Le jeûne intermittent protège-t-il le cœur des survivantes d'un cancer du sein ? Ce mode d'alimentation fractionnée aiderait les survivantes du cancer du sein présentant des facteurs de risque métabolique à limiter leur risque de maladies cardiovasculaires. Selon une nouvelle étude publiée le 17 mai dernier dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC), les femmes âgées de plus de 60 ans et en surpoids ayant survécu au cancer du sein pourraient être en mesure de limiter leur risque de développer une maladie cardiovasculaire grâce à une alimentation restreinte dans le temps.

Selon les travaux des chercheurs, ces femmes présentant des facteurs de risque cardiométabolique ont limité leur consommation alimentaire à huit heures pendant la semaine, suivies de 16 heures de jeûne, et ont réduit leur risque de maladie cardiovasculaire seulement après quelques semaines. Les auteurs ont constaté que le risque de maladie cardiovasculaire avait diminué de 15% à la fin de la période d'essai, en seulement huit semaines.

"Cette étude de faisabilité (...) génère des hypothèses et des questions importantes sur le rôle d'une alimentation limitée dans le temps, pertinentes pour les survivants du cancer", a déclaré Bonnie Ky, rédactrice en chef du JACC dans une déclaration officielle sur l'étude.

Maladies cardiovasculaires : risque réduit de 15% en 8 semaines

En pratique, l'étude a porté sur 22 participantes âgées de plus de 60 ans, souffrant de surpoids avec un indice de masse corporelle (IMC) de 25 ou plus et ayant terminé des traitements de chimiothérapie cardiotoxique au cours des un à six dernières années. Les patientes ont été invitées à limiter leurs repas aux heures comprises entre midi et 20 heures les jours de semaine. En dehors de ces heures, les participantes ont été invitées à ne consommer que de l'eau, du café noir ou du thé noir.

Après seulement 8 semaines de respect des restrictions, le score médian de risque de Framingham à 10 ans des participantes a diminué de 15%, passant de 10,9% à 8,6 %. Pour rappel, le score de Framingham est une estimation du risque de maladie cardiovasculaire sur 10 ans. Les scores de risque de Framingham inférieurs à 10% sont classés comme "à faible risque" selon l'étude, et les survivantes du cancer du sein à faible risque connaissent 38% d'événements cardiaques en moins que celles à risque intermédiaire.

Jeûne intermittent : 450 calories en moins par jour

En plus de jeûner pendant 16 heures par jour, les participantes à l’étude ont également enregistré ce qu'elles ont mangé pendant la dernière semaine de l'étude par rapport à ce qu'elles consommaient avant le début de la recherche. Résultat, les chercheurs ont constaté qu'une alimentation restreinte dans le temps était également associée à une diminution médiane de 450 calories par jour et par participante et donc participait à la perte de poids.

Cette étude met en évidence le possible intérêt de proposer le jeûne intermittent comme alimentation thérapeutique aux femmes de plus de 60 ans en surpoids ayant survécu à un cancer du sein après leur traitement. C’est une nouvelle démonstration du rôle de l’alimentation dans la baisse du risque de développer des maladies cardiovasculaires.

Cancer du sein : améliorer la vie des survivantes

Les questions restent malgré tout nombreuses.

“Quelle est la base de la variation interindividuelle de la réponse à la restriction alimentaire dans le score de risque de Framingham, et cela aidera-t-il à identifier les patients qui sont les plus susceptibles de bénéficier de cette stratégie ? Comment la qualité de l'alimentation influe-t-elle sur ces résultats ? Nous sommes impatients de voir la recherche utilisant des interventions pratiques sur le mode de vie continuer à évoluer et à progresser pour améliorer la vie de nos patientes et de nos survivantes”, a conclu Bonnie Ky, rédactrice en chef du JACC dans une déclaration officielle sur l'étude.

Sources

Time-Restricted Eating to Reduce Cardiovascular Risk Among Older Breast Cancer Survivors: A  mai Single-Arm Feasibility Study, Journal of the American College of Cardiology, 17 mai 2022.

https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jaccao.2022.03.002

Time-restricted Eating May Lower CVD Risk for Older Breast Cancer Survivors, dicardiology.com, 18 mai 2022.

https://www.dicardiology.com/content/time-restricted-eating-may-lower-cvd-risk-older-breast-cancer-survivors

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