AVC : les médicaments qui augmentent vos risques
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Les médicaments vasoconstricteurs pour le rhume : un risque inutile

AVC : les médicaments qui augmentent vos risques© Istock

“Les médicaments vasoconstricteurs sont des causes directes d’AVC, et pas simplement des facteurs de risque”, avertit le Pr. Leys. Pourtant, les spécialités administrées par voie orale sont disponibles en vente libre. Quant aux vasoconstricteurs nasaux - les fameux sprays utilisés pour déboucher le nez en cas de rhume - ils sont encore régulièrement prescrits par les médecins.

“Ces traitements favorisent les angiopathies cérébrales toxiques, qui peuvent représenter une cause d’infarctus cérébral”, précise le spécialiste. En 2011, l’Agence nationale de sécurité du médicament a publié un point d’information, pour alerter sur les risques de ce type de produits. Celui-ci faisait suite à “la persistance de signalements d’effets indésirables cardiaques et neurologiques chez des patients traités par les médicaments contenant des vasoconstricteurs, utilisés dans le traitement symptomatique des rhinites”.

Parmi les cas les plus graves, les recommandations d’usages n’étaient pas respectées par 25 % des patients. L’agence rappelle donc que la durée du traitement ne doit pas excéder cinq jours, et que la posologie maximale ne doit pas être dépassée. Ces médicaments sont contre-indiqués chez l’enfant de moins de 15 ans, mais aussi en cas d’hypertension, d’antécédent d’AVC ou de convulsions, et d’insuffisance coronarienne sévère. Depuis décembre 2017, la publicité pour les décongestionnants de la sphère ORL par voie orale qui contiennent un vasoconstricteur est interdite.

Si le risque est si important, c’est notamment à cause de la proximité entre le nez et le cerveau. “Certains vaisseaux sont communs”, précise le professeur. “Le médicament resserre les vaisseaux pour limiter l’inflammation… et l’infarctus cérébral est justement dû à un vaisseau bouché”. Selon lui, utiliser ces médicaments est “un risque à ne pas prendre, puisque de toute façon, le rhume ne se soigne pas vraiment”. Il précise que “s’exposer à un risque d’AVC est plutôt cher payé pour gagner deux jours dans un rhume”.

A des doses élevées, le cannabis thérapeutique pourrait avoir le même effet, dans la mesure où il provoque également un mécanisme de vasoconstriction.

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