Comment savoir si vous avez un risque de faire un anévrisme aortique ? En effet, cette dilatation localisée des vaisseaux sanguins se traduit rarement par des symptômes visibles. La plupart du temps, les personnes atteintes ne s’en rendent compte que très tardivement. Des chercheurs américains auraient une solution pour faciliter son diagnostic : un simple test avec le pouce et la paume.

Anévrisme aortique : le test Pouce-Paume peut le révéler

Pour faire ce test, présenté dans l’American Journal of Cardiology, il suffit de lever la main devant vous, comme si vous demandiez à quelqu’un de s’arrêter. Puis en gardant votre paume à plat, étirez votre pouce aussi loin que possible vers le petit doigt. S’il dépasse le bord de votre main, cela peut être le signe d’un anévrisme aortique insoupçonné. Il est alors conseillé de consulter une médecin.

La capacité à bouger le pouce de cette manière témoigne d’une hyperlaxité des articulations et d’une longueur excessive des os longs (phalanges et métacarpiens…). Ces deux indicateurs peuvent être les signes d’une maladie du tissu conjonctif (TC). Soutien de l’organisme, le TC assure la cohésion des organes, des muscles et des vaisseaux sanguins. S’il est fragilisé, la croissance tissulaire est perturbée. Les os sont plus longs et plus fins (d'où la taille démesurée des doigts). Par ailleurs, les parois des artères, dont la structure est modifiée, sont susceptibles de se déformer. Ainsi, l’aorte a davantage de risques de loger un anévrisme dans sa cavité.

Toutefois, si le test est positif (le pouce va au-delà du bord de la main), la présence d’un anévrisme n’est pas une certitude. De même, un résultat négatif n'exclut pas la possibilité d’un renflement de la paroi aortique. Cela indique seulement que “les patients qui ont un signe positif ont une très forte probabilité d'héberger un anévrisme” précisent les chercheurs. “Bien que le test ne soit pas suffisant pour confirmer un diagnostic, il vaut la peine d'être inclus dans les examens physiques standards, en particulier pour ceux qui ont des antécédents familiaux”, ajoutent-ils.


Rupture d’anévrisme : un diagnostic tardif peut être mortel

L’anévrisme aortique correspond à un élargissement localisé de la paroi de l’aorte. Le diamètre de cette dernière peut augmenter d’au moins 50%. Lorsque le renflement est trop important, le tissu artériel rompt et cause une hémorragie interne souvent mortelle : c’est la rupture d’anévrisme.

Le risque d’accident peut être annoncé par des douleurs dans la zone concernée. Bien souvent, les patients découvrent la présence de l’anévrisme aortique trop tard : lorsque l’artère cède sous la pression sanguine. 50% des personnes victimes d’une rupture meurent avant d’atteindre les urgences médicales. De plus, ceux qui arrivent jusqu'aux soins, n’ont qu’une chance sur deux de s’en sortir.

L’anévrisme de l’aorte concerne essentiellement les hommes de plus de 65 ans. Le tabagisme, l’obésité et les régimes trop caloriques augmentent le risque d’en développer. Et bien qu’une simple échographie suffise à établir un diagnostic, la plupart des personnes concernées ne prennent pas le temps de se faire examiner. La maladie étant presque asymptomatique, les patients s’en rendent compte souvent trop tard. Chaque année, environ 5000 individus subissent une rupture d’anévrisme soudaine avec une mortalité atteignant les 90%.

Sources

https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-9620649/Simple-thumb-test-indicate-youre-harbouring-aortic-aneurysm.html 

https://www.chirvtt.fr/chirurgie-vaisseaux/generalites-anevrisme-aorte-thoracique/ 

https://www.ajconline.org/article/S0002-9149(21)00311-8/fulltext

https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/16742-aorta-aortic-aneurysm

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