Pourquoi l’espérance de vie n’augmente plus autant en France

Publié le 17 Avril 2019 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Par rapport au siècle dernier, l’espérance de vie a tendance à s’essouffler. Désormais, elle stagne, et tout particulièrement chez les femmes. Doit-on s’attendre à une diminution pour autant ?
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Pourquoi l’espérance de vie n’augmente plus autant en France© Istock

Depuis le milieu du XXème siècle,l’espérance de vie augmentait de 3 mois en moyenne par an. C’est ainsi que nous sommes passés de 66 ans en 1950 à 82 ans en 2018 (tous sexes confondus). « Les progrès ont cependant ralenti ces dernières années : l’espérance de vie n’a gagné qu’un mois et demi par an en moyenne chez les hommes depuis 2014 et un mois par an chez les femmes », explique Gille Pisnon, anthropologue et démographe, au sein du média en ligne collaboratif The Conversation. Selon lui, trois facteurs sont responsables d’un tel déclin : la grippe saisonnière, particulièrement meurtrière ces derniers hivers, le cancer, qui reste la première cause de décès, et le tabagisme, dont les effets se manifestent de plus en plus.

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La grippe, meurtrière chez les seniors

Ces derniers hivers, la grippe saisonnière a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause, cette dernière a causé environ 15 000 décès chaque hiver depuis 2014. Les premières personnes impactées ? Les personnes âgées. Particulièrement meurtrière ces dernières années, la grippe saisonnière a réduit l’espérance de vie jusqu’à 0,3 an. Si nous avons gagné 16 ans de vie depuis 1950, c’est principalement grâce aux progrès dans la lutte contre la mortalité adulte, et ce, particulièrement chez les seniors. Progrès que la grippe a largement remis en question.

Le cancer, première cause de mortalité avant les maladies cardiovasculaires

Si les maladies infectieuses étaient l’une des principales causes de décès au milieu du XXème siècle, ce sont désormais le cancer et les maladies cardiovasculaires qui font des ravages. Les progrès de l’espérance de vie s’essoufflent et sont moins flagrants, malgré les avancées de la médecine. Alors que la mortalité par cancer a considérablement diminué chez les hommes, la dynamique n’est pas la même chez les femmes. Les décès liés au cancer régressent plus lentement chez ces dernières. Une des explications ? Le tabagisme qui s’immisce de plus en plus dans la vie des femmes.

Une conséquence de la montée du tabagisme dans les années 80

Les générations de femmes âgées de 50 ans ou plus aujourd’hui ont bien connu cette époque. La montée du tabagisme dans les années 1950 à 1980 était particulièrement marquée dans la population féminine. Mais c’est seulement aujourd’hui que les conséquences se font sentir. Les femmes en subissent désormais les méfaits, à savoir les cancers liés au tabac. En effet, le nombre de décès dus au cancer du poumon a bondi de 71 % chez les femmes entre 2000 et 2014, avait annoncé Santé Publique France, dans le cadre du Mois Sans Tabac en 2018.

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