"Viande spaghetti" : attention aux filets de poulet génétiquement modifiés !

Depuis de nombreuses années, les abattoirs découvrent des anomalies dans la chair de volailles élevées de manière intensive. Notamment, des filets de poulet qui s’effilochent, surnommés “la viande spaghetti’.
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Vous adorez le poulet, à tel point que vous en mangez parfois plusieurs fois par semaine ? Avec ce poulet “spaghetti” vous allez peut-être changer d’avis.

La “viande spaghetti”, du poulet génétiquement modifié

Celui-ci ressemble de loin à un filet de poulet lambda. Sauf que de près, il présente d’étranges lignes blanches et, à la découpe, il se désagrège complétement. Voici que l'on surnomme la “viande spaghetti”.

D’après Rachel Dreskin, directrice de la branche américaine de l'association de défense des animaux d'élevage Compassion in World Farming (CIWF), cette anomalie pourrait s’expliquer par la qualité médiocre du poulet : "La fibre musculaire du poulet est cassée et ça donne une texture qui ressemble aux spaghettis. Les poulets grossissent tellement et tellement vite que leur corps ne fournit pas assez d'oxygène et de nutriments à la fibre musculaire, qui se dégrade et devient filandreuse."

Alors, la faute à qui ? Cette viande spaghetti serait la conséquence directe de l’élevage intensif des industries agroalimentaires américaines. Pour augmenter leur rendement, elles modifient génétiquement leurs poulets. Cette pratique consiste à croiser les bêtes les plus imposantes, pour donner naissance à des géants. Avec, à la clé, des effets secondaires peu ragoûtants.

Ainsi, en moins de soixante ans, le poids des poulets américains a été multiplié par quatre, tandis que la durée d'élevage a presque été divisée par deux.

Élevage intensif de poulet : la France n’est pas épargnée

"La majorité de la viande de volaille produite dans le monde vient de génotypes développés par une poignée d'entreprises", souligne l'un des spécialistes du sujet, Massimiliano Petracci.

"On retrouve donc ces anomalies partout : en Amérique, en Asie et en Europe", selon l'enseignant-chercheur en sciences et technologies agroalimentaires à l'université de Bologne (Italie).

Mais la France n'est pas non plus épargnée. D’ailleurs, la consommation individuelle de volaille a presque doublé en métropole en moins de 40 ans, dopée par le poulet, selon un récent rapport (format PDF) du ministère de l'Agriculture.

Des poulets dans un élevage intensif :

Des poulets dans un élevage intensif :© Creative Commons

Auteur : L214, 12 juin 2018. CC -Licence : https://animaux.l214.com/poulets/elevage-de-poulets-Maitre-Coq/petit-poulet, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=75053549 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en

Dans un article présenté en mars 2019 aux Journées de la recherche avicole, cinq chercheuses de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) ont affirmé qu’il existait des défauts sur des carcasses de poulet depuis 5-6 ans.

Les principaux rencontrés ont été listés : le "white striping", défini par la présence de stries blanches sur le filet ; le "wooden breast" défini par la présence de zones présentant une texture plus dure, au niveau du filet ; les filets "spaghettis" définis par une déstructuration importante des fibres musculaires qui se détachent les unes des autres en filaments et les aiguillettes vertes ou "Oregon disease" définies par une coloration verte des aiguillettes liée à une nécrose des fibres musculaires et au catabolisme de l’hémoglobine.

En France, la fréquence de ces défauts a été mesurée, dans une enquête de 2017 portant sur 123 lots.

Elle a révélé que "66 % des filets présentaient le défaut de "white striping" (dont 15 % à un degré sévère), 53 % présentaient le défaut de "wooden breast" (dont 22 % à un degré sévère) et 11 % des filets étaient atteints du défaut "spaghetti'", relèvent les chercheuses de l'Inra. L'incidence du problème des "aiguillettes vertes" n'était que de 0,33 %.

Et bien que ce poulet spaghetti fasse peur, il ne serait pas plus risqué qu’un autre selon l’une des chercheuses de l'Inra, Elisabeth Baéza-Campone : "Sur le plan sanitaire, il n'y a pas de risque pour le consommateur".

Toutefois, les poulets d’origine industrielle et bourrés d'antibiotiques restent mauvais pour la santé.

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mots-clés : Santé