Apnée du sommeil : 4 solutions validées par les médecins pour les femmes qui ne supportent pas le masque
Chez la femme, l'apnée du sommeil passe inaperçue dans huit cas sur dix, masquée par des maux de tête matinaux ou des sueurs nocturnes souvent attribués aux fluctuations hormonales. Avec des conséquences désastreuses sur la santé en général et la santé cardiovasculaire en particulier. Lorsque le diagnostic tombe enfin, la perspective de porter chaque nuit un dispositif de pression positive continue (PPC) suscite de fréquents refus ou le traitement est abandonné après quelques semaines. La bonne nouvelle ? Plusieurs approches validées offrent désormais des options thérapeutiques personnalisées et mieux tolérées.
Solution n°1 : l'orthèse d'avancée mandibulaire
Conçue sur mesure par un chirurgien-dentiste spécialisé, l'orthèse d'avancée mandibulaire se présente sous la forme d'une double gouttière dentaire. Elle consiste à avancer la mâchoire inférieure de quelques millimètres afin de dégager l'espace à l'arrière de la langue et d'empêcher l'obstruction pharyngée durant le sommeil.
La Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Assurance maladie recommandent ce dispositif en première intention pour les formes modérées du syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil, c'est-à-dire entre 15 et 30 événements par heure sans risque cardiovasculaire majeur. C’est aussi le recours officiel en seconde intention lors d'une intolérance avérée au masque ventilatoire. L'Assurance maladie prend en charge l'orthèse sous réserve d'un accord préalable et d'un examen bucco-dentaire attestant de la solidité des ancrages dentaires (en cas de déchaussement, l'orthèse n’est pas recommandée). Les données cliniques confirment une réduction marquée du nombre d'apnées, l'extinction quasi totale des ronflements et un taux d'adhésion supérieur à 80 %.
Solution n°2 : la thérapie myofonctionnelle
Encadrée par un orthophoniste ou un kinésithérapeute formé, la thérapie myofonctionnelle repose sur une série d'exercices quotidiens ciblant la langue, le voile du palais et les parois musculaires de la gorge.
Ce protocole demande entre 15 et 30 minutes de pratique par jour durant plusieurs mois pour restaurer le tonus musculaire et privilégier la respiration nasale. D'après une méta-analyse publiée dans la revue Sleep, la rééducation myofonctionnelle diminue l'indice d'apnée de 50 % chez l'adulte, faisant reculer la moyenne des événements de 24,5 à 12,3 par heure tout en augmentant l'oxygénation sanguine. Les spécialistes la préconisent tout particulièrement dans les atteintes légères à modérées ou en synergie avec d'autres options.
Solution n°3 : la thérapie positionnelle
Près de 75 % des personnes souffrant d'apnées obstructives présentent une forme positionnelle, c’est-à-dire que les arrêts respiratoires sont deux fois plus nombreux sur le dos que sur le côté. Si les praticiens conseillaient autrefois de coudre une balle de tennis dans le dos de son pyjama pour forcer à dormir sur le côté, il existe aujourd’hui des dispositifs plus confortables.
De petits boîtiers électroniques portés autour du cou par exemple, qui émettent une vibration douce dès que la dormeuse se retourne sur le dos. L'essai clinique randomisé présenté à l'American Thoracic Society en mai 2026 démontre des résultats durables grâce aux vibrations : plus des deux tiers des patientes continuent d'adopter spontanément une position latérale même après l'arrêt de l'appareil. “Nos résultats suggèrent que la thérapie positionnelle pourrait constituer une option de traitement de première intention pour une proportion importante de patients atteints d’apnée obstructive du sommeil positionnelle”, a déclaré la Dre Irene Cano-Pumarega, pneumologue et chef de l’unité du sommeil de l’hôpital Ramón y Cajal de Madrid. qui présentait les travaux. L’avantage ? Cette méthode élimine tout sentiment d'oppression nocturne, courante avec le masque.
Solution n°4 : le traitement hormonal de la ménopause
Avec la ménopause, le risque d'apnée du sommeil est multiplié par trois. Ce phénomène découle de la baisse des œstrogènes, garants de la tonicité pharyngée, et de la progestérone, une hormone qui stimule directement les centres respiratoires cérébraux.
Dans les travaux épidémiologiques publiés dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, les femmes ménopausées recevant un traitement hormonal de la ménopause (THM)sont deux fois moins touchées par l’apnée du sommeil. Bien que les synthèses médicales, notamment celles de l'équipe d'Eva Lindberg parues en 2020 dans Sleep Medicine Reviews, précisent que le THM ne peut remplacer un traitement ciblé, il aide à restaurer la perméabilité des voies aériennes et réduit les micro-éveils nocturnes en complément d'une régulation du poids.
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- Haute Autorité de Santé (HAS). Évaluation des orthèses d’avancée mandibulaire (OAM) dans le traitement du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) de l'adulte. 2016.
- Camacho M, Certal V, Abdullatif J, Zaghi S, Ruoff CM, Capasso R, Kushida CA. Myofunctional therapy to treat obstructive sleep apnea: a systematic review and meta-analysis. Sleep, 2015. DOI : 10.5665/sleep.4652.
- Shahar E, Redline S, Young T, Boland LL, Nieto FJ, O'Connor GT, Rapoport DM, Robbins JA. Hormone replacement therapy and sleep-disordered breathing. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 2003. DOI : 10.1164/rccm.200210-1238OC.
- eurekalert.org
- Lindberg E, Bonsignore MR, Polo-Kantola P. Role of menopause and hormone replacement therapy in sleep-disordered breathing. Sleep Medicine Reviews, 2020. DOI : 10.1016/j.smrv.2019.101225.