Troubles bipolaires : ce nouveau procédé permettrait un diagnostic en une heure

Publié le 10 Avril 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Vers la fin des erreurs de diagnostic ? Des chercheurs canadiens ont découvert une méthode rapide pour distinguer les troubles bipolaires de la dépression, en seulement une heure.
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Troubles bipolaires : ce nouveau procédé permettrait un diagnostic en une heureIstock

Il n’est pas toujours évident de différencier les troubles bipolaires de la dépression, et cela peut parfois peut entraîner des erreurs de diagnostic. Des chercheurs canadiens en ingénierie biomédicale de l’Université de Manitoba auraient trouvé une méthode pour dépister les troubles bipolaires en une heure. Un article publié le 26 mars 2019 dans le World Journal of Biological Psychiatry détaille cette découverte.

Troubles bipolaires ou dépression : la confusion est fréquente

“Lors d’une première consultation, environ 40 % des personnes bipolaires sont diagnostiqués, à tort, comme souffrant d’une dépression majeure”, explique Brian Lithgow, professeur à l’Université de Manitoba et auteur principal de l’étude. Cela s’explique par le fait que certains sujets bipolaires ont beaucoup plus de phases dépressives que de phases maniaques, et celles-ci peuvent parfois durer plusieurs années.

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Cela pose néanmoins problème, puisque les médicaments fréquemment prescrits pour la dépression peuvent s’avérer dangereux pour les personnes bipolaires. En outre, “une reconnaissance tardive du trouble bipolaire favorise les risques associés à la maladie, comme le suicide, les hospitalisations, les conséquences désastreuses sur le plan socio-économique ou les comorbidités médicales”, selon la Haute Autorité de Santé.

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L’activité nerveuse de l’oreille permet d'établir le diagnostic

La nouvelle technique de diagnostic proposée par les chercheurs de Manitoba est donc porteuse d’espoir. Celle-ci s’appuie sur une méthode d’électrovestibulographie, qui consiste à enregistrer l’activité électrique du système vestibulaire (un organe sensoriel situé dans l’oreille interne), grâce à des électrodes placées dans les oreilles.

“Ces signaux électriques sont affectés par les parties émotionnelles et comportementales du cerveau”, précise Brian Lithgow. Il ajoute que les réponses nerveuses sont différentes chez les patients dépressifs, par rapport aux personnes atteintes de bipolarité, ce qui permet de les distinguer.

Une découverte réalisée par hasard, alors que les scientifiques étudiaient au départ des patients atteints de la maladie de Parkinson. Cela les a incité à poursuivre leurs travaux, en examinant 43 personnes atteintes de troubles bipolaires, 39 souffrant de dépression et 27 en bonne santé. Les chercheurs ont alors observé que chaque groupe de sujet enregistrait une activité nerveuse du système vestibulaire très différente.

Le rôle du psychiatre reste important

Brian Lithgow précise néanmoins que ce test n’a pas vocation à remplacer une évaluation psychiatrique traditionnelle, mais pourrait être utilisé en parallèle. “Le rôle du psychiatre reste extrêmement important dans la prise en charge du patient, mais je pense que cet outil serait très utile comme complément”.

A terme, le chercheur aimerait commercialiser ce procédé. Mais des recherches approfondies sont nécessaires avant que cela soit possible. “Si nous trouvons un psychiatre local disposé à collaborer, nous aimerions recruter 300 volontaires chez qui on a diagnostiqué une dépression majeure ou un trouble bipolaire, pour participer à une étude en double-aveugle”. Une analyse à plus grande échelle qui leur permettrait, si elle confirme les résultats précédents, d’obtenir l’approbation des autorités sanitaires.

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