Décoloration des cheveux : gare aux substances toxiques !

Publié le 12 Juin 2019 par Louise Ballongue, journaliste santé
Asthme, rhinite, urticaire… Voici quelques-unes des maladies qu'entraînent les produits de décoloration des cheveux selon une étude de l’Anses. Un réel danger pour la santé des coiffeurs et consommateurs.
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Attention, danger ! L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient de tirer la sonnette d’alarme ce mercredi 12 juin. En cause : les décolorants capillaires qui contiennent des substances toxiques provoquant des réactions allergiques au niveau respiratoire et cutané.

Des substances toxiques présentes dans les décolorants

Les travaux menés par l’Anses ont mis en évidence la toxicité de certains principes actifs contenus dans les décolorants. Leurs noms ? Les persulfates d’ammonium, de potassium ou encore de sodium.

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Utilisés pour leurs propriétés oxydantes, ils sont employés sous différentes formes : en poudre à mélanger dans un liquide, en granules, en crème ou en liquide prêt à l’emploi.

Selon le règlement européen CLP, ces substances classées comme sensibilisants respiratoires et cutanés représentent la 2ème cause des asthmes professionnels en lien avec les expositions aux produits chimiques. Pourtant, elles se retrouvent dans tous les salons de coiffure, voire à la maison, dans des décolorations industrielles.

Plus de 90% des coiffeurs sont exposés

Les premières victimes des persulfates ? Les coiffeurs, grands utilisateurs de décolorants capillaires. Selon l’Anses, plus de 97% des professionnels sont exposés et plus de 93% des cas recensés sont des femmes.

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"On voit en effet rarement son coiffeur avec des gants et un masque", regrette Matthieu Schuler, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses, ce mercredi 12 juin 2019 au micro de France Info.

Le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles confirme cette analyse en recensant plus de 1000 cas de pathologies professionnelles liées aux persulfates. Pour un quart d’entre eux, ce sont des jeunes travailleuses et des apprenties.

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Cette exposition aux produits toxiques, souvent quotidienne, se déroule lors de la préparation, de l’application et du rinçage des décolorants, par voie respiratoire et cutanée. Elle peut entraîner différentes pathologies comme de l’asthme, des dermatites allergiques, des rhinites, de l’urticaire, des chocs anaphylactiques ou encore des maladies respiratoires. Bien entendu, plus le contact aux produits est régulier, plus le risque de développer un problème de santé est élevé.

Au delà de l’aspect santé, l’Anses rappelle que “ces pathologies engendrent des handicaps dans la vie quotidienne et de lourdes conséquences pour les professionnels qui doivent parfois penser à une reconversion professionnelle”.

Du côté des particuliers, le risque encouru est moindre. L’exposition aux persulfates est plus rare, à l’exception des consommateurs réguliers qui utilisent des produits de décoloration à domicile.

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La solution : restreindre leur utilisation

Pour lutter contre ce fléau, l’Anses recommande de restreindre "dans les meilleurs délais" l’usage des persulfates, notamment dans les produits capillaires, afin de protéger la santé des travailleurs et des consommateurs exposés.

L'Anses est donc favorable à un étiquetage, mais aussi à des précautions quant à la composition de ses produits capillaires. D'après l'agence, il faudrait "une analyse scientifique et technique qui dirait jusqu'à quel niveau ces produits ne représentent pas de risque. Ce travail technique pourrait permettre de dire dans quelles conditions ces produits peuvent être utilisés de manière sûre."

Pour adopter de bons gestes à la maison, privilégiez les décolorations naturelles et prenez soin de lire correctement les étiquettes en éliminant toutes formes de substances chimiques. Chez votre coiffeur, mêmes précautions, choissisez de préférence des spécialistes transparents sur la composition de leurs produits.

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Autre mesure : à l’échelle européenne des actions de gestion de risques devraient être mises en place puisque d’autres agences sanitaires (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Autriche et Danemark) ont tiré le même constat que la France et ont décidé, elles aussi, de faire la guerre aux décolorants capillaires.

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