C’est un fait, "l’arthrose affecte le cartilage, mais aussi tous les autres tissus composant les articulations, et notamment les os, la membrane synoviale qui tapisse l’intérieur de la capsule délimitant l’articulation et les ligaments", précise Jérôme Guicheux, directeur de recherche à l'Inserm. Or jusqu’à présent, on utilise la radiographie pour diagnostiquer l’arthrose, mais elle ne permet pas de voir les tissus cartilagineux et mous. Les rayons X ne sont suffisamment absorbés que par les tissus denses et les os.

Dans l’espoir d’avoir des clichés plus clairs, Emmanuel Brun et ses collègues du laboratoire Rayonnement synchrotron pour la recherche biomédicale (Strobe) travaillent depuis cinq ans sur une "imagerie par contraste de phase aux rayons X (IPC)". L’avancée technologique est qu’elle permet de lire la déviation des rayons X par les tissus, ce que l’on appelle la réfraction. Les tissus apparaissent ainsi de manière plus claire sur les images obtenues.

Définition et contraste améliorés

En 2020, six radiologues et rhumatologues du CHU de Grenoble ont évalué différents clichés de mains et de poignets obtenus par radiographie ou par IPC. Et le résultat a été sans appel : il est apparu que l’ICP permet non seulement de voir simultanément tous les tissus articulaires, denses et mous, mais qu’en plus, elle produit des images avec une définition et un contraste améliorés.

"Les contours apparaissent plus nets et les structures internes plus claires. Sur une image plus petite du genou d’une souris, le résultat s’est aussi avéré positif. On a pu y voir des micro-calcifications, des dépôts de cristaux calciques qui s’accumulent au niveau des tissus mous".

Mais l’appareil utilisé à Grenoble, le synchrotron, pour mener à bien ces recherches fait 844 mètres de diamètre et coûte 2 milliards d'euros. Une solution moins coûteuse existe : "Nous avons intégré, dans un dispositif émetteur de rayons X classique, une sorte de papier de verre qui permet à un algorithme informatique développé spécialement à cette fin de mesurer la déviation des rayons X… comme dans un synchrotron", explique Emmanuel Brun, chercheur à l’Inserm et membre du laboratoire Strobe de l’université de Grenoble Alpes.

De quoi susciter l’espoir que l’imagerie mène à une percée thérapeutique.

Sources

https://www.inserm.fr/

https://strobe.univ-grenoble-alpes.fr/

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