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Novembre marque l’arrivée de Movember - le mois de sensibilisation aux cancers masculins. Cette opération, lancée en Australie en 2003, invite les hommes à prendre en charge leur santé, et surtout à parler de ces maladies que peu osent évoquer.

"Il est important de dédramatiser les choses et d’ouvrir la parole concernant le cancer de la prostate et du testicule. Tout ce qui se situe en dessous de la ceinture chez l'homme, c'est un peu tabou. Mais, il y a aussi une méconnaissance du corps : certains hommes ignorent à quoi sert la prostate, par exemple. Moi aussi d’ailleurs, avant que je sois dans l'association", explique Olivier Jérôme, président de Cerhom (Fin du canCER et début de l'HOMme) qui œuvre à libérer la parole autour des cancers masculins.

Les cancers “en dessous de la ceinture” restent tabous

Le cancer de la prostate est le premier cancer masculin avec en moyenne 55 000 nouveaux cas par an, soit un nombre de patients presque équivalent au cancer du sein. "Aujourd’hui, il y a entre 8 000 et 9 000 décès par an. Dit ainsi, cela ne paraît pas très inquiétant. Mais, si on ramène ce chiffre au nombre d’heures dans l'année, on se rend compte qu’un homme meurt d’un cancer de la prostate toutes les heures en France", déplore Olivier Jérome.

Le second cancer masculin est celui des testicules. On diagnostique en moyenne 2 500 nouveaux cas par an. Malgré cette incidence - de prime abord - peu élevée, la maladie est le premier cancer de l’homme jeune. "Les patients ont entre 18 et 40 ans. Avant, on disait 35 ans, mais on s’aperçoit qu’il y a une augmentation des cas chez les patients plus âgés".

La troisième tumeur maligne incluse dans les cancers masculins est celui de la verge. Il s’agit d’une lésion cancéreuse située au niveau du pénis, et plus particulièrement du gland ou du prépuce. Toutefois, il est très rare. 500 nouveaux cas sont découverts tous les ans.

Comme pour toutes les tumeurs cancéreuses, les traitements sont moins lourds et les chances de survie plus grandes si elles sont diagnostiquées tôt. C’est pourquoi il est important de lutter contre les idées reçues qui ralentissent la prise en charge. Olivier Jérome nous aide à les déconstruire.

Idée reçu numéro 1 : le cancer de la prostate est un cancer de vieux

Avec un âge moyen au diagnostic de 74 ans, le cancer de la prostate est souvent décrit comme le cancer de l’homme vieux. "C'est une réalité", reconnaît Olivier Jérome

"Toutefois, on s'aperçoit de plus en plus qu'il a des cas - d'ailleurs très agressifs - chez des hommes de 45, voire 50 ans", prévient-il. "C'est ainsi dangereux et réducteur de le ramener uniquement à l’homme vieux. Cela peut conduire les gens plus jeunes à ne pas penser à faire attention aux signes".

Si au premier stade de la maladie, la tumeur cancéreuse provoque peu de symptômes, elle peut occasionner des troubles urinaires en évoluant. Il faut envisager de consulter si vous avez :

  • un besoin fréquent d’uriner ;
  • une difficulté à uriner (besoin de pousser, miction difficile à commencer ou arrêter, jet d’urine faible ou qui s’interrompt) ;
  • la sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie après avoir uriné ;
  • une brûlure ou une douleur en urinant ;
  • la présence de sang dans l’urine ou le sperme.

"Dès que vous avez quelque chose de suspicieux, il faut aller voir le médecin", assure le président de l’association.

Idée reçue numéro 2 : le vélo provoque le cancer des testicules

"Plus qu’une idée reçue, je dirai qu’il y a des idées à recevoir. On n'a pas besoin de faire du vélo pour avoir un cancer du testicule. Souvent, on pense à Lance Armstrong et au maillot jaune, car cela a marqué à l'époque", explique Olivier Jérome. "Par ailleurs, c’est un cancer qui se soigne très bien, s’il est pris tôt".

Un geste simple permet de le détecter tôt : l'autopalpation.

"C’est le même principe que pour les femmes avec le cancer du sein. C'est la palpation, non pas du sein, mais du testicule. On vérifie s'il n’y a pas une grosseur ou quelque chose de particulier".

Pour la faire dans de bonnes conditions, il est conseillé de :

  • Palpez chaque testicule à la sortie du bain ou de la douche, debout devant un miroir.
  • Faites-le alors rouler entre le pouce et un doigt à la recherche d’une masse ou d’un changement.
  • Il est normal de sentir un tube mou à l’arrière de chaque testicule. En revanche, cela ne doit pas provoquer de douleur au toucher.

Pour remarquer rapidement tout changement, l’opération 8 dézippe, soutenue par Cerhom, conseille d’effectuer ces gestes les 8 de chaque mois.

"Quand on dit qu'un homme se touche tout le temps les testicules, ce n'est peut-être pas si mal", plaisante Olivier Jérôme "mais pas longueur de journée, bien sûr"... et avec les bons gestes.

"L’autopalpation régulière est le seul moyen de repérer rapidement s'il y a un problème", martèle le président de l'organisation qui lutte contre les cancers masculin.

Idée reçu numéro 3 : “Je ne vais pas chez le médecin, je ne sais pas ce qu’il va me trouver”

Le président du Cerhom remarque que les hommes et les femmes ont un rapport différent à la santé. "Les femmes prennent l’habitude jeunes d’aller voir le gynécologue régulièrement pour parler de leurs problèmes intimes. Les hommes n'installent pas ce rapport avec le corps médical. Ils vont ainsi rarement consulter les médecins", explique-t-il.

L’autre facette importante de cette différence entre les deux sexes est l’éducation. "Un homme est viril, fort, ne pleure jamais et n’est jamais malade. C’est une éducation qui est un peu surfaite, mais qui reste très ancrée dans l'esprit de beaucoup d'hommes. Cela conduit beaucoup d’entre eux à ne pas aller voir le médecin par peur du diagnostic".

"Moi même quand j’ai eu mon cancer du testicule à 30 ans. Je me suis dit : "mais si je vais voir le médecin, qu'est-ce que l'on va me trouver ?"

"Maintenant, je dis : peut-être qu'on va trouver quelque chose. Cependant, il vaut mieux le trouver rapidement, que ce soit bien traité, plutôt que cela soit trop tard… et malheureusement finir par en décéder. Parmi les 8 à 9000 décès annuels, certains auraient pu être sauvés, si le cancer avait été découvert plus tôt", rappelle Olivier Jérôme.

"Parlez de tout ce qui se situe en dessous de la ceinture chez l'homme, reste tabou. C'est contre ça que l'on se bat au niveau de l'association Cerhom. Nous voulons ouvrir la parole. Et la meilleure des choses pour cela est d’en parler et de dédramatiser".

L’association a ainsi partagé son message de prévention par des spots humoristiques. Les premiers très plébiscités, “un vrai film de boules” en 2018 et en 2019, rappelaient l’importance de l’autopalpation des testicules. Pour l’édition Movember 2022, l’organisation a lancé "À deux doigts du bonheur”, campagne de prévention contre le cancer de la prostate.

Pour poursuivre la sensibilisation sur les cancers masculins, Cerhom a produit la pièce Radicale qui retrace avec humour et sensibilité le parcours d’un patient atteint d’un cancer de la prostate.

Elle est jouée tous les jeudis, vendredis et samedis jusqu’au 3 décembre au théâtre des variétés.

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Sources

Merci à Olivier Jérome, président de l’association Cerhom

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