L’apnée du sommeil double les risques cardiovasculaires post-opératoires

Publié le 15 Mai 2019 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Selon une nouvelle étude, les patients souffrant d’apnée du sommeil courent un risque doublement plus élevé de complications cardiaques après une intervention chirurgicale.
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L’apnée du sommeil double les risques cardiovasculaires post-opératoires© Istock

« Parmi les adultes qui subissent une chirurgie majeure, non cardiaque, l’apnée obstructive du sommeil serait significativement associée à un risque accru de complications cardiovasculaires postopératoires pendant 30 jours », estiment les auteurs d’une nouvelle étude parue pas plus tard qu’hier au sein du Journal American Medical Association (JAMA). Et pour cause, les risques de complications cardiaques postopératoires s’avèrent 50 % plus élevés chez les patients sujets à l’apnée du sommeil. Cette pathologie se caractérise par des épisodes anormalement fréquents d’interruption de la respiration durant la nuit. Ces pauses peuvent durer jusqu’à 30 secondes, voire davantage. Dans les cas les plus graves, il est reconnu que l’apnée du sommeil peut entraîner un arrêt cardiaque. C’est l’un des troubles du sommeil les plus courants.

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L’apnée du sommeil multiplie les risques de décès cardiaques

Pour les besoins de l’étude, les chercheurs ont suivi 1 218 patients souffrant d’apnée du sommeil jusqu’à 30 jours après une intervention chirurgicale. « Le taux d’anomalies cardiovasculaires postopératoires, comme la lésion du myocarde, l’insuffisance cardiaque, ou l’AVC, a atteint 21,7 %. Un taux statistiquement significatif », commentent les scientifiques. Les résultats sont encore plus alarmants pour les patients souffrant d’apnée grave : elle est associée à une multiplication par 14 du nombre de décès cardiaques et à un risque de lésion cardiaque de 80 % plus élevé au cours des trois premières nuits postopératoires.

L’apnée du sommeil, rarement diagnostiquée

Les patients recrutés pour l’étude étaient des personnes non traitées contre l’apnée du sommeil avant l’intervention chirurgicale. En effet, il se trouve que 80 % des hommes et 90 % des femmes souffrant d’apnée du sommeil n’en sont pas conscients. Pourtant, cette pathologie est loin d’être inoffensive puisqu’elle peut causer des endormissements incontrôlés au quotidien, des troubles de l’humeur ainsi que de la concentration. Elle est aussi associée à un risque plus élevé de contracter des maladies cardiaques chroniques comme l’hypertension. Au cours de l’apnée, les voies respiratoires sont obstruées par la langue et tissus environnants durant le sommeil, ce qui peut également générer un manque d’oxygène au cerveau. « Ce qu’il faut retenir ici, c’est que si les patients présentent une apnée du sommeil, ils devraient être traités, et surtout avant de subir une intervention chirurgicale majeure, affirme l’un des chercheurs de l’étude. Des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer le meilleur moyen d’éviter que ces patients subissent des complications cardiaques après une opération ».

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