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Irritée à l'entrée du vagin : une vestibulite en cause

La vestibulite est une irritation de la vulve, entre les petites lèvres, dont la douleur est exacerbée par la pénétration sexuelle. Elle rend les rapports sexuels difficiles voire impossibles. Cette pathologie se diagnostique par élimination, une fois toute cause infectieuse écartée. "Sa prise en charge est médicale, mais aussi psychosomatique", souligne Odile Bagot.

Localisation de la douleur : La douleur est située au niveau du vestibule, la muqueuse qui entoure l’entrée du vagin. Il est délimité par la face interne des petites lèvres.

À quoi est-elle due ? Il s’agit d’une inflammation non spécifique du vestibule pour laquelle aucune cause infectieuse ou dermatologique spécifique n’a été trouvée.

Douleurs et pénétration impossible : des signes de vaginisme

Le vaginisme ou phobie de la pénétration est une dysfonction sexuelle de couple méconnue, bien que fréquente. "Elle touche 1 femme sur 200 dans la population générale (1/20 dans le cas d’une consultation sur la stérilité)" déclare le Dr Bagot. "Le vagin de la femme se ferme de manière réflexe rendant impossible toute pénétration vaginale. Un simple effleurement de cette zone provoque un spasme et une douleur extrêmement importante, même pendant une consultation médicale."

Localisation de la douleur : La douleur s’étend sur toute la vulve même si l’organe génital de la femme atteinte de vaginisme ne présente aucune anomalie.

À quoi est-il du ? Cette contracture réflexe de la musculature périnéale concerne par définition les femmes vierges, la plupart du temps en couple avec des maris "gentils et respectueux" comme le souligne la spécialiste. Ce trouble psychosomatique est en effet d'abord un problème de couple : "l'histoire d’un sexe visiteur qui voudrait visiter, mais n’ose pas, et d’un sexe visité qui voudrait accueillir, mais ne peut pas", indique Danièle Choukroun, citée par Odile Bagot.

Douleurs et vésicules : l'insupportable herpès

Douleurs et vésicules : l'insupportable herpès

L’herpès est l’ulcération la plus douloureuse : au niveau génital, il se caractérise par l’apparition de vésicules emplies de liquide qui, quand elles se rompent laissent la peau à vif avec des brûlures intenses et des douleurs vives...

Localisation de la douleur : "La première fois cela peut être partout au niveau de la vulve. En cas de récurrence, la lésion revient presque toujours au même endroit", précise le Dr Bagot.

A quoi est-il du ? L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible récidivante. Il est principalement provoqué par le virus herpès simplex de type 2 (VHS-2).

Une irritation au niveau de la vulve : la faute à votre protège-slip ?

Une irritation au niveau de la vulve : la faute à votre protège-slip ?

Les douleurs vulvaires peuvent également provenir d’irritations d’origine chimique : savons, cosmétiques, lessives, mais aussi protège-slip ou serviettes hygiéniques. Il est important de faire attention aux produits/matières que l’on met en contact avec nos parties génitales, car cette zone est particulièrement sensible : "Je me souviens d’une patiente qui s’était brûlée le vagin avec un sextoy : au lieu de l’enduire de lubrifiant elle l’avait enduit de désinfectant ! ", raconte le Dr Bagot.

Localisation de la douleur : La douleur peut être localisée sur toute la vulve.

À quoi sont-elles dues ? Certains composants trop agressifs provoquent des réactions irritantes et allergiques allant parfois jusqu’à la brûlure.

Des fissures vaginales douloureuses

Des fissures vaginales douloureuses

Les fissures vaginales ont la forme de coupures rouges et douloureuses de 1 à 2 cm. "Les rapports sexuels peuvent être extrêmement douloureux et aggraver la fissure à cause de la contraction du muscle du périnée" précise la gynécologue.

Localisation de la douleur : La fissure peut se trouver sur n’importe quelle partie du périnée.

