Hôpital de Roanne : une femme de 75 ans prend feu et provoque un incendie, elle a allumé une cigarette près de l'oxygène
Cet incident spectaculaire, survenu jeudi soir, rappelle la dangerosité extrême de l'association entre sources de chaleur et oxygène médical. Alors qu'une vingtaine de personnes ont dû être évacuées en urgence, l'événement soulève de nouvelles questions sur la gestion du risque incendie et la responsabilité des patients fumeurs au sein des établissements de santé.
Chronique d'un incendie évité à Roanne
Le jeudi 26 février 2026, il est 22 h 40, quand l'alerte est donnée pour un départ de feu au 4ème étage du bâtiment Jean-Bernard, dans le service de médecine polyvalente de l’hôpital de Roanne, une ville située dans la département de la Loire en Auvergne-Rhône-Alpes. Les pompiers de la Loire rendent rapidement sur place mais l’origine du sinistre est assez inattendue : une patiente de 75 ans, alors sous oxygénothérapie, a tenté d'allumer un cigarillo dans sa chambre. La réaction chimique a été instantanée, le feu s’est immédiatement propagé dans la chambre, détruisant le lit et un fauteuil et brûlant la patiente.
Heureusement, le personnel de sécurité (SSIAP) de l’hôpital a fait preuve de réactivité en maîtrisant les flammes à l'aide d'un extincteur avant l'arrivée de 24 sapeurs-pompiers. Le bilan reste miraculeux : la septuagénaire est la seule à avoir été blessée, elle souffre de brûlures au visage et d'une inhalation de fumées et a été transportée aux urgences. La direction de l’hôpital, contactée par le Parisien affirme que ses blessures sont légères. Une vingtaine de patients ont dû être évacués temporairement vers une autre aile, et les dégâts se limitent au matelas et fauteuil brûlés.
L'oxygène est un puissant accélérateur de feu
On ne le sait pas forcément mais l'oxygène est un comburant (il permet la combustion d’un combustible) et non un combustible. S'il ne brûle pas lui-même, il permet à d'autres matières de s'enflammer beaucoup plus violemment. Le danger réside dans le phénomène d'imprégnation : l'oxygène médical s'accumule dans les tissus, les draps, mais aussi les cheveux et sur la peau. Une simple étincelle et ces éléments peuvent s'embraser instantanément.
C'est pourquoi l'ANSM et les autorités de santé interdisent formellement de fumer, de vapoter ou d'appliquer des corps gras (pommade, crème) sur le visage lors d’un traitement par oxygénothérapie, ces substances augmentant drastiquement le risque d'inflammation spontanée.
Un phénomène récurrent malgré les interdictions
Ce type d'accident n'est malheureusement pas isolé. La veille, le 25 février 2026, un patient de 70 ans au Pôle de santé du Villeneuvois (Lot-et-Garonne) a provoqué l'évacuation de 150 personnes en fumant dans sa chambre.
Le Quotidien du Médecin rapporte de son côté une histoire similaire : en 2006, à l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, une patiente avait déclenché l'embrasement de sa chemise de nuit en fumant à proximité de l'oxygène. Un an plus tôt, au CHU de Clermont (Oise), un homme avait été grièvement brûlé sur le torse. Ces événements soulignent également la difficulté du sevrage tabagique : certains patients, sous l'emprise d'une forte dépendance, bravent l'interdiction malgré les substituts nicotiniques proposés, mettant en péril la sécurité collective.
Responsabilité civile et pénale du patient
L’interdiction de fumer dans la chambre d’un hôpital est stricte. S’y refuser peut coûter cher et les sanctions ne sont pas uniquement physiques. Un patient peut ainsi être poursuivi pénalement pour mise en danger de la vie d'autrui ou dégradation par incendie, des infractions passibles de peines d'emprisonnement et d'amendes. Sur le plan civil, l'article 1240 du Code civil stipule que l'auteur est responsable des dommages causés.
L'hôpital ou les victimes peuvent en outre exiger réparation. Attention, de nombreux contrats d'assurance prévoient des clauses d'exclusion en cas de faute caractérisée ou de non-respect des consignes de sécurité. Le patient fautif risque alors de devoir assumer personnellement l'intégralité des frais liés à l'incendie.
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