Alopécie (chute de cheveux) : causes, manifestations et traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisitePlus fréquente à certaines périodes de la vie comme la ménopause, l’alopécie est souvent d’origine androgénique chez les femmes. Le point sur ses causes et ses traitements avec les conseils du Dr Philippe Assouly, dermatologue spécialiste du cuir chevelu

Définition : qu'est-ce-que l'alopécie ?

L’alopécie est caractérisée par une perte des cheveux ou de poils. Dans sa forme la plus commune et fréquente (l’alopécie androgénétique), elle concerne le sommet du crâne et entraîne la diminution de l’épaisseur de la chevelure.

Chiffres : quelle est la prévalence de l'alopécie ?

D’après l’Association Canadienne de Dermatologie, près de 40% des femmes d’ascendance européenne souffriraient à 50 ans d’une alopécie androgénétique.

Quels sont les symptômes de l'alopécie ?

L'alopécie peut être aiguë ou chronique, localisée ou généralisée. Aiguë, elle se manifeste par une chute de cheveux soudaine qui peut former des plaques glabres ou être répartie sur l’ensemble du cuir chevelu.

Chronique, elle peut avoir des origines variées et s’exprimer par des signes cliniques différents en fonction de sa cause. La forme chronique la plus banale est l’alopécie androgénique qui se caractérise par la raréfaction et l’affinement des cheveux sur le sommet du crâne.

Quelles sont les causes de l'alopécie ?

"Il existe de multiples causes à l’origine d’une chute des cheveux qui donnera naissance à une alopécie. Certaines alopécies sont communes aux hommes et aux femmes et certaines concernent davantage les femmes", explique le Dr Philippe Assouly, dermatologue au centre Sabouraud-hôpital Saint-Louis à Paris.

L’alopécie androgénétique

"Elle est caractérisée par une diminution du calibre des cheveux sur le vertex, le sommet du crâne, et de moins en moins de cheveux au fil du temps.

L’alopécie androgénique est parfois liée à des facteurs hormonaux et à un excès d’androgènes, c’est-à-dire d’hormones masculines, dans le sang ou bien à un excès de captation de ces androgènes. Elle se manifeste sur le sommet du crâne par une accélération du cycle pilaire. les cheveux sont remplacés par des cheveux qui sont plus fins et qui ont une durée de vie plus courte. S’il y a un excès d’androgènes, d’autres manifestations peuvent apparaitre (hyperséborrhée, hyperpilosité, acné notamment)", explique le Dr Philippe Assouly. Une des causes classiques des excès de manifestation des androgènes est le syndrome des ovaires polykystiques, caractérisé par la perturbation du cycle menstruel.

Les chutes de cheveux diffuses ayant d’autres origines

Elles peuvent donner naissance à une alopécie lorsqu’elles sont intenses ou perdurent. C’est le cas de :

  • Une anémie brutale

Fréquent chez les femmes, le manque de fer peut être responsable d'une chute de cheveux diffuse en raison de règles abondantes, après une grossesse ou à cause d’une alimentation carencée. Plus rarement, il peut être provoqué par des saignements d’autres origines (digestifs).

"L’anémie doit être véritable. Certains médecins évoquent le stock de fer et donc la ferritine comment étant un facteur délétère. Les femmes qui sont victimes d’une chute de cheveux ont en effet plus souvent un taux de ferritine assez bas", remarque le Dr Assouly.

"Néanmoins lorsqu’elles sont supplémentées en fer, elles peuvent continuer à perdre leurs cheveux. L’anémie brutale peut provoquer une chute de cheveux mais il est probable que le corps s’adapte si le stock de fer est faible par la suite".

Dans d'autres cas, plus rares, les autres carences en vitamines ou minéraux peuvent être en cause, notamment dans les pays industrialisés.

  • Un dysfonctionnement de la thyroïde

"Une chute de cheveux importante peut révéler un problème thyroïdien. Parfois elle s’associe à des cheveux cassants", remarque le Dr Assouly. Ce dysfonctionnement peut être une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie.

  • Les saisons

"Il y une augmentation statistique de la proportion de cheveux en phase de chute au mois de juillet. C’est ainsi en septembre que les chutes de cheveux sont plus intenses chez les femmes et durent en moyenne trois mois. Le soleil n’a pas d’influence directe : il rend le cheveu plus cassant mais ne parait pas responsable de la chute automnale", remarque le Dr Assouly.

