Alzheimer : une étude confirme que cette activité quotidienne réduit le risque de 33%

Publié par S. Coucke-Haddad
le 27/09/2026
Alzheimer
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Près d’un million et demi de Français sont touchés par la maladie d'Alzheimer. Une maladie qui fait peur, à raison, mais que l'on peut pourtant prévenir et ralentir avec cette activité toute simple. Les chercheurs de l’université de Cambridge viennent de le confirmer.
 

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie d’Alzheimer touche plus de 55 millions de personnes sur la planète, dont près de 1,4 million en France avec plus de 225 000 nouveaux diagnostics par an. Une enquête OpinionWay menée pour la Fondation Recherche Alzheimer à l’occasion de la journée mondiale qui s’est tenue plus tôt cette semaine révèle que 49 % des Français se sentent concernés et que la moitié des 18-24 ans craint cette affection.

Pourtant, 51 % des Français s'estiment mal informés et 62 % ignorent ses manifestations précoces. Seuls 27 % identifient les leviers de protection, alors que près de 45 % des démences dépendent de facteurs modifiables, d'après les conclusions de la commission du Lancet.

Alzheimer : cette activité diminue le risque de 33 %, de nombreux scientifiques le confirment

Une synthèse dirigée par la Pr Barbara J. Sahakian de l'université de Cambridge, publiée dans la revue Psychological Medicine à la mi-septembre de cette année, passe au crible les effets protecteurs de la lecture récréative. Les résultats confirment l'ampleur de ce bénéfice et confirment des chiffres déjà établis précédemment : une cohorte suivie par Wilson et son équipe en 2002 avaient démontré qu'une stimulation intellectuelle régulière par les livres ou la presse est associée à une baisse de 33 % du risque d'Alzheimer chez les plus de 65 ans. Dans le New England Journal of Medicine, l’équipe du Dr Joe Verghese notait quant à lui une diminution de 35 % du risque de démence globale.

Ces effets s'inscrivent dans la durée. Le suivi de 5 437 personnes de plus de 55 ans pendant cinq ans atteste d'un déclin cognitif moindre chez les lecteurs réguliers, selon les travaux de Wang et ses collègues parus en 2006. Enfin, une étude ultérieure parue dans Alzheimer's Research & Therapy précise qu'une séance hebdomadaire suffit pour ralentir l'altération cérébrale, quel que soit le niveau initial d'études.
“La lecture est un excellent moyen de préserver notre santé cérébrale, de développer d’importantes capacités cognitives et d’améliorer notre bien-être, insiste la Pr Sahakian de l'université de Cambridge. C’est une activité que nous devrions encourager dès le plus jeune âge, compte tenu des preuves croissantes de ses bienfaits, notamment pour les enfants. Mais en réalité, il n’est jamais trop tard pour commencer, et la lecture peut nous apporter des bienfaits tout au long de notre vie, même à un âge avancé.”

Quelles modifications cérébrales réelles la lecture provoque-t-elle ?

Les examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) confirment l'action biologique de la lecture sur le tissu cérébral. Ainsi, les lecteurs assidus présentent une épaisseur corticale supérieure dans le gyrus angulaire et le gyrus frontal inférieur, ainsi qu'une substance blanche mieux préservée dans les zones du langage.

Lire stimule également la plasticité neuronale. Une recherche parue dans NeuroImage en 2011 montre une augmentation mesurable du volume de matière grise dans l'hippocampe et le cervelet. Mieux, plus spécifiquement, les romans activent le réseau du mode par défaut, renforçant les circuits de l'empathie. Sur le plan physiologique, cinq petites minutes de lecture abaissent le niveau de stress de 20 %.

Clubs littéraires, lecture quotidienne : un bénéfice supplémentaire après 65 ans

Pour obtenir des résultats mesurables, nul besoin de lire pendant des heures. Dix pages ou quinze minutes par jour suffisent à entretenir la vivacité intellectuelle, quel que soit le moment de la journée. De plus, tous les types de lecture se valent : essais, romans, nouvelles ou bandes dessinées sollicitent les mêmes réseaux cérébraux.

Dernier point : l'isolement constitue un facteur aggravant de la dégradation cognitive, on le sait. Si la lecture préserve au contraire le cerveau, combiner lecture et lien social est gagnant-gagnant. Comment ? En rejoignant par exemple un atelier de lecture partagée. C’est une réponse accessible, particulièrement adaptée aux seniors ou aux personnes à mobilité réduite.

Afficher les sources de cet article
  • Communiqué de presse Fondation Recherche Alzheimer
  • who.int
  • pasteur.fr
  • fondation-mederic-alzheimer.org
  • Sahakian, B. J., Perrin, V., & Langley, C. (2026). Reading and associations with brain health, cognition, well-being, and mental health. Psychological Medicine, 56, e262, 1–5. DOI: 10.1017/S0033291726105625
  • Wilson, R. S., Mendes de Leon, C. F., Barnes, L. L., Schneider, J. A., Bienias, J. L., Evans, D. A., & Bennett, D. A. (2002). Participation in cognitively stimulating activities and risk of incident Alzheimer disease. JAMA, 287(6), 742–748. DOI: 10.1001/jama.287.6.742
  • Verghese, J., Lipton, R. B., Katz, M. J., Hall, C. B., Derby, C. A., Kuslansky, G., Ambrose, A. F., Sliwinski, M., & Buschke, H. (2003). Leisure activities and the risk of dementia in the elderly. New England Journal of Medicine, 348(25), 2508–2516. DOI: 10.1056/NEJMoa022252
  • Wang, H. X., Karp, A., Winblad, B., & Fratiglioni, L. (2006). Late-life engagement in social and leisure activities is associated with a decreased risk of dementia: a longitudinal study from the Kungsholmen project. [Wang, J. et al. (2006). Leisure activity and risk of cognitive impairment: The Chongqing aging study. Neurology, 66(6), 911–913. DOI: 10.1212/01.wnl.0000192164.67389.0a]
  • Wang, Y., Wang, S., Zhu, W., Liang, N., Zhang, C., Pei, Y., Wang, Q., Li, S., & Shi, J. (2022). Reading activities compensate for low education-related cognitive deficits. Alzheimer's Research & Therapy, 14(1), 156. DOI: 10.1186/s13195-022-01099-1
  • Krafnick, A. J., Flowers, D. L., Napoliello, E. M., & Eden, G. F. (2011). Gray matter volume changes following reading intervention in dyslexic children. NeuroImage, 57(3), 733–741. DOI: 10.1016/j.neuroimage.2010.10.062
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