“3.5 millions de personnes touchées” : Camille Cerf annonce être atteinte de lipœdème

Publié par Aude Klain
le 06/05/2026
Camille Cerf
Istock
©Berzane Nasser/ABACA
L'ancienne Miss France Camille Cerf vient de lever le voile sur son combat contre le lipœdème, une pathologie chronique touchant près d'une femme sur dix. Trop souvent confondue avec un simple surpoids ou de la cellulite, le lipœdème est une maladie sous-diagnostiquée.

L'errance médicale représente une réalité douloureuse pour de nombreuses patientes atteintes de cette anomalie de la répartition des graisses. Entre les douleurs physiques, les ecchymoses inexpliquées et les jugements hâtifs de l'entourage, la prise de parole de figures publiques permet enfin de mettre en lumière ce trouble métabolique méconnu. Camille Cerf, Miss France 2015, vient de prendre la parole sur ce qu’elle vit avec sa maladie. Voilà qui devrait aider à lever un peu le voile.

Un cri du cœur pour libérer la parole

L'ancienne reine de beauté a récemment confié souffrir de lipœdème, une affection qu'elle désigne comme son plus grand complexe depuis des années. Son quotidien est marqué par des symptômes invalidants, incluant des douleurs persistantes, une sensation de jambes lourdes s'aggravant le soir ou par forte chaleur, et l'apparition de bleus sans le moindre choc préalable. Malgré une hygiène de vie irréprochable associant sport, alimentation équilibrée et drainages lymphatiques, l'aspect de ses membres inférieurs restait inchangé. Mettre un nom sur cette maladie a procuré un véritable soulagement à la jeune femme. Elle a ainsi compris que ces manifestations résultent d'un dérèglement métabolique et non d'un manque de volonté de sa part.

Qu’est-ce que le lipoedème dont souffre Camille Cerf ?

Selon une publication de la revue scientifique Genesis, le lipœdème est une maladie chronique qui se manifeste par une accumulation anormale et symétrique de tissu graisseux sous-cutané, ciblant principalement les jambes et parfois les bras. Cette affection s'avère massivement répandue et frappe environ 10 % à 11 % de la population féminine mondiale. En France, on estime que 3.5 millions de personnes sont concernées. Le mécanisme repose fortement sur les hormones. La pathologie se déclenche ou s'aggrave généralement lors de bouleversements physiologiques majeurs, tels que la puberté, la grossesse ou la ménopause. Les spécialistes soulignent également une origine génétique probable, de nombreuses patientes observant des cas similaires au sein de leur famille proche.

Les signes du lipoedème

La silhouette d'une personne atteinte de lipœdème sévère présente une disproportion évidente. Contrairement à une obésité globale, la graisse s'arrête net aux chevilles, créant un effet de "manchon", tout en épargnant les mains et les pieds. La douleur constitue aussi un marqueur distinctif majeur. Le tissu graisseux se montre hypersensible à la pression, une condition nommée allodynie, ce qui différencie nettement cette maladie de la cellulite classique, strictement indolore.

Pour distinguer ce trouble d'un lymphœdème, les médecins vérifient que la peau du deuxième orteil peut toujours être pincée. Les patientes souffrent aussi d'une grande fragilité capillaire, entraînant des ecchymoses fréquentes. Face à la méconnaissance générale, le corps médical confond fréquemment cette affection avec l'obésité, allongeant considérablement l'errance diagnostique.

Comment soulager les symptômes de la maladie ?

Des solutions existent pour atténuer les inconforts quotidiens. Le traitement repose sur le port régulier de vêtements de compression rectiligne, des drainages lymphatiques manuels et l'adoption d'une alimentation anti-inflammatoire pour réduire les œdèmes.
Pour diminuer durablement le volume, une chirurgie spécialisée peut être envisagée. La liposuccion ciblée, utilisant des méthodes spécifiques préservant le système lymphatique, permet de retirer les cellules graisseuses malades.

Néanmoins, la pathologie engendre souvent une forte détresse psychosociale, parfois accompagnée de troubles du comportement alimentaire, rendant un accompagnement psychologique nécessaire. Bien que l'Organisation Mondiale de la Santé reconnaisse le lipœdème comme invalidant, sa prise en charge par l'Assurance Maladie reste très limitée en France, obligeant les patientes à demander des aides exceptionnelles.

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