"Un accouchement ou l’arrêt d’une pilule contraceptive peuvent provoquer une chute de cheveux qui entrainera rarement une alopécie car le processus n’est pas durable sauf s’il existe une cause sous-jacente associée", ajoute-t-il.

Les alopécies cicatricielles

Les alopécies cicatricielles ont de très nombreuses causes. Elles peuvent être liées à une cause mécanique (brûlure, etc.), à une pathologie interne, à une maladie inflammatoire du cuir chevelu. La perte des cheveux est par définition définitive dans les zones touchées. Les alopécies cicatricielles peuvent être primaires (le cheveu est la cible) ou secondaires (le cheveu est atteint comme le reste de la peau).

Photo : un cas d'alopécie cicatricielle

Photo : un cas d'alopécie cicatricielle© Creative Commons

@Mohammad, 24 mai 2019, - CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.es

Des médicaments

Les médicaments peuvent parfois favoriser une alopécie : c’est le cas classiquement des traitements contre le cancer, mais aussi de ceux qui favorisent les manifestations masculines dits "androgéniques" (certaines contraceptions mal adaptées), et plus rarement de certains autres médicaments comme des traitements anticoagulants ou antiépileptiques.

La pelade

Maladie auto-immune, la pelade est caractérisée par un certain type de globules blancs qui ne reconnaissent plus les racines capillaires et les attaquent. Agressées, les racines des cheveux cessent de fonctionner. Les cheveux se cassent et tombent.

Les scientifiques n’ont pour l’instant pas identifié les causes directes de cette perte de cheveux et de poils mais des facteurs héréditaires sont évoqués.

Quels sont les facteurs de risques de l'alopécie ?

Le tabac

Le tabac a un effet délétère sur le cheveu et augmente statistiquement le risque de chute de cheveux (à partir de 10 cigarettes par mois).

Les tractions exercées sur les cheveux

Les queues de cheval, les chignons, les tresses et les nattes favorisent l’alopécie. De la même manière les brushings sont déconseillés comme les sèche-cheveux très chauds. Les défrisages et lissages favorisent tout autant la perte de cheveux.

L’hérédité

"Il existe une prédisposition à l’alopécie androgénique s’il y a des antécédents familiaux d’alopécie androgénique qu’ils soient féminins ou masculins", note le Dr Assouly qui ajoute que, "contrairement aux idées reçues le stress n’augmente pas le processus sauf s’il est à l’origine d’une mauvaise alimentation".

Quelles sont les personnes à risques face à l'alopécie ?

Les adolescentes

"Pour des raisons hormonales une perte des cheveux, associée à une peau plus grasse peut se produire lors de la puberté", souligne le Dr Assouly.

Les femmes ménopausées

"Lors de la ménopause, les femmes n’ont plus d’œstrogènes qui stimulent le cheveu. Les cheveux perdent de leur capacité à s’allonger car la phase anagène est plus courte : au lieu de durer de 5 à 7 ans, elle dure par exemple 2 ou 3 ans", note le Dr Philippe Assouly qui ajoute que les traitements hormonaux substitutifs donnés lors de la ménopause peuvent améliorer ce processus.

Quelle est la durée de l'alopécie ?

L’alopécie perdure tant que sa cause n’a pas été identifiée et traitée.

L'alopécie est-elle contagieuse ?

L’alopécie n’est par définition pas contagieuse, sauf en cas de cause infectieuse liée à un champignon (teigne).

Qui, quand consulter pour une alopécie ?

"Il faut consulter un médecin, et ne pas se rendre dans un centre esthétique qui se dit spécialisé dans le cheveu. Un diagnostic est nécessaire en cas d’alopécie avant d’envisager un traitement adapté. Le dermatologue est l’interlocuteur privilégié concernant les pathologies des cheveux et du cuir chevelu", conseille le Dr Assouly.

Les complications de l'alopécie 

S’il n’y a pas de pathologie sous-jacente, la seule complication concerne la raréfaction des cheveux.

Quels examens et analyses doivent être réalisés en cas d'alopécie ?

Après un interrogatoire complet, le dermatologue commence par examiner le cuir chevelu et les cheveux à l’aide d’un dermatoscope puis il réalise d’autres examens.

