“Pratiques commerciales trompeuses” : Leclerc, Carrefour, Lidl et Aldi pris en faute sur les fruits et légumes

Publié par S. Coucke-Haddad
le 08/04/2026
rayon fruits et légumes
Autre
Photo d'illustration
La Répression des fraudes a mis en demeure 4 géants de la distribution pour des pratiques commerciales trompeuses sur l'origine de leurs fruits et légumes. Dans le même temps, l’ONG Générations Futures alerte sur des concentrations en pesticides particulièrement élevées sur trois variétés de fruits.

La DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) veille au grain ! Respect des provenances, taux de pesticides, étiquetage… elle passe régulièrement au crible ce que nous achetons et ce que nous consommons. Et quand elle constate des fraudes lors de ses contrôles, elle sévit.

34 % d'anomalies sur l'origine des produits vendus en supermarché

C’est ce qui vient de se passer, et quatre enseignes de supermarché majeures en France - Carrefour, Leclerc, Lidl et Aldi -, viennent d’être sanctionnées pour des contrôles qui s’étaient échelonnés entre 2024 et 2025. Car les étals de nos supermarchés ne reflètent pas toujours les promesses des prospectus : sur les plus de 10 000 contrôles au cours de l'année 2024, l'enquête révèle un taux d'anomalies moyen de 34 % concernant l'origine des denrées alimentaires. Ce chiffre touche tout particulièrement les fruits, les légumes, la viande et les alcools.

Face aux cas les plus graves d'infraction, les autorités ont dressé 562 procès-verbaux et envoyé 588 injonctions de mise en conformité aux professionnels. Et le mensonge peut coûter cher : un grossiste a par exemple écopé d'une amende de 50 000 euros pour avoir faussement étiqueté français plus de 5 000 tonnes de fruits rouges importés (nous vous en avions parlé ici).

Ces méthodes peu scrupuleuses utilisés par les supermarchés

Rendre inaccessible l’origine du produit est une technique répandue chez les distributeurs ! Les enseignes emploient systématiquement des caractères d'une taille très inférieure à celle du prix, rendant la mention illisible pour le client ou alors la provenance apparaît souvent en bas de page ou dans des zones très éloignées du visuel du produit.

Autre astuce malhonnête, certains catalogues mentionnent des origines multiples en indiquant plusieurs pays de culture possibles pour un même article. L'acheteur se retrouve dans l'incapacité de connaître la provenance réelle en magasin. C’est notamment le cas de Lidl avec des publicités sans mention de l’origine des produits ou d’une application qui demande plusieurs manipulations pour s’informer de la provenance. Leclerc est épinglé pour une présentation ambiguë et imprécise des pays dans ses supports promotionnels. De son côté, Carrefour affiche non seulement une origine illisible, mais la DGCCRF constate des écarts entre le prix du catalogue et le tarif effectivement payé en caisse. Les magasins ont six mois pour se mettre en conformité, une absence de réaction entraînera des sanctions financières.

Des taux des pesticides qui posent problème : 3 fruits sur la sellette

Un autre rapport publié ces derniers mois questionne. C’est celui de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui estime que 42 % des denrées alimentaires vendues dans l’Union européenne contiennent au moins un résidu de pesticides !

L'ONG Génération Futures qui s’est basé sur les relevés officiels de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), constate de son côté qu’environ 73 % des fruits non-bio abritent au moins un résidu de pesticide. Ce chiffre grimpe même jusqu'à 80 % dans les relevés les plus récents de 2024. Les légumes s'en sortent un peu mieux, mais la contamination reste importante. Près de 48 % des échantillons conventionnels testés présentent des traces de substances chimiques. Trois fruits posent plus particulièrement problème :

  • La cerise car 98 % des échantillons étaient concernés par au moins un résidu de pesticide (PE, PFAS OU CMR).
  • Le raisin dont 94 % des échantillons testés étaient contaminés
  • La fraises, avec 93 % des fruits testés qui présentaient au moins un résidu de pesticide. Suivent la pomme (89 %), les agrumes (84 %), le citron vert (83 %) et la poire (82 %).

Adopter les bons réflexes de consommation

Face à cette pollution généralisée, des solutions simples existent pour protéger l'organisme. Privilégier les produits issus de l'agriculture biologique permet de réduire drastiquement l'ingestion de résidus, ceux-ci y étant quasiment inexistants ou liés à de rares contaminations environnementales accidentelles. En cuisine, il est vivement recommandé de laver et frotter vigoureusement les végétaux sous l'eau claire pour éliminer les traitements de surface. Toutefois, ce nettoyage ne suffit pas à extraire les composés ayant pénétré profondément la chair du fruit. L'épluchage demeure donc la méthode la plus efficace pour les aliments les plus exposés, comme les pommes ou les poires car leur peau concentre généralement les plus fortes doses de toxicité.

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