Démence : ce geste simple après 60 ans réduit le risque de 16 %

Publié par Edouard Korvaul
le 22/05/2026
démence et tabac
Istock
Photo d'illustration
La démence fait peur quand on avance en âge. A raison. Mais on peut toujours agir. Ce geste tout simple, notamment, permet de diminuer le risque de 16 % selon une étude américaine publiée ce 20 mai 2026.
 

Selon une vaste étude publiée cette semaine dans la revue scientifique Neurology, la revue médicale de l’Académie américaine de neurologie, écraser sa dernière cigarette offre une protection cérébrale très significative, en particulier chez les seniors. La recherche, menée par des scientifiques de l'Université du Zhejiang sur plus de 32 800 adultes âgés de 61 ans en moyenne, démontre que les personnes qui arrêtent de fumer voient leur risque de développer une démence chuter de 16 % par rapport aux fumeurs actifs. Cette rémission cognitive s'installe de manière progressive. Les chercheurs observent qu'après environ sept années de sevrage, le profil de risque des anciens fumeurs s'aligne sur celui des individus n'ayant jamais touché au tabac. Durant dix ans, les capacités de réflexion et de mémoire des participants ont été rigoureusement évaluées par des examens cliniques et des entretiens réguliers avec l'entourage.

Démence : il faut gérer son poids pour maintenir les bénéfices

La balance joue un rôle déterminant dans la conservation de ces bénéfices neurologiques. L'étude souligne que le risque de déclin cognitif reste considérablement réduit si la prise de poids post-sevrage n'excède pas 5 kilos. En revanche, les participants ayant pris 10 kilos ou plus après l'arrêt du tabac n'ont constaté aucune réduction significative de leur risque de démence. Ces données suggèrent que les altérations métaboliques liées à un fort surpoids annulent totalement les effets positifs du sevrage sur les neurones.

Les auteurs recommandent donc une approche globale, associant l'abandon du tabac à une surveillance nutritionnelle pour maximiser la santé cérébrale sur le long terme. “Nos recherches montrent que l’arrêt du tabac est toujours associé à de meilleurs résultats sur le plan cérébral, mais que le maintien d’un poids stable peut contribuer à préserver ces bienfaits” conclut le Dr Hui Chen, docteur en médecine à la faculté de médecine de l’université du Zhejiang à Hangzhou, en Chine et auteur principal de l’étude.

La démence face au défi du vieillissement

Ce levier de prévention prend tout son sens face à l'ampleur de la maladie en France. En 2025, les projections estiment que 1,4 million de Français vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une forme de démence apparentée, avec environ 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Sous l'effet direct de l'allongement de l'espérance de vie, ce bilan démographique pourrait atteindre 2,3 millions de malades d'ici 2050, selon un rapport de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie.

Les dégâts du tabac sur le cerveau des seniors

Il n'y a pas d'âge pour arrêter de fumer, les bénéfices sont réels même si on écrase sa dernière cigarette après 60 ou 70 ans. D’autant que le tabagisme agresse violemment le système nerveux central par un double mécanisme vasculaire et oxydatif. La fumée endommage les vaisseaux sanguins cérébraux, limite l'apport en oxygène et déclenche une inflammation chronique qui accélère la destruction des neurones.

L'Organisation mondiale de la Santé précise que 14 % des cas de démence dans le monde seraient directement imputables au tabagisme. Chez les seniors, cette toxicité s'accompagne souvent d'un dangereux effet cocktail. Le tabac aggrave des maladies préexistantes comme l'hypertension artérielle ou le diabète, qui constituent elles-mêmes de puissants facteurs de risque de déclin cognitif. Arrêter de fumer représente ainsi le moyen d'action le plus accessible pour briser ce cercle vicieux.

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