Infidélité : doit-on tout se dire ?Istock
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42% des Français ont déjà trompé leur partenaire au moins une fois dans leur vie, d’après un sondage Yougov pour le site de rencontres extra-conjugales Gleeden publié en 2022. Plus précisément, 55% des hommes français se déclaraient infidèles en 2014, contre 46% en 2022. À contrario, 32% des femmes se disaient infidèles en 2012, contre 38% dix ans plus tard. L’infidélité est donc loin d’être rare dans un couple établi, et personne ne semble à l’abri. C’est justement le sujet qu’aborde la psychologue clinicienne Yael Schonbrun, spécialisée dans le couple, dans les colonnes du magazine américain The Washington Post.

“Une question qu’on me pose souvent : est-ce qu’une liaison doit-être révélée ?”

Yael Schonbrun partage notamment cette anecdote : “Lors de leur première session de thérapie, un couple m’a confié qu’ils essayaient de décider si leur relation de 17 ans pouvait être sauvée. Lors des sessions initiales, nous nous sommes concentrés sur ce que chacun souhaitait, à cette étape de leur mariage. Mais lors de la sixième session, le couple est arrivé bouleversé. L’un d’entre eux avait avoué qu’il entretenait une liaison. L’infidélité peut dévaster des partenaires et des relations. D’où une question qu’on me pose souvent dans mon travail de thérapeute de couple : est-ce qu’une liaison doit-être révélée ?”

Tout d’abord, la psychologue clinicienne conseille à ses patients et à ses lecteurs d’éviter de tromper leur partenaire. Elle note néanmoins que plusieurs facteurs peuvent rendre cela difficile, comme la maltraitance ou l’alcool, qui altère le jugement. Yael Schonbrun affirme par ailleurs que beaucoup de personnes ayant trompé leur partenaire regrettent profondément leur acte, ou se montrent confus.

Infidélité : dans bien des cas, ne rien dire reste la meilleure option

“Il n’y a pas de choix ‘juste’ ou facile à faire quand on se demande si l’on veut, ou non, révéler une liaison”, concède la thérapeute de couple. Elle indique même que dans bien des cas, ne rien dire reste la meilleure option. Yael Schonbrun cite ainsi la psychothérapeute Daphné de Marneffe : “[Ne rien dire] rend au moins honneur à l’intention de sauver une relation de confiance, une relation proche, même si l’une des deux personne a brisé cette confiance.”

Confier à son partenaire qu’on l’a trompé est en effet risqué à de nombreux niveaux. Cela peut en effet créer un stress, voire une anxiété intense chez la personne trompée, et même entraîner un épisode dépressif majeur.

Liaison : garder le secret peut peser lourdement sur la relation

La personne ayant trompé l’autre ne s’en sort pas forcément mieux : celle-ci peut ressentir de la honte, développer une dépression ou de l’anxiété. Surtout, avouer son infidélité peut conduire tout droit au divorce ou à la séparation. Aujourd'hui en France, l’infidélité est à l’origine d’un tiers des demandes de divorce, d’après le site spécialisé dans le conseil juridique Justifit.

Cependant, garder le secret a aussi ses inconvénients : cela peut rendre les blessures plus difficiles à guérir. “Par exemple, dans ma pratique, le partenaire qui avait trompé l’autre avait confié que garder le secret avait pesé lourdement sur la relation et rendu le dialogue sur les ressentiments de chacun - qui avaient été à l’origine de la liaison - impossible”, conclut la psychologue clinicienne Yael Schonbrun.

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