A quoi sont-elles dues ? Elles ont des causes multiples, dermatologiques (le lichen scléreux atrophique ou le psoraisis), allergiques (eczéma), infectieuses (staphylocoque ou mycose), hormonales (ménopause) ou encore traumatiques (jeux sexuels).

Brûlure, démangeaison et rapport douloureux : gare au lichen scléreux atrophique

Brûlure, démangeaison et rapport douloureux : gare au lichen scléreux atrophique

Elles se manifestent par une sensation d’irritation et de brûlure, des démangeaisons qui peuvent être nocturnes, et parfois des fissures. L’orifice vulvaire devient blanchâtre et perd de sa souplesse rendant les rapports sexuels particulièrement douloureux.

Localisation de la douleur : "Elle peut se situer sur toutes les parties du périnée, au niveau des petites lèvres, du clitoris, du vestibule, sur la partie postérieure de l’entrée du vagin et au niveau de l’anus" poursuit Odile Bagot.

A quoi sont-elles dues ? On ne connait pas la cause du LSA (lichen scléreux atrophique).

Des brûlures et des pincements au périnée : la névralgie pudendale

Des brûlures et des pincements au périnée : la névralgie pudendale

La névralgie pudendale est une douleur neurologique très atypique du périnée qui se manifeste chez la femme, mais également chez l’homme. "Elle est souvent mal diagnostiquée et ne rentre dans aucune case", explique le Dr Odile Bagot, gynécologue. "On soigne les femmes pour sécheresse, irritation, infection... mais on a beau traiter, ça continue", poursuit la spécialiste. La maladie touche 3% de la population française, selon l’Association d’Information sur la Névralgie Pudendale et les Douleurs Pelvi-périnéales (AINP). Elle affecte fortement la vie sexuelle des patients.

Localisation de la douleur : Se manifestant par une sensation de brûlures, de pincement, de décharge électrique, elle s’étend dans la région périnéale et "se concentre plus particulièrement sur les grandes lèvres chez la femme", précise le Dr Bagot. Elle est chronique et s’intensifie en position assise.

A quoi est-elle due ? Elle vient d’une inflammation du nerf pudendal (ou "nerf honteux interne" dans l’ancienne littérature) qui innerve la région du périnée et notamment les organes génitaux externes. Cette inflammation peut être déclenchée par un traumatisme chronique du périnée comme la pratique intensive du vélo mais sa cause est le plus souvent inconnue.

Douleurs du périnée : les cicatrices post accouchement

Douleurs du périnée : les cicatrices post accouchement

Lors de l’accouchement, le passage du bébé peut laisser des cicatrices. Sans un assouplissement de la cicatrice du périnée, souvent favorisé par la reprise des rapports sexuels, les douleurs peuvent durer.

Localisation de la douleur : L’épisiotomie correspond à une incision du périnée pour agrandir l’orifice vulvaire. La déchirure est l’équivalent naturel. La cicatrice part de la partie inférieure de la vulve et suit une direction oblique à 45° par rapport à la vertical. On la répare en suturant plan par plan le vagin, les muscles puis la peau avec un fil qui se résorbe tout seul en quelques semaines.

A quoi est-elle due ? Lors de l’accouchement, l’expulsion peut se solder par une déchirure du périnée ou une épisiotomie. Les douleurs cicatricielles durent en général 2 à 3 semaines. Si la reprise des rapports sexuels, 6 semaines après l’accouchement environ, est désagréable, elle est pourtant recommandée quand la femme se sent prête : "Malgré la douleur ou la sécheresse, souvent intensifiée par l’allaitement, la reprise est essentielle pour assouplir la cicatrice", affirme le Dr Bagot. "Si au bout d’un mois après la reprise régulière des rapports il n’y a pas d’amélioration, il faut consulter. Cela peut venir d’un problème sexologique ou psychosomatique" poursuit la gynécologue.

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Sources

Remerciements

Au Dr. Odile Bagot, spécialiste en gynéco-obstétrique est aussi l’auteur du blog de Mam Gynéco.

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