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Avoir une mauvaise haleine peut être extrêmement handicapant. Plus de 9 Francais.es sur 10 reconnaissent qu’ils refuseraient un second rendez-vous si leur prétendant.e “refoule du goulot”, selon un sondage réalisé par Ifop pour émail Diamant en 2017.

Attention, les souffles malodorants sont finalement assez courants. On estime qu’entre un quart et la moitié de la population française a une halitose de manière occasionnelle ou chronique.

Si on veut une haleine fraîche, il est important de veiller à son hygiène bucco-dentaire. Dans 85 à 90% des cas, les mauvaises odeurs sont d’origine buccale. En effet, la bouche abrite naturellement des bactéries qui se nourrissent de protéines. Lorsqu’elles les dégradent, elles libèrent des composés sulfurés volatils (CSV) nauséabonds. Il est donc important de veiller à ne pas avoir des débris alimentaires coincés entre les dents qu’elles soient vraies… ou fausses.

Un problème avec une prothèse dentaire

Effectivement, ces effluves peu ragoûtants gênants peuvent provenir des prothèses dentaires. Tout comme avec les vraies quenottes, un dentier mal nettoyé peut favoriser la mauvaise haleine en devenant le terrain de jeu des bactéries.

Que faire pour éviter la mauvaise haleine avec des prothèses dentaires amovibles ?

"Il est important de bien nettoyer son appareil dentaire matin et soir à l’aide d’une brosse. Ce nettoyage peut être complété en plongeant la prothèse dans une solution antiseptique une fois par semaine", explique le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole national de l’UFSBD (Union française pour la santé bucco-dentaire).

Il est important de respecter ces trois étapes simples : faire tremper, brosser et rincer. En fonction, des prothèses portées le dentiste peut également recommander de ne pas les porter la nuit.

Une infection des sinus

Une bonne hygiène dentaire passe par un bon brossage complet. Il faut nettoyer les dents en commençant par les endroits les plus reculés et cachés… c'est-à-dire entre les dents. Pour atteindre ce lieu où les débris alimentaires et les bactéries se cachent, il faut miser sur le fil dentaire et/ou les brossettes interdentaires. De plus, lors du brossage, il ne faut pas non plus oublier la langue en cas d’halitose. Effectivement, 60% des bactéries de la cavité buccale l’ont choisi comme domicile, avec un goût particulier pour ses replis, appelés villosités. Selon l’Assurance Maladie, la langue est responsable de 41% des cas de mauvaise haleine d’origine buccale.

Si vous suivez à la lettre ces bons gestes d’hygiène... et que la mauvaise haleine persiste, une infection des sinus peut alors être la raison des effluves désagréables qui s’échappent de votre bouche.

Par exemple, si vous avez des coulées permanentes dans l’arrière-gorge, vous souffrez peut-être d’une rhinite allergique. Ces écoulements sont une excellente nourriture pour les bactéries, qui en proliférant, dégagent de nombreux composés volatils nauséabonds.

La solution pour lutter contre la mauvaise odeur

Pour régler le problème de la mauvaise haleine, il est alors important de traiter en premier lieu cette infection des sinus. Pour cela, il faut aller consulter son médecin ou un ORL. Le praticien proposera le traitement adapté au trouble.

Vos médicaments en cause

L’hygiène et la santé des personnes ayant un souffle désagréable ne sont pas toujours en cause. Des éléments extérieurs peuvent aussi en être à l’origine. Plus de 400 médicaments ont un effet direct sur la mauvaise haleine parce qu’ils assèchent la cavité buccale, modifient le flux salivaire et agissent sur la flore buccale.

Quels traitements médicamenteux à l’origine de l’halitose ?

La mauvaise haleine d’origine médicamenteuse peut toucher les personnes âgées sous "longs" traitements, les asthmatiques et allergiques, les patients sous tranquillisants, neuroleptiques, somnifères, antidépresseurs ou traités pour l’hypertension.

Que faire ?

Pas de panique si votre médicament provoque une halitose. Elle disparaît après l'arrêt du traitement médicamenteux. Et, en cas de gêne, il est conseillé de consulter et d’en parler à son médecin qui pourra éventuellement substituer un médicament par un autre.

