Couple : le signe qu'il va bientôt vous quitter

Mariage, enfants, routine, travail, charge mentale, retraite… Avec tout ça, vous n’avez pas vu les années passer. Et pendant ce temps, votre couple s’étiole et se perd. Les étapes de la vie n’épargnent décidément pas les relations amoureuses. En revanche, certains signes peuvent vous mettre la puce à l’oreille et vous alerter si votre couple va mal. On fait le point avec Sébastien Garnero, sexologue clinicien et psychothérapeute.
Comment savoir si mon couple va mal ?

"Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants". Voici l’une des plus grosses impostures des contes de fées. Si les histoires se terminent sur ce tableau, dans la vraie vie des couples, c’est là que tout commence, estime Caroline Kruse, conseillère conjugale, dans son livre Il faut qu’on parle (éd. Du Rocher).

Et pour cause, en France, 45 % des mariages se soldent par un divorce. Les causes ? Elles sont diverses et variées. Pour Sébastien Garnero, DR en Psychologie, Psychothérapeute, Hypnothérapeute et Sexologue clinicien, le passage à la cinquantaine constitue une étape déterminante dans la survie d’un couple.

Les enfants qui s’en vont ou encore la retraite, sont des bouleversements et des changements majeurs qui affectent aussi les relations amoureuses. Étonnamment, le divorce à la cinquantaine augmente plus vite que dans le reste de la population. Le nombre de séparations augmente en même temps que l’espérance de vie s’allonge. "L’allongement significatif de l’espérance de vie, en bonne santé, est un facteur déterminant de séparation", précise Sébastien Garnero.

Heureusement, il est possible de détecter les signes avant-coureurs de séparation, avant que votre couple ne vole définitivement en éclats. Le spécialiste nous aide à les identifier, après avoir fait le point sur les principales causes de séparation.

"Ces signaux sont courants et facilement détectables, nous révèle le spécialiste. On les retrouve chez la plupart des couples. Néanmoins, c’est rarement un signe pris isolément qui signifie la fin d’une histoire d’amour, mais plusieurs signes accumulés. Dans ce cas, il faut s’inquiéter".

Pourquoi les couples ne durent plus autant qu’avant ?

"Chaque phase ou carrefours existentiels de la vie peuvent engendrer une crise ou un potentiel danger pour le couple", estime Sébastien Garnero. Il mentionne l'arrivée du premier enfant ("Baby Clash"), la crise de la quarantaine, et contre toute attente la cinquantaine et le cap de la retraite.

Car c’est un fait : le nombre de séparations chez les plus de 60 ans a doublé en dix ans. Et contre toute attente, dans 60 % des cas, c’est la femme qui est l’origine de cette démarche. Pour beaucoup d’entre elle, c’est alors le début d’une nouvelle vie et de nouvelles relations amoureuses. Car désormais, les opportunités de rencontres se multiplient et l’ouverture sociale est plus importante qu’avant.

Les retraités, en bonne santé plus longtemps

"On assiste à une augmentation significative du nombre de retraités en bonne santé, établi Sébastien Garnero. L’espérance de vie a donc augmenté. Forcément, les risques de séparation augmentent aussi". L’espérance de vie est estimée à 79,4 ans pour les hommes et 85,3 pour les femmes en France métropolitaine, selon l’Insee. Au cours des 60 dernières années, nous avons gagné 14 ans d’espérance de vie en moyenne.

Si les humains prennent de moins en moins de rides, ce n’est pas le cas pour le couple, semble-t-il. "Etant en meilleure santé, les retraités ont une énergie supplémentaire si l’on compare à leurs ancêtres. Cette vitalité incite davantage à vivre pour soi et permet aussi de faire des rencontres, ce qui n’était pas le cas à l’époque", poursuit le psychothérapeute.

"On peut également mentionner l’autonomie financière des deux membres du couple comme facteurs de rupture", ajoute le clinicien. Cette autonomie donne le courage aux deux partenaires de partir s'ils ne sont plus heureux.

Un plus grand individualisme

Sébastien Garnero évoque aussi l’individualisme, moteur de nombreux individus aujourd’hui. On pourrait l’accuser d’avoir impacté l’institution familiale : aujourd’hui, l’individu ne sacrifie plus pour sa famille. C’est elle qui doit lui offrir un cadre de vie réconfortant et épanouissant.

L’individualisme, c’est le culte du "chacun pour soi". Une étude menée par Igor Grossmann, professeur de Psychologie Scientifique de l’Université de Waterloo (Canada) semble aller dans le même sens en traduisant l’individualisme au sein d’un couple par le fait que nous nous gardons des espaces et des moments dédiés à soi-même et au bien-être individuel. Aujourd’hui, nous avons tendance à penser à notre propre bonheur avant celui de notre partenaire.

En outre, cela peut aussi conduire à perdre certaines valeurs que nous avions en commun avec notre conjoint. Les valeurs sont rarement toutes communes à deux êtres. Néanmoins, si elles deviennent radicalement opposées, le couple n’y survit pas. C’est de ces valeurs que dépend la façon dont chacun va hiérarchiser ses priorités, ses envies et ses besoins. Parmi elles, on retrouve l’amour, la famille, la fidélité, le rapport à l’argent ou encore l’entraide. Ne pas ou ne plus partager certaines valeurs peut être un vrai frein à la vie de couple.

L’hyper connexion, un frein à la vie à deux

Télévisions, smartphones ou tablettes sont les ennemis jurés du couple. "Le temps qu’on passe sur les écrans aujourd’hui, c’est du temps qu’on ne passe plus à deux", déplore Sébastien Garnero.

Selon une étude réalisée par le professeur David Spiegelhalter, les individus font de moins en moins l’amour : les couples sexuellement actifs faisaient en moyenne 5 fois l’amour chaque mois en 1990, 4 fois par mois en 2000, et 3 fois par mois en 2010. A ce rythme, ils ne feront plus du tout l’amour d’ici 2030 et cette tendance inquiète. Selon le professeur, la faute reviendrait aux écrans. Les couples ont l’habitude de passer leurs soirées devant la TV et autres écrans plutôt que de s’adonner au plaisir de la chair.

Résultat : on s’éloigne, on ne communique plus, et on creuse un fossé sans s’en rendre compte.

Une plus grande facilité à faire des rencontres

Un autre phénomène de notre mode de vie moderne. Désormais, les opportunités de rencontres sont de plus en plus nombreuses. "Les individus ont une vie sociale plus riche que leurs parents, ils sortent davantage et rencontrent de nouvelles têtes (presque) tous les jours", décrit le psychothérapeute. Une tendance particulièrement marquée chez les urbains qui programment des sorties toutes les semaines. En effet, à Paris, 1 couple sur 2 finit par divorcer. La capitale semble battre les autres villes françaises en matière de séparation.

Là encore, les écrans détiennent leur part de responsabilité. L’avènement des réseaux sociaux, des sites et applications de rencontre facilitent encore plus les nouvelles relations.

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Source(s):

Merci à Sébastien Garnero, DR Psychologie, Psychothérapeute, Hypnothérapeute, Sexologue clinicien

Il faut qu’on parle, Caroline Kruse (éd. Du Rocher), à paraître le 6 novembre 2019

Espérance de vie - Mortalité, Insee, 26 mars 2019

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