Abstinence sexuelle : les conséquences dont on ne vous a pas parlé

Qu’elle soit voulue ou non, l’abstinence sexuelle n’est pas sans répercussion pour votre santé physique et mentale. Souvent due à une baisse de désir, elle augmente le risque d’anxiété, de cancers et de maladies cardiovasculaires, et peut aussi favoriser les problèmes d’érection. On fait le point avec le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue.
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L’abstinence sexuelle se définit comme l’absence de rapport sexuel, partielle ou totale - c’est-à-dire qu’elle peut se limiter au coït, ou inclure la masturbation. Pour le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et auteur des livres L’égoïsme partagé ! et Restons fermes ! (éd. Eyrolles), “l’abstinence n’a de sens qu’entre deux personnes”.

En effet, il est possible de trouver que son conjoint est trop abstinent, tandis que cette même fréquence ne poserait pas de problème à un autre individu. “Si la personne abstinente sent qu’il y a du manque, cela devient de plus en plus gênant”. Mais au-delà des conséquences possibles sur le couple - point sur lequel nous reviendrons plus loin - l’absence de relations sexuelles peut aussi avoir un impact sur la santé.

Abstinence sexuelle : un risque de cancer et de maladies chroniques ?

Ainsi, une récente étude britannique, menée sur plus de 5 700 sujets, vient de montrer un lien entre une faible fréquence des coïts et les problèmes de santé. Les hommes de 50 ans et plus qui font peu l’amour auraient un risque de maladie grave plus élevé de deux tiers. Leurs chances de développer un cancer seraient accrues de 63 %, et celles d’avoir une pathologie chronique (diabète, arthrite…), de 41 %, Quant aux femmes, elles auraient 64 % plus de risques d’être en mauvaise santé, sans pour autant qu’il s’agisse d’une maladie grave.

Néanmoins, les chercheurs ne peuvent pas encore affirmer avec certitude que c’est l’absence de relations sexuelles qui engendre des maladies. La baisse progressive de libido pourrait être, en effet, le signe avant-coureur d’une pathologie déjà présente, qui n’est tout simplement pas encore diagnostiquée. Des travaux complémentaires doivent donc être effectués, afin de mieux étudier le possible lien de cause à effet.

Un lien entre la fréquence d’éjaculation et le cancer de la prostate

Par ailleurs, une étude publiée dans la revue JAMA en 2004, et qui a fait l’objet d’une mise à jour en 2016, révèle qu’une fréquence d’éjaculations élevée serait liée à une réduction du risque de cancer de la prostate. Les hommes qui éjaculent au moins vingt-et-une fois par mois verraient ainsi leurs risques diminuer de 22 %, par rapport à ceux qui ne le font que sept fois.

Une telle fréquence ne concernerait cependant que 8,8 % de la population - la moyenne étant située entre huit et douze éjaculations par mois. Selon les chercheurs, ces effets bénéfiques pourraient s’expliquer par le fait qu’évacuer régulièrement son sperme contribuerait à réduire le nombre de cellules vieillissantes - qui sont plus susceptibles de devenir cancéreuses.

Pour le gynécologue Sylvain Mimoun, “un homme qui n’éjacule plus risque d’enflammer sa prostate, ce qui explique le risque accru de cancer. L’érection prodigue une sorte de massage prostatique qui réduit l’inflammation”.

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