Test à la traction

Il consiste à extraire une trentaine de cheveux entre deux doigts. Normalement, seuls un ou deux cheveux doivent se détacher mais s’ils sont plus nombreux, la chute est considérée comme anormale.

Prise de photos

Les photos sont notamment réalisées pour apprécier l’évolution d’une alopécie. Lors d’une alopécie androgénique la personne concernée a la tête penchée en avant et les cheveux séparés par une raie au milieu.

Trichogramme

Cet examen consiste à arracher quelques cheveux du cuir chevelu afin d'examiner leur racine, leur diamètre et de quantifier l'importance et le type de chute.

Un bilan biologique

Face à une suspicion d’alopécie d’origine hormonale, de carence en fer ou de problème thyroïdien, une prise de sang peut être prescrite.

Quels sont les traitements de l'alopécie ?

En cas d’hyperandrogénisme :

"Lorsqu’il y a des signes d’hyperandrogénisme, donc d’un excès d’hormones masculines, associés, on recherche des causes hormonales. Une hyper séborrhée se manifeste par des cheveux et un visage très gras, de l’acné, une hyperpilosité et des troubles du cycle éventuellement.

En présence de ces signes, la cause hormonale semble évidente et un bilan est prescrit suivi d’un traitement adapté. Dans le cas où la prise en charge passe par un traitement médical, l’acétate de cyprotérone peut être envisagé s'il existe un hirsutisme associé à la chute de cheveux

Lorsqu’il y a des signes d’hyperandrogénisme sans hirsutisme, une pilule adaptée de 3ème ou 4ème génération est conseillée, parfois de la spironolactone qui est un autre médicament anti-androgène.

Sans signe d’hyperandrogénisme :

Si l’alopécie androgénique est isolée sans signe d’hyperandrogénisme, le traitement hormonal ne changera rien. Il faut seulement éviter des facteurs délétères comme des pilules mal adaptées ou un dispositif intra utérin à la progestérone. C’est alors un traitement local qui sera efficace à savoir le minoxidil. "C’est à ce jour le seul traitement qui fait pousser les cheveux", remarque le Dr Assouly

Pour venir à bout des autres chutes de cheveux, il faut traiter leurs causes et donc le problème sous-jacent à déterminer.

L'alopécie cicatricielle

Les formes d’alopécie cicatricielles se traitent, en fonction de leurs causes, grâce à des médicaments adaptés : corticoïdes, immunomodulateurs, antibiotiques associés éventuellement à du minoxidil, chirurgie, etc.

La pelade est traitée le plus souvent par l’application ou l’injection locale de cortisone mais d’autres traitements comme la photothérapie ou les immunosuppresseurs peuvent aussi être utilisés.

Quand la chute des cheveux est contrôlée, les greffes permettent dans certains cas de retrouver une certaine densité capillaire.

Comment prévenir l'alopécie ?

Certains gestes permettent de limiter la chute de cheveux. Ainsi :

  • Limitez le recours aux brushings ou aux défrisages ;
  • Méfiez-vous de certains produits actuellement à la mode comme les huiles essentielles. "Ils peuvent provoquer de l’eczéma au niveau du cuir chevelu, et certains d’entre eux sont des perturbateurs endocriniens", note le Dr Assouly. "On souhaiterait remplacer les colorations chimiques par des produits moins décriés mais il semble difficile d’obtenir un caractère durable et non allergisant en remplacement à ce jour. Les colorations chimiques n’ont, sauf en cas de réaction locale, pas d’influence sur la chute de cheveux", ajoute le spécialiste du cuir chevelu ;
  • Utilisez le sèche-cheveux avec modération et limitez sa température ;
  • Evitez les brosses en métal qui arrachent les cheveux ou les élastiques.

Les compléments alimentaires anti-chute de cheveux, sont-ils efficaces ?

Réponse du Dr Philippe Assouly, dermatologue :

"Si vous perdez vos cheveux, inutile d’acheter des compléments alimentaires qui sont sans effet sur la chute. On notera que l’utilisation prolongée peut avoir un effet négatif comme le béta carotène qui augmente le risque de cancer du poumon chez les fumeurs. Une alimentation équilibrée suffit largement à couvrir nos besoins en vitamines et en minéraux"

Sites d’informations et associations

Société Française de Dermatologie. 

Centre Sabouraud-Hôpital Saint-Louis. 

Syndicat national des dermatologues vénéréologues. 

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