En Europe, la France est le troisième pays qui consomme le plus d’épices (derrière l’Allemagne et la Belgique). Les Français raffolent des épices et y consacrent un budget conséquent : environ 1 milliard d’euros par an. Parmi les épices les plus prisées, on retrouve le poivre, le gingembre, la coriandre et la cannelle. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est donc intéressée aux épices vendues en France… Voici les résultats de leur enquête.

Epices en France : une enquête sur 219 établissements

Après un bilan peu glorieux en 2016, la Répression des Fraudes a réalisé une nouvelle grande enquête sur les épices en France. Les résultats viennent d’être publiés et, bonne nouvelle, on constate une nette amélioration par rapport à la dernière enquête. En effet, le taux d’anomalies est plus faible que celui constaté en 2016 : 26,4% en 2019 contre 50% précédemment. Pour cette nouvelle enquête, la DGCCRF a ainsi visité 219 établissements. Ces derniers sont des producteurs, des importateurs, des distributeurs et des sites de vente en ligne. La Répression des Fraudes a fait analyser 138 prélèvements au sein de laboratoires spécialisés français et européens. Dans leur communiqué de presse, la DGCCRF précise que “les enquêteurs de la DGCCRF ont notamment contrôlé que les épices commercialisées ne comportaient pas de colorants non autorisés, qu’elles n’étaient pas contaminées ou adultérées (par exemple présence d’amidon, de grignons d’olives …), et qu’elles vérifiaient les normes spécifiquement applicables à leur catégorie (par exemple la norme NF EN ISO 7540 7541 sur les spécifications du paprika en poudre).”

Trois grandes anomalies constatées par la DGCCRF

Les experts de la DGCCRF ont pu constater que chez ¼ des établissements contrôlés, des anomalies étaient présentes. Trois grandes irrégularités ont été relevées, notamment :

  • “Des tromperies sur la composition des produits - style ou étamines en substitution partielle des stigmates pour le safran, présence de pédoncule broyé pour les paprikas, renforcement de la coloration par un colorant dit « exogène » (catégorie d’additifs dont l’emploi n’est jamais autorisé dans les épices) ;
  • Le non-respects des règles d’étiquetage et de présentation des produits (par exemple l’utilisation de la dénomination « poivre » alors qu’il ne s’agissait pas de baies du genre piper nigrum)
  • Des défauts de traçabilité (épices se réclamant d’une AOP sans y avoir le droit).”

Dans son communiqué, la Répression des Fraudes rappelle que : “malgré les progrès constatés, il ressort de cette enquête de la DGCCRF la nécessité de maintenir une pression de contrôle permanente et de poursuivre, en parallèle, la sensibilisation des opérateurs (importateurs, négociants) à leurs obligations. À cette fin, la DGCCRF rappelle que les professionnels doivent s’assurer de la qualité et de la conformité des épices qu’ils commercialisent, notamment en réalisant eux-mêmes des analyses, une révision périodique de leurs étiquetages et une veille réglementaire attentive.”

Sources

https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/presse/communique/2021/CP-Epices.pdf

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