Sédentarité : deux semaines à buller sur votre canapé suffisent à augmenter vos risques cardiaques

Diminution des capacités cardio-respiratoires, augmentation du niveau de graisse corporelle, hausse de la résistance à l’insuline… Après seulement deux semaines sans activité physique, les conséquences sur la santé sont inquiétantes, révèle une étude britannique.

Par manque de temps ou de motivation, vous ne bougez plus tellement depuis quelques jours, en pensant que ce n’est pas bien gênant. Vous prenez la voiture au moindre déplacement, et à peine rentré.e, vous vous laissez aller sur votre canapé. Grave erreur ! Après seulement deux semaines d’inactivité physique, les conséquences sur votre santé sont désastreuses, révèle une étude.

Deux semaines d’inactivité suffisent à dégrader la santé cardiovasculaire

Pendant ce laps de temps, pourtant très limité, le tour de taille commence déjà à augmenter, le niveau de résistance à l’insuline s’élève et la santé cardiaque et pulmonaire se dégrade. En outre, la graisse s’accumule dans le corps et au niveau du foie.

“L’étude a montré qu’une réduction de l’activité physique pendant deux semaines, en passant d’environ 10 000 pas par jour à 1 500, a entraîné une modification des marqueurs de santé associés au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires”, indique Kelly Bowden Davies, maître de conférences aux Universités de Newcastle et de Liverpool.

Heureusement, le corps semble réagir assez rapidement à la reprise du sport ou d’une activité physique quotidienne. “Lorsque les gens ont repris leur niveau normal d’activité après cette période, ces changements négatifs pour la santé ont été inversés”, souligne l’auteure de l’étude.

Une diminution des capacités cardio-respiratoires et une augmentation de la graisse corporelle

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont recruté 28 adultes en bonne santé, et pratiquant une activité physique régulière - ce terme n’incluant pas forcément le sport, à proprement parler. En l'occurrence, les volontaires faisaient au moins 10 000 pas par jour, mais pas plus de deux heures d’exercice par semaine. Leur indice de masse corporelle (IMC) moyen dépassait à peine 24, ce qui correspond à une corpulence “normale”.

Les chercheurs ont demandé aux participants de réduire considérablement leur activité physique quotidienne ; celle-ci a donc été diminuée de 100 minutes par jour en moyenne. Au bout de deux semaines à ce rythme, ces derniers ont subi une batterie de tests, et leurs résultats ont été comparés à ceux mesurés au début de l’étude.

Pendant cette période, leurs capacités cardio-respiratoires ont chuté de 4 %. Ils ont aussi vu leur tour de taille augmenter de plus de 8 millimètres, et leur niveau de graisse corporelle total croître de 0,5 %. Leur niveau de graisse dans le foie, quant à lui, s’est accru de 0,2 %. Enfin, leur résistance à l’insuline et leurs taux de triglycérides ont aussi enregistré une légère hausse.

Dès la reprise de l’activité physique, le corps réagit positivement

Les participants ont ensuite repris leur activité physique habituelle. Au bout de seulement quatorze jours, leur santé s’est à nouveau améliorée. “Même de légères augmentations d’activité peuvent avoir un effet positif sur la santé”, indique Kelly Bowden Davies. “Bouger plus et renoncer aux occupations sédentaires est donc recommandé”.

Une conclusion validée par le Dr John Osborne, porte-parole de l’American Heart Association - qui n’a pas participé à l’étude. Selon lui, ces travaux montrent que l’on peut perdre très rapidement les bénéfices de l’exercice physique… Mais on peut heureusement les récupérer, à condition de recommencer - et de continuer - à bouger.

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