central, dont l’agressivité rend le pronostic particulièrement sombre. Les patients sont en moyenne diagnostiqués autour de 65 ans, et survivent rarement plus d’un an.

Dans le berceau de l’aluminium, “la situation est inquiétante”

“La situation est inquiétante”, a déclaré Didier Lauga, préfet du Gard, en présentant les résultats de cette vaste enquête de santé, déployée depuis 2012 sur sept communes : Salindres, Rousson, Mons, Saint-Julien-les-Rosiers, Saint-Martin-de-Valgalgues, Saint-Privat-des-Vieux et Servas.

Elle fait suite aux signalements par des médecins généralistes locaux de différents cas de cancers, dont l’incidence était supérieure à la moyenne nationale. Depuis le XIXe siècle, cette zone est le berceau de l’aluminium et de la chimie. Encore aujourd’hui, une usine chimique classée Seveso seuil haut y poursuit activité.

Trois fois plus de cas dans cette zone que dans le reste du département

Parmi les cinq femmes et quatre hommes touchés par le glioblastome à Salindres et à Rousson, huit sont décédés. "S’il reste très faible, ce nombre de cas s’avère localement en excès par rapport à l’incidence habituellement attendue de ce type de cancer dans le Gard", indique Pierre Ricordeau, directeur général de l’Agence régionale de santé Occitanie.

Le taux d’incidence est, en effet, trois fois supérieur à la moyenne départementale. Selon Santé Publique France, cela “justifie la mise en place d’une investigation environnementale préliminaire et de la poursuite de la surveillance sanitaire”.

Image IRM d'un glioblastome de grade IV

Image IRM d'un glioblastome de grade IV© Creative Commons

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Glioblastome : des facteurs de risque encore méconnus

Pour l’instant, les causes exactes du nombre élevé de glioblastomes ne sont pas connues avec certitudes. “Il va falloir que Santé Publique France actualise ses données de 2015 à 2019, c’est la priorité absolue pour nous”, souligne Didier Lauga.

“L’interrogation des patients et des familles sur le pourquoi et le comment est toujours forte sur des tumeurs rares”, explique Luc Bauchet, neurochirurgien au CHU de Montpellier. “Les rayonnements ionisants sont les seuls facteurs de risques avérés des glioblastomes”, à ce jour. Néanmoins, la communauté scientifique s’interroge sur l’incidence des champs électro-magnétiques et des pesticides.

L’ASN et la DREAL sont chargées d’enquêter sur les causes possibles de ces cancers

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donc été saisie par l’ARS Occitanie, afin de vérifier les sources de rayonnements ionisants référencés dans ce secteur. Parmi elles, des “sources scellées” présentes sur le pôle industriel jusqu’en 2017.

La Direction régionale de l’environnement et l’aménagement et du logement (DREAL) devra, quant à elle, rechercher “d’éventuelles anomalies” dans le stockage de “déchets historiques” liés à la production d’oxyde d’aluminium entre 1860 et 1984. Neuf millions de tonnes de ces déchets sont enfouies à Salindres et à Rousson. Ils contiennent une radioactivité naturelle, jusqu’à présent considérée comme faible.

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Source(s):

Salindres et Rousson : enquêtes de santé publique, Santé Publique France, dossier de presse de février 2020. 

Gard : Neuf cas d'une tumeur rare détectés dans le berceau de l'aluminium, 20minutes avec AFP, 5 février 2020.