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Qu’est-ce que l’éjaculation féminine ?

L’éjaculation féminine n’est pas un mythe. On sait aujourd’hui que c’est l’expulsion de jets liquides par l’urètre lors de l’acte sexuel. La quantité de ce liquide est variable : de 5 à 200 ml, soit de quelques gouttes à l’équivalent d’un grand verre.

Étonnamment tombée dans l’oubli au cours des deux siècles derniers, son existence ne faisait pourtant aucun doute dans l’Antiquité. En Inde, deux mille ans avant notre ère, le tantrisme y voyait un accomplissement divin. L’éjaculation féminine était alors considérée comme un quasi-sacrement, comme l’accomplissement de l’union sexuelle

Est-elle un synonyme d’orgasme ?

Qui dit plaisir ne dit pas forcément éjaculation féminine. Il peut y avoir orgasme très puissant, sans émission. Certaines femmes ont une éjaculation à chaque rapport, d’autres jamais.

"La fréquence peut aussi dépendre du partenaire, explique le Dr Gérard Leleu, sexologue, et plus précisément de la confiance que la femme place en lui". A l’inverse, l’éjaculation féminine peut se produire sans orgasme... Et cela, même si l’organe dont elle émane – la prostate féminine – est pourvu de capteurs très sensibles, ce qui en fait une véritable zone érogène.

Le point G (il existe !) correspond d’ailleurs à la partie de cette prostate affleurant sur la paroi antérieure du vagin (le plus souvent à 7 cm de son entrée).

Toutes les femmes peuvent-elles éjaculer ?

"La plupart des femmes ont la capacité d’avoir des éjaculations", explique le Dr Gérard Leleu, sexologue. Toutefois, ce n’est en aucun cas une obligation.

Il n’est pas nécessaire d’éjaculer pour avoir une vie sexuelle réussie. D’ailleurs, "actuellement, la plupart des femmes n’éjaculent pas", précise notre spécialiste. Dans de rares cas, la cause peut être d’origine physiologique : leur muscle pubo-coccygien est trop faible ou a été abîmé soit par une intervention chirurgicale, soit par un acte obstétrical comme l’épisiotomie.

Mais la plupart du temps, l’éjaculation ne survient pas parce qu’une partie de la gent féminine ne connaît pas l’orgasme ou se sent honteuse au moment de l’émission… et se l’interdit par pudeur ou peur d’une réaction négative du partenaire.

Quelle est la composition du liquide expulsé ?

L’éjaculat ou liquide expulsé est incolore, transparent, de consistance aqueuse. Il n’a pas d’odeur. Il est légèrement salé. Selon le Dr Gérard Leleu, médecin sