Pourquoi les cas de sclérose en plaques pourraient exploser

Publié le 23 Novembre 2018 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Des études européennes présentées lors du congrès de l’European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis (ECTRIMS 2018) qui s'est déroulé en octobre 2018 à Berlin montrent que les cas de sclérose en plaques ont augmenté de 25% depuis 2017. Date à laquelle les critères diagnostiques de la maladie ont été modifiés, permettant ainsi un diagnostic précoce.
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Si 2,3 millions de personnes sont touchées par la sclérose en plaques dans le monde, ce chiffre risque d'être revu à la hausse dans les années à venir. Plusieurs études internationales présentées lors du congrès de l'European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis (ECTRIMS 2018) qui s'est déroulé du 10 au 12 octobre 2018 à Berlin affirment qu'une hausse de 25% des cas de sclérose en plaques a pu être observée. Un phénomène qui s'expliquerait par l'application de nouveaux critères diagnostiques permettant de détecter précocément la maladie.

Sclérose en plaques : les nouveaux critères de diagnostic permettent de mieux détecter la maladie

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central (cerveau, moelle épinière, nerfs optiques) dont les principaux symptômes sont des fourmillements, une paralysie ou une faiblesse musculaire et des troubles de l'équilibre. Son diagnostic est d'autant plus complexe que les symptômes peuvent être transitoires. Mais la révision en 2017 des critères de diagnostic appelés critères McDonald semble l'améliorer : désormais, l'analyse du liquide céphalo-rachidien (LCR) est systématique et toutes les lésions éventuelles observées lors d'une imagerie par résonance magnétique (IRM) permettent d'établir un diagnostic, ce qui n'était pas le cas dans les critères de 2010.

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Exemple concret : une étude espagnole a suivi pendant sept ans 566 patients présentant un syndrome clinique isolé (SCI), c'est-à-dire l'apparition d'un symptôme sur une courte période. Lorsque les critères de 2017 ont été appliqués, la sclérose en plaques a été diagnostiquée chez 51,4% des patients, soit 132 patients de plus qu'avec les critères de 2010. Même chose du côté d'une étude néerlandaise qui a suivi pendant plus de cinq ans 229 patients présentant un SCI : avec les critères de 2017, 51 patients en plus ont pu être diagnostiqués.

Débuter les traitements plus tôt pour "retarder la progression de la maladie"

Des critères élargis qui permettent donc d'obtenir un diagnostic précoce et ainsi de débuter plus tôt les traitements. Et "les études montrent qu’un traitement précoce retarde la progression de la maladie", explique à Medscape le Dr Dib, neurologue. Les critères continuent d'être affinés et les techniques de diagnostic perfectionnées, notamment pour éviter les risques de surdiagnostic et donc la prise inutile de traitements médicamenteux : par exemple, "on peut espérer une amélioration de l’imagerie et l’arrivée de nouveaux marqueurs biologiques", indique le neurologue.

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