Syndrome du coucher de soleil : pourquoi la fin de journée angoisse certains seniors ?

Publié par Edouard Korvaul
le 02/08/2026
coucher de soleil
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Les fins de journées peuvent être plus angoissantes pour certains seniors, on parle de Syndrome du coucher de soleil. Pourquoi et comment ? Ce qu’il faut savoir.
 

Le syndrome du coucher de soleil, souvent appelé angoisse vespérale ou sundowning syndrom en anglais, déroute les familles face à un proche serein le matin mais soudainement confus à la tombée de la nuit. Ces crises touchent plus particulièrement les seniors atteints de troubles cognitifs ou d’une maladie neurodégénérative comme Alzheimer.

Pourquoi l'horloge biologique se dérègle-t-elle le soir ?

Le corps humain est rythmé par un véritable métronome cérébral appelé le noyau suprachiasmatique. Selon l'étude exhaustive publiée en 2024 dans le Journal of Clinical Medicine, la neurodégénérescence de cette zone empêche la synchronisation de l'organisme avec le cycle jour/nuit. Cette altération biologique provoque une perturbation majeure du cycle cortisol-mélatonine, rendant impossible la régulation normale de la température corporelle en fin de journée.

Une recherche parue dans Frontiers in Medicine en 2021 démontre également que la perte des neurones cholinergiques réduit la capacité du cerveau à maintenir un état de vigilance stable à l'approche de la nuit. Actuellement, entre 20 % et 66 % des personnes souffrant de troubles cognitifs manifestent ces puissants symptômes d'agitation vespérale.

Comment la fatigue cognitive déclenche-t-elle l'angoisse ?

Après une journée entière passée à lutter pour décoder un environnement souvent complexe, le patient subit une intense fatigue cognitive. L'étude du Journal of Clinical Medicine souligne qu'à ce stade de la journée, les ressources attentionnelles se retrouvent totalement épuisées.

L'accumulation de divers stimuli, qu'il s'agisse de diverses activités, de bruits ambiants, de soins éventuellement ou de simples échanges sociaux, crée une saturation sensorielle impossible à traiter logiquement le soir venu. La réduction de la réserve cognitive fait qu'un cerveau affaibli peine à mobiliser ses ultimes mécanismes de défense face au stress de la tombée de la nuit. Par ailleurs, des besoins physiologiques mal identifiés, comme la faim, la soif ou une douleur tue, agissent comme des catalyseurs d'angoisse redoutables.

En quoi l'environnement devient-il une menace le soir ?

La luminosité environnante joue également un rôle déclencheur majeur sur ces troubles du comportement. L'étude clinique publiée en 2022 dans l'International Journal of Geriatric Psychiatry établit qu'une exposition insuffisante à la lumière naturelle durant la journée altère la modulation du rythme circadien et aggrave fortement la confusion nocturne.

Le crépuscule amène avec lui le fameux piège des ombres portées. L'allongement de ces ombres génère des illusions d'optique terrifiantes, souvent perçues comme des présences menaçantes par un patient alors désorienté. En parallèle, les nuisances sonores liées aux activités domestiques agissent comme un déclencheur direct de crises.

Quel est l'impact de ce stress sur l'aidant et le patient ?

L'épuisement physique et nerveux de l'aidant ou des proches en fin de journée est directement perçu par le senior sensible au syndrome du coucher de soleil, qui y répond par une anxiété décuplée.

L'impact émotionnel devient alors particulièrement pesant pour les familles. Selon le rapport 2024 de la Société Alzheimer France, 83 % des aidants rapportent un niveau de stress élevé spécifiquement lié à la gestion quotidienne de ces épisodes crépusculaires. Devant cet épuisement familial profond, le syndrome du coucher de soleil constitue l'un des motifs principaux de placement en établissement de soin, intervenant dans près de 45 % des cas.

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  • mediwalk.fr
  • aidonslesnotres.fr
  • Reimus M, Siemiński M. Sundowning Syndrome in Dementia: Mechanisms, Diagnosis, and Treatment. J Clin Med. 2025 Feb 11;14(4):1158. doi: 10.3390/jcm14041158. PMID: 40004689; PMCID: PMC11856004.
  • Guu TW, Aarsland D, Ffytche D. Light, sleep-wake rhythm, and behavioural and psychological symptoms of dementia in care home patients: Revisiting the sundowning syndrome. Int J Geriatr Psychiatry. 2022 May;37(5):10.1002/gps.5712. doi: 10.1002/gps.5712. PMID: 35470491; PMCID: PMC9324910.
  • Canevelli M, Valletta M, Trebbastoni A, Sarli G, D’Antonio F, Tariciotti L, de Lena C and Bruno G (2016) Sundowning in Dementia: Clinical Relevance, Pathophysiological Determinants, and Therapeutic Approaches. Front. Med. 3:73. doi: 10.3389/fmed.2016.00073
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