Les tomates sont en danger en France, selon l’Anses. Dans un récent communiqué l’Agence Nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail nous alerte sur les risques du Tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV). Ce virus émergent s’attaque aux tomates, piments et poivrons. "Il peut se transmettre par les semences, les plants et les fruits infectés ainsi que par simple contact, survivre longtemps sans perdre son pouvoir infectieux, et aucun traitement ou aucune variété résistante n’existe aujourd’hui contre ce virus", déplore l’Anses.

ToBRFV est identifié pour la première fois au Moyen-Orient en 2014. Depuis 2018, les signalements se multiplient au Mexique, aux USA, puis en Europe et en Asie. Suite à une récente expertise, l’Anses informe du risque élevé d’introduction et de dissémination de ce virus en France. Elle recommande de mettre en place "un plan de surveillance adapté, de signaler rapidement la présence du virus sur une aire de production et de viser l’éradication du virus dans ces structures".

Comment repérer la présence du virus ? Quelles conséquences sur les légumes ? Et surtout quels dangers pour le consommateur ? L’Anses fait le point.

Comment repérer le ToBRFV sur les aliments ?

Les plantes hôtes principales du ToBRFV constituent les tomates, piments et poivrons. S’il un des produits est contaminé, vous pourrez vous en rendre compte par son aspect.

Les signes à repérer sur les tomates

"Les dégâts observés sur une tomate en production sous serre incluent des chloroses, des mosaïques et des marbrures sur les feuilles, ainsi que des taches nécrotiques sur les pédoncules, calices et pédoncules floraux, décrit l’Anses. Les fruits présentent des taches jaunes ou brunes, avec des symptômes de rugosité caractéristiques, et peuvent être déformés et avoir une maturation irrégulière".

Les symptômes du ToBRFV sur les piments

Il est également possible de repérer un piment infecté par le ToBRFV. L’Anses parle de jaunisses, mosaïques et boursouflures foliaires. "Les feuilles peuvent présenter un port tombant. La maturation des fruits est irrégulière et une nécrose du pédoncule peut se produire. Des taches et rayures jaunes ou brunes et des nécroses, parfois rugueuses, peuvent apparaître sur les fruits", partagent les experts.

Que faire en cas de doute ?

Au moindre doute de contamination d’un aliment, les professionnels - mais aussi les jardiniers - sont invités à prendre contact avec leur Chambre d'agriculture ou l'antenne locale de la Fredon, la Fédération nationale de lutte contre les organismes nuisibles.

Comment le ToBRFV a contaminé l’aliment ?

Le virus a pu pénétrer le légume par des microblessures, causées par un contact physique avec un support porteur : plantes, mains, outils de travail, vêtements des manipulateurs, insectes pollinisateurs, oiseaux ou eau d’irrigation.

"Une fois dans la plante, le virus se propage de cellule à cellule et envahit la plante entière, met en garde l’Anses. Les semences, les plants et les fruits restent infectieux et peuvent véhiculer le ToBRFV sur de longues distances, notamment lors d’échanges commerciaux".

Quel que soit l’aliment contaminé, il devient alors incommercialisable.

Aucun traitement n’existe à ce jour contre le ToBRFV

"Ces virus sont très stables et peuvent survivre plusieurs mois sur des supports inertes sans perte de pouvoir infectieux. D’autre part, les variétés de tomates n’ont pas développé de résistance contre le ToBRFV", déplore l’Anses. De plus, aucun moyen de lutte chimique, génétique ou de bio-contrôle n’existe à ce jour contre ce virus.

"En tant que pays producteur de tomates, la France risque de subir des conséquences économiques importantes dans les filières de production, mais aussi dans les productions familiales", estime l’Anses.

ToBRFV : est-il dangereux pour l’Homme ?

L'Anses assure que les fruits malades ne représentent aucun danger pour le consommateur. Le virus ne s’attaque pas à l'homme ni aux animaux. Il s'agit d'une maladie impactant seulement les plants. Vous ne risquez donc rien si vous consommez des tomates ou piments contaminés.

ToBRFV : comment l’éradiquer ?

Pour finir, l’Agence rappelle "l’importance du respect de la réglementation européenne sur les importations de semences et les plants, avec des exigences particulières pour les importations de fruits". Elle recommande la mise en place d’un plan de surveillance adapté, de signaler rapidement la présence du virus sur une aire de production et de viser l’éradication du virus dans ces structures.

Pour éradiquer le ToBRFV, l’Agence préconise des mesures à deux niveaux :

  • Une surveillance structurée et une détection précoce du virus, ce qui permettra d’appliquer rapidement les mesures de lutte ;
  • Arrachage des plantes (symptomatiques et asymptomatiques) dans l’unité de production contaminée et destruction par le feu après autorisation réglementaire.
Sources

L’Anses met en garde contre un virus émergent qui affecte les plantes potagères, Anses,  3 février 2020

mots-clés : tomate, piment, virus, légumes, ANSES
Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.