Stress : il serait influencé par notre statut socialAdobe Stock

Est-ce que notre statut social - autrement dit notre position hiérarchique et/ou notre niveau de vie - peut avoir un impact sur notre niveau de stress ? C’est la question que se sont posée des chercheurs de l’Université de Tulane, aux États-Unis. D’après eux, notre position sur l’échelle sociale, particulièrement chez les femmes, pourrait affecter notre réponse au stress. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Current Biology le 31 mars 2023.

Stress chronique : les souris dominantes et dominées réagissent différemment

Le professeur de psychologie Jonathan Fadok et la chercheuse Lydia Smith-Osborn se sont intéressés à 2 types de stress psychosocial : l’isolement social et l’instabilité sociale. Ils ont ainsi observé comment ces 2 obstacles ont influencé la vie des participants à leur étude en fonction de leur statut social.

Leur travail a été conduit sur des souris femelles. Ils les ont regroupées par couples et leur ont permis de développer des relations sociales pendant plusieurs jours. Au sein de chaque couple, une souris se montrait dominante - donc avec un meilleur statut social - et l’autre se montrait soumise. Les scientifiques ont étudié chez ces rongeurs les changements de comportement, les niveaux de l’hormone du stress et l’activation neuronale en réponse à un stress social chronique.

“Nous avons analysé comment les différentes formes de stress affectent le comportement et les niveaux de l’hormone du stress (chez les humains, cela s’appelle la cortisol) chez ces souris en nous basant sur leur statut social” a commenté Jonathan Fadok. “Nous avons également regardé ce qu’il se passait dans les zones du cerveau activées par la réponse au stress psychosocial”, a-t-il ajouté.

Stress : des différences dans le fonctionnement du cerveau

“Nous avons réalisé que non seulement le rang social nous informe sur la façon dont une souris répond au stress psychosocial, mais que le type de stress entre aussi en compte” a pour sa part expliqué Lydia Smith-Osborn, l’autrice principale de l’étude. Celle-ci montre en effet que les souris au plus faible statut social étaient plus susceptibles d’être instables socialement (en d’autres termes, de changer de groupe social). Au contraire, les souris au rang social le plus élevé étaient plus susceptibles d’être isolées ou de se sentir seules.

Les auteurs de l’étude ont également noté des différences dans les zones du cerveau activées lors des rencontres, en se basant sur le statut social de l’animal et sur leur expérience du stress psychosocial. “Certaines régions du cerveau de l’animal dominant ne réagissent pas de la même façon à l’isolement social qu’à l’instabilité sociale. Cela a également été observé chez les animaux soumis. Le rang social confère aux animaux une “empreinte” neurobiologique unique qui influe sur la façon dont ils réagissent au stress chronique”, résume Lydia Smith-Osborn.

Ces conclusions pourraient-elles s’appliquer à des sujets humains ? Peut-être, d’après le professeur Jonathan Fadok. “Globalement, ces résultats pourraient nous aider à comprendre l’impact du statut social et des réseaux de socialisation sur la prévalence des maladies mentales relatives au stress, comme le trouble d’anxiété généralisée et les épisodes dépressifs majeurs”, répond-il. Toutefois, il tempère : “Il est nécessaire de mener d’autres études qui se baseront sur des situations sociales plus complexes avant de pouvoir appliquer ces résultats aux humains.”

Sources

“Female dominance hierarchies influence responses to psychosocial stressors”, une étude publiée dans la revue Current Biology le 31 mars 2023.

https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(23)00308-1?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0960982223003081%3Fshowall%3Dtrue

mots-clés : anxiété, femmes
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