Oublier régulièrement des mots, des noms ou des événements importants, être facilement désorienté sont des motifs fréquents des consultations pour la maladie d’Alzheimer. Toutefois, ils ne seraient pas les seuls signes de la démence. Une équipe de l’école de médecine Keck de l’université de Californie du sud assure que donner son argent facilement est lié aux premiers stades de la pathologie neurodégénérative.

Alzheimer : les difficultés à gérer l'argent, signes de la maladie

Pour tenter d’aider les personnes âgées à mieux se protéger contre les escroqueries et abus de faiblesse, les chercheurs ont cherché à comprendre quels étaient les seniors les plus à risque d’être victimes d’arnaques financières.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue scientifique Journal of Alzheimer's Disease en juin 2022.

Les scientifiques ont demandé à 67 personnes âgées qui ne souffraient pas de démence ou de troubles cognitifs de décider si elle devait donner de l'argent à une personne anonyme ou de le garder pour elles-mêmes. Les participants devaient également compléter une série de tests cognitifs comme se souvenir de mots ou d'histoires. Ceux qui ont déboursé le plus présentaient de moins bons résultats aux évaluations cognitives, connues pour être sensibles à la maladie d'Alzheimer.

"Notre objectif est de comprendre pourquoi certaines personnes âgées pourraient être plus susceptibles que d'autres d'être victimes d'escroquerie, de fraude ou d'exploitation financière", a expliqué l'auteur principal de l'étude, le Pr Duke Han, directeur de la neuropsychologie au Département de médecine familiale et professeur de médecine familiale, de neurologie, de psychologie et de gérontologie à la Keck School of Medicine. "On pense que la difficulté à gérer l'argent est l'un des premiers signes de la maladie d'Alzheimer, et cette découverte appuie cette notion."

Des recherches antérieures qui avaient examiné le lien entre l'altruisme et la cognition, s'appuyaient sur des mesures d'auto-évaluation, comme demander aux personnes âgées si elles seraient disposées à donner de l'argent dans certains scénarios. Les travaux menés par l’équipe californienne est la première à avoir utilisé de l’argent réel lors de l’expérience.

"À notre connaissance, il s'agit de la première étude à explorer la relation à l'aide d'un paradigme d'économie comportementale, c'est-à-dire un scénario dans lequel les participants devaient prendre des décisions concernant le fait de donner ou de conserver de l'argent réel", a ajouté Gali H. Weissberger qui a également travaillé sur l’étude.

Démence : l’altruisme soudain doit alerter

Pour une seconde expérience, les chercheurs ont recruté 67 adultes dont l’âge moyen était 69 ans. Dans le laboratoire, chacun a été informé qu'il devait travailler avec une personne anonyme réalisant l'étude en ligne. 10 dollars étaient remis aux participants. Ils étaient chargés de répartir la somme entre leur partenaire et eux, comme ils le souhaitaient.

Les seniors devaient ensuite effectuer une série de tests neuropsychologiques. Les participants qui donnaient plus, affichaient des scores significativement inférieurs à ses examens, connus pour être sensibles au stade précoce de la maladie d'Alzheimer.

"Si une personne éprouve une sorte de changement dans son comportement altruiste, cela pourrait indiquer que des changements se produisent également dans le cerveau", a conclu Gali H. Weissberger. Les scientifiques précisent que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour confirmer le lien entre l'altruisme financier et la santé cognitive des personnes âgées.

Sources

https://medicalxpress.com/news/2022-06-willingness-money-older-adults-linked.html

https://www.j-alz.com/vol88-3

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.