Est-ce la fin des régimes traditionnels ? Des scientifiques australiens et chinois viennent de mettre au point une pilule capable d’agir directement sur les tissus graisseux. Les résultats de leurs recherches ont été publiés au sein de la revue scientifique Nature Communications.

Le médicament s’attaquerait aux zones ou la graisse est stockée dans l’organisme afin de la brûler.

Réduire la graisse sans affecter le système nerveux

Les chercheurs sont principalement issus du département des neurosciences, à l’Institut de recherches médicales Garvan de l'hôpital Saint Vincent, à Sydney, en Australie. Leur méthodologie de travail s’est tournée autour du fonctionnement neuronal de leurs sujets, en l'occurrence des souris, sur lesquelles les effets de du médicament ont été analysés.

"La plupart des médicaments actuellement utilisés pour traiter l'obésité ciblent le cerveau pour supprimer l'appétit et peuvent avoir des effets secondaires graves qui limitent leur utilisation, explique le Dr Yan-Chuan Shi, qui a dirigé les recherches. Notre étude révèle une approche alternative qui cible directement les tissus adipeux, ce qui peut potentiellement être un moyen plus sûr de prévenir et de traiter l'obésité."

L’équipe de scientifiques s’est ainsi focalisée sur l'interruption des effets de la molécule neuropeptide Y (NPY), généré par le médicament, qui aide notre corps à réguler sa production de chaleur.

Le médicament transformerait la graisse 'stockant l'énergie' en graisse 'brûlant l'énergie

Les scientifiques ont réalisé des tests durant sept semaines sur des souris.

Deux groupes de rongeurs, soumis à un régime alimentaire riche en graisses, ont été constitués. Les auteurs de la recherche ont constaté que les souris ayant bénéficié de leur traitement expérimental ont pris 40 % de poids en moins par rapport au second groupe.

"Lors de notre étude, nous avons constaté que le blocage de ce récepteur Y1 [inhibé par le médicament, ndlr] dans les tissus adipeux [cellules graisseuses, NDLR] transformait la graisse 'stockant l'énergie' en graisse 'brûlant l'énergie', ce qui activait la production de chaleur et réduisait la prise de poids", relève le Dr Yan-Chuan Shi. "Cette réduction significative de la prise de poids a été causée par une augmentation de la production de chaleur corporelle et une réduction de la masse graisseuse".

Une pilule amaigrissante pour l’homme ?

La réussite de ces travaux représente un progrès considérable dans la lutte contre l’obésité. Reste un défi de taille : l’élaboration d’un médicament qui fonctionnerait chez l’être humain. Des tests ont déjà débuté chez des individus en surpoids et les résultats semblent offrir une lueur d’espoir, selon le Dr Shi : "Lorsque nous avons appliqué (le traitement expérimental) à des cellules adipeuses humaines isolées de personnes obèses, nous avons constaté que les cellules ont commencé à activer les mêmes gènes impliqués dans la production de chaleur que ceux des souris. Cela suggère qu’en se concentrant sur le récepteur Y1, on pourrait aussi augmenter le métabolisme des graisses et réduire la prise de poids chez les humains."

Ces travaux révèlent qu’il est possible d’élaborer un médicament contre l’obésité, sans pour autant impacter le système nerveux, et ainsi préserver la santé mentale du patient d’une importante perte de poids.

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Sources

Nature.com, 7news.com.au/ Garvan Institute researchers develop weight-loss pill to tackle obesity

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