Une inflammation des gencives

Si votre entourage vous fait remarquer que votre souffle est loin de sentir la fleur ces derniers jours, l’origine de cette mauvaise odeur peut être une inflammation de la gencive. Cette dernière est provoquée par des bactéries. Les signes de ce trouble sont une gencive rouge et gonflée qui peut saigner facilement.

Pourquoi ?

Le Dr Christophe Lequart rappelle "La mauvaise haleine est due à la présence de bactéries qui prolifèrent, stagnent dans la cavité buccale et dégagent des composés volatils nauséabonds”. Il ajoute “Si la gingivite n'est pas soignée, elle peut évoluer vers la maladie parodontale, avec une destruction de l'os de soutien des dents provoquant le déchaussement dentaire."

Comment prévenir l’halitose ?

Une bonne hygiène bucco-dentaire est une nouvelle fois la clé d’une haleine. Par ailleurs, il est recommandé d’effectuer au moins une visite annuelle chez votre dentiste.

La présence d'une carie

Dans certains cas, une carie n’est pas qu’uniquement source de douleurs. Elle peut aussi être à l’origine d’une mauvaise haleine persistante.

Pourquoi ?

L'halitose est dans 85% des cas la conséquence d’une mauvaise hygiène ou d’un problème bucco-dentaire. "Les caries négligées sont des réservoirs à bactéries, et peuvent être associées à une gingivite et parfois à des abcès. Les bactéries qui s’accumulent produisent des composés volatils soufrés nauséabonds", explique le Dr Lequart.

Que faire ?

Il est important de se rendre chez son dentiste au moins une fois par an pour une visite de contrôle et de se brosser les dents au minimum 2 fois/jour en suivant les gestes de brossage recommandés. En cas de douleurs, de gonflements, n'attendez pas pour vous faire soigner.

Un reflux gastrique

Les personnes qui souffrent de reflux gastrique peuvent aussi avoir une haleine peu agréable. En effet, certains aliments en cours de digestion peuvent remonter et perturber l'haleine. Il est aussi possible que ce trouble soit accentué par une consommation excessive de tabac et/ou d’alcool.

Comment le reflux gastrique agit sur l’haleine ?

"L'acide contenu dans l'estomac remonte le long du tube digestif, généralement en position couchée, jusqu'à la cavité buccale. C'est cette acidité qui va favoriser la mauvaise haleine en décapant la muqueuse, les gencives, la langue, créant les conditions pour une prolifération des bactéries" précise le chirurgien-dentiste Dr Christophe Lequart.

Des apnées du sommeil

L’apnée du sommeil, appelée le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), se manifeste par une répétition d’arrêts ou réduction de la respiration du patient pendant qu’il dort. Les pauses respiratoires peuvent durer de 10 à 30 secondes, voire plus, et se produire jusqu’à une centaine de fois par nuit.

Ce trouble, qui touche 4% des Français, peut favoriser le développement de la mauvaise haleine.

Pourquoi ?

"L'apnée du sommeil entraîne une plus grande respiration par la bouche et une sécheresse buccale. Avec l'assèchement de la cavité buccale, les bactéries responsables des composés volatils nauséabonds prolifèrent" explique le praticien.

Que faire ?

Il est conseillé aux patients de consulter un spécialiste pour traiter les ronflements et les apnées du sommeil.

La faute à vos aliments

Attention aux régimes hyperprotéinés. Ils conduisent souvent à une halitose. Comme il n’y a aucun apport de sucres, ni de matières grasses, l’organisme - placé en hypoglycémie - puise alors "son carburant" dans ses réserves de graisses. Transformées en énergie sans que l’insuline soit nécessaire, elles produisent des déchets, responsables d’une odeur d’acétone.

De plus, certains aliments comme l'ail, l'oignon, le chou sont connus pour donner mauvaise haleine. Les odeurs qu’ils provoquent, passent de la circulation sanguine aux poumons… puis exhalées. Par exemple si vous manger de l’ail, son odeur pourra être sentie dans l’haleine par votre entourage pendant 2 ou 3 heures après sa consommation, alors qu’il aura quitté depuis longtemps la bouche ou l’estomac. L’hygiène bucco-dentaire ne peut pas lutter contre ces odeurs.

Par ailleurs, les mauvaises habitudes - comme le tabac ou l'excès de boissons alcoolisées - peuvent aussi favoriser l’halitose.

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Sources

Remerciements au Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole national de l’UFSBD (Union française pour la santé bucco-dentaire).

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