Arthrose du genou : 3 exercices sans mouvement et tout simples à faire tous les jours
La gonarthrose pousse souvent les patients à réduire leurs activités quotidiennes par crainte d'aggraver les lésions. Mauvaise idée ! Un genou qui reste immobile s'asphyxie rapidement de l'intérieur. Au contraire, il est indispensable de maintenir une sollicitation mécanique douce pour préserver la fonction de l'articulation et limiter la progression de la maladie.
Genou : pourquoi le mouvement protège-t-il votre cartilage ?
Le cartilage est un tissu complexe et non vascularisé. Il se nourrit exclusivement par un mécanisme naturel d'imbibition. On peut le comparer à une éponge : il a besoin de l'alternance de compression et de décompression liée au mouvement corporel pour que le liquide synovial apporte les nutriments essentiels aux chondrocytes. À l'inverse, l'inactivité physique favorise l'atrophie musculaire et réduit l'épaisseur cartilagineuse globale, ce qui aggrave de manière significative les frottements directs entre les os. Face à ce constat, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l'EULAR, dans leurs recommandations publiées dans Annals of the Rheumatic Diseases, placent désormais l'activité physique encadrée avant les traitements médicamenteux pour gérer les symptômes.
L'isométrie : un renforcement à zéro impact pour les articulations sensibles
L'isométrie consiste à contracter fortement un muscle de façon statique, sans créer le moindre mouvement au niveau de l'articulation. Cette technique de rééducation supprime les forces de cisaillement et de friction, souvent très douloureuses lors des mouvements dynamiques classiques. Elle offre un effet analgésique quasi immédiat grâce à la stimulation nerveuse des mécanismes de contrôle de la douleur. De plus, développer des quadriceps puissants permet d'absorber jusqu'à 30 % des contraintes mécaniques à la place de l'articulation affaiblie.
Trois exercices de renforcement profond à domicile
Il existe trois mouvements ciblés à réaliser facilement. Pour l'exercice de l'écrase-coussin, asseyez-vous au sol avec la jambe tendue et placez une serviette roulée ou un coussin juste sous le genou. Écrasez fermement ce support en contractant la face avant de la cuisse pendant 10 secondes, puis relâchez lentement. La chaise statique contre un mur consiste, quant à elle, à descendre les fesses comme pour vous asseoir tout en restant le dos collé au mur. Maintenez cette posture durant 20 à 30 secondes. Enfin, l'élévation de jambe tendue se pratique allongé sur le dos. Levez la jambe à environ trente centimètres du sol et gardez-la immobile pendant 15 secondes pour solliciter le muscle psoas en toute sécurité.
Fréquence et gestion de la douleur : quelles sont les règles ?
Lors de ces séances, une légère augmentation des sensibilités articulaires est normale. Toutefois, selon les directives internationales de l'OARSI (société internationale de recherche sur l’ostéoarthrite), cette gêne ne doit pas persister au-delà de 24 heures ni dépasser un niveau de 3 sur 10 sur une échelle de douleur. Les kinésithérapeutes recommandent un rythme de 2 à 3 séances par semaine pour obtenir une réelle amélioration. Rappelons par ailleurs qu'une simple prise de 1 kg de poids corporel entraîne une surcharge mécanique de 4 kg sur l'articulation à chaque pas. En cas de gonflement soudain ou d'inflammation aiguë, consultez immédiatement votre médecin traitant.