Acouphènes : voici les nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé

Publié par Céline Willefrand
le 18/08/2026
homme qui souffre d'acouphènes
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Photo d'illustration
Les acouphènes sont un poison. Des millions de Français sont touchés et mal pris en charge. Pour pallier cette errance médicale de millions de Français, la HAS publie ses premières recommandations officielles avec un nouveau parcours de soin structuré.

Les sifflements et bourdonnements persistants affectent le quotidien de millions de patients patients, souvent démunis face au manque de solutions claires. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), une prise en charge standardisée permettrait aujourd'hui d'offrir des réponses thérapeutiques validées scientifiquement. Elle vient de publier un protocole inédit qui marque un tournant dans l'accompagnement de ce trouble auditif complexe.

Acouphènes invalidants : une pathologie chronique mieux définie

Un acouphène se manifeste par la perception d'un son, comme un sifflement ou un bourdonnement, en l'absence de source extérieure. Ce phénomène traduit généralement un dysfonctionnement du système auditif. Selon la HAS, le trouble devient chronique s'il est persistant au-delà de 6 mois. Il est qualifié d'invalidant lorsqu'il perturbe significativement les activités quotidiennes.

Les données épidémiologiques montrent que ce trouble auditif touche 10 à 19 % des adultes en France, une fréquence qui augmente fortement avec l'âge et la perte auditive. Les conséquences sur la santé sont réelles : 1 à 4 % des patients développent des formes sévères entraînant des troubles du sommeil, de l'anxiété ou des difficultés de concentration. Le coût social de cette pathologie s'élèverait à plus de 11,7 milliards d'euros par an, d'après une étude de la Journée Nationale de l'Audition.

Acouphènes : un parcours de diagnostic mieux structuré

Le médecin généraliste est souvent le premier maillon de la chaîne. C’est lui qui doit retracer l’historique des acouphènes, leur mode d'apparition ou les facteurs aggravants. La HAS recommande de son côté la réalisation systématique d'une otoscopie afin d'écarter une cause locale, comme un bouchon de cérumen ou une otite.

L'évaluation du retentissement psychologique ne doit pas être sous-estimée. Pour ce faire, repose sur l'auto-questionnaire THI, ou Tinnitus Handicap Inventory. Cet outil mesure le degré de handicap, allant d'un impact léger pour un score inférieur ou égal à 36, à un impact sévère au-delà de 58. Les professionnels de santé doivent également repérer les signaux d'urgence. En cas de perte auditive soudaine, de signes neurologiques ou d'acouphène pulsatile, c'est-à-dire synchrone au pouls, vous devez être orienté sans délai vers un spécialiste.

Traitements : lesquels sont recommandés par la HAS ? a

La prise en charge privilégie des méthodes dont l'efficacité est prouvée. La Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) constitue la seule approche validée pour réduire la détresse liée au bruit constant. Elle est recommandée pour tous les cas invalidants.

Les thérapies sonores complètent ce dispositif. L'appareillage auditif reste la référence en cas de perte de l'audition associée, car il favorise le processus d'habituation neurophysiologique. Si vous êtes concerné, gardez en tête qu’il faut souvent 12 à 18 mois d'adaptation. L'implant cochléaire est réservé aux surdités unilatérales sévères à profondes, après échec des autres options. Dans tous les cas, une consultation de synthèse permet d'expliquer la physiopathologie au patient et de définir un projet de soin pluridisciplinaire sur mesure.

Acouphènes : quelles sont les méthodes déconseillées ?

La HAS se prononce sur certaines thérapies inefficaces. À ce jour, il n'existe aucune preuve d'efficacité pour les médicaments ou les compléments alimentaires vendus spécifiquement contre ce symptôme notamment.

Les autorités déconseillent le recours à la neuromodulation, comme la stimulation magnétique transcrânienne, l'acupuncture ou le laser pour traiter directement l'acouphène. Les approches psychocorporelles gardent cependant une place pertinente. La sophrologie ou l'hypnose accompagnent la gestion du stress et du sommeil, mais elles ne constituent pas un traitement curatif de la pathologie. Enfin, le recours aux associations de patients est fortement encouragé pour rompre l'isolement et partager des informations validées.

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