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Vous hésitez à poser rapidement des vacances ? Soyez attentifs aux signes qui suivent et qui pourraient vous aider à vous décider :

La fatigue et l'irritabilité : les signes les plus flagrants

« Indéniablement, la productivité au travail a largement augmenté ces 20 dernières années. Concrètement, on nous en demande beaucoup plus qu'auparavant », assure Sébastien Hof, psychologue du travail contacté par Medisite. Cette intensification du travail a une première conséquence : les Français sont de plus en plus nombreux à être fatigués. Ainsi, selon le baromètre 2021 « France émotions » de Viavoice, la Fondation Jean Jaurès et le Point, « 57 % des Français disent d’abord ressentir comme première émotion la fatigue ».

« Cette fatigue est persistante, insistante et si on ne se repose pas, elle devient de plus en plus difficile à gérer et à supporter », note le psychologue. « L'irritabilité est également un signe qu'il faut prendre en compte », ajoute Sébastien Hof. On supporte moins facilement ses collègues et la vie au bureau. On s'emporte plus rapidement, on s'agace pour un rien et il est vivement conseillé de s'arrêter quelques jours pour faire redescendre la pression.

Par ailleurs, quand cette pression va crescendo, il est aussi de plus en plus difficile de laisser le stress et les problèmes liés du travail sur le lieu de travail. On les ramène chez soi, ce qui peut affecter la vie personnelle, notamment familiale. On ne sait pas vivre l'instant présent avec ses proches, on profite moins d'eux et on perd patience plus rapidement.

La diminution des capacités cognitives et la perte d’envie

« La diminution des capacités cognitives est une conséquence directe de la grande fatigue que nous avons déjà citée », explique Sébastien Hof. Troubles de la mémoire, de la concentration, difficultés à effectuer plusieurs tâches à la fois, à passer d'une tâche à une autre et la perte de logique dans la résolution des problèmes sont autant de troubles cognitifs qui peuvent s'installer lorsqu’on a besoin de vacances.

« La perte de l'envie doit également alerter », estime le spécialiste. Quand on a besoin de vacances, il arrive d'être totalement démotivé au travail, ce qui peut gagner les autres sphères de la vie, jusqu'à l'apathie. « Ces personnes peuvent être très pessimistes. Elles ont l'impression d'être dans un cul-de-sac, un tunnel et souffrent d'une perte de sens », développe le psychologue.

La déconnexion pour des vacances véritablement réparatrices

« C'est l'une des bases qui est désormais inscrite dans le droit du travail : la déconnexio n. Pour que des vacances permettent réellement de regonfler ses batteries, il est important de totalement couper les liens avec son travail. Pas de SMS, d'appels ni de mails, auquel cas, notre esprit reste préoccupé et la récupération psychique sera beaucoup moins profitable », indique Sébastien Hof.

Des vacances réparatrices seront bénéfiques à la qualité du travail et à la bonne santé mentale en général. « Elles permettent de gagner en créativité et en productivité, mais surtout, on retrouve de l'élan et de l'entrain. On est à nouveau dans la vie, positif et optimiste. Les vraies vacances ouvrent le champ des possibles », résume-t-il.

Le risque bien réel d'épuisement professionnel

« Si on n'est pas vigilant sur les signes avant-coureurs, le manque de repos peut mener jusqu'au syndrome d'épuisement professionnel. Un épuisement physique dont résulte une incapacité à travailler », prévient le psychologue. « A force de trop puiser dans ses réserves, on finit par ne plus en avoir du tout. Les symptômes touchent alors toutes les sphères de la vie. » Si le syndrome d'épuisement professionnel n'est pas reconnu comme maladie professionnelle, en 2014, le cabinet Technologia a publié une étude faisant apparaître que 3,2 millions de salariés français, soit plus de 12 % de la population active, présenteraient un « risque de burn-out ».

Dans ce contexte, les cinq semaines de congés payés obligatoires pour chaque salarié depuis 1982 sont-elles suffisantes ? « Je ne suis pas législateur. Toutefois, on nous en demande toujours plus au travail et le besoin de repos est de plus en plus prégnant », explique Sébastien Hof. « Cela pose effectivement des questions quant à la capacité des travailleurs à recharger leur batterie. Davantage de congés pourraient être nécessaires pour faire face à cette productivité accrue. »

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Sources

Merci à Sébastien Hof, psychologue du travail et psychothérapeute.

https://www.institut-viavoice.com/barometre-france-emotions-viavoice-fondation-jean-jaures-le-point/

https://technologia.fr/etudes/appel-pour-la-reconnaissance-du-syndrome-depuisement-au-tableau-des-maladies-professionnelles/

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