L’anti-diabète, Metformine®, pourrait soigner la sclérose en plaques

D’après les essais cliniques, un médicament administré contre le diabète de type 2 pourrait réparer les lésions nerveuses causées par la sclérose en plaques. Les résultats ont été décrits comme "spectaculaires".
close up of female hands holding medication bottle and white pills over pastel blue background patient taking medicationIstock

Des scientifiques de l’Université de Cambridge ont mené l’essai clinique sur des rats. Les résultats de leurs tests viennent seulement d’être publiés. Il s’avère que la Metformine®, médicament administré à des patients victimes de diabète de type 2, pourrait réparer les liaisons nerveuses causées par la sclérose en plaques.

Les rongeurs ont été soumis au traitement, destiné à réduire le taux de sucre dans le sang pendant trois mois. Les chercheurs ont ensuite retiré la myéline de certains nerfs du cerveau des rats. La myéline a pour rôle de protéger nos cellules nerveuses.

Dans le cas de la sclérose en plaques, le système immunitaire s’attaque à la myéline, laissant les nerfs incapables d’envoyer et de recevoir efficacement les messages émis par le cerveau.

D’après les constations des experts après l’analyse de la myéline prélevée chez les rats, il semblerait que la Metformine® inverse les effets de la sclérose en plaques. La myéline, endommagée par cette maladie, s’était complètement rétablie dès trois semaines de traitements chez les rats.

Les tests bientôt menés sur des patients atteints de sclérose en plaques

La Metformine® est consommée par des millions de diabétiques (diabète de type 2) dans le but de réguler leur taux de sucre dans le sang. Mais en plus de réduire l’index glycémique, ce traitement aurait pour capacité de rajeunir les cellules souches et de les transformer en cellules productrices de myéline.

Les résultats ont même été décrits comme "spectaculaires". L’équipe de chercheurs semble très optimiste. Si le test a été mené sur des rats, il fonctionnera tout aussi bien chez les patients humains, selon eux. Les scientifiques prévoient ainsi de tester les effets de la Metformine® chez les patients atteints de sclérose en plaques dès l’année prochaine.

Leurs objectifs ? Réduire la progression de cette maladie neurodégénérative, voire empêcher d’autres dommages neurologiques.

"C’est toujours un saut dans le noir quand on passe d’expériences en laboratoire à des êtres humains, a déclaré le professeur Robin Franklin, auteur de l’étude interviewé par The Guardian. Mais les données sont solides et convaincantes. Je suis très optimiste".

Metformine® : elle pourrait éviter l’invalidité aux patients

Les scientifiques ont rapporté que les rongeurs traités à la Metformine® présentaient une récupération presque complète par rapport aux rats n’ayant pas été soumis au traitement. Le médicament a considérablement amélioré l’état de la myéline.

Les scientifiques estiment que la Metformine® profiterait particulièrement aux patients sur le point de passer de la forme chronique de la sclérose en plaques à une forme progressive, dite secondaire. La sclérose en plaques progressive secondaire implique une aggravation constante de l’invalidité du patient, sans période de répit.

Anna Williams, professeure de neurologie à l'Université d'Edimbourg, confirme que la Metformine® pourrait être très utile pour éviter l'invalidité chez les patients atteints de maladies neurologiques. Elle ajoute que le médicament est facilement accessible, bon marché et disponible.

Une seconde partie de l’essai clinique a consisté à priver certains rats de nourriture un jour sur deux pendant six mois. Les chercheurs ont observé le même effet positif. Il a été démontré que la réduction de l'apport calorique augmentait les capacités de régénération du corps.

Les scientifiques suggèrent que, comme la Metformine®, le jeûne pourrait rajeunir les cellules souches du cerveau et leur permettre de se développer en cellules productrices de myéline.

Sclérose en plaques : dans 25 % des cas, la génétique joue un rôle

En France, on compte plus de 100 000 patients atteints de sclérose en plaques. Comme toutes les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson…), la sclérose en plaque est un réel défi pour le système de santé publique. A l’heure actuelle, aucun traitement n’a porté ses fruits.

À la fois inflammatoire et neurodégénérative, la sclérose en plaques survient par un processus de dysrégulation auto-immune. Dans 80 % des cas, on repère un ralentissement de la conduction nerveuse. Petit à petit, la réparation ne se fait plus et la transmission nerveuse va ralentir, jusqu’au handicap chronique irréversible.

Les origines de la sclérose en plaque sont inconnues : elles sont multifactorielles, associant une susceptibilité génétique à des causes environnementales, détaille le praticien. Dans 25 % des cas, la génétique joue un rôle. Parmi les facteurs environnementaux figure le déficit en vitamine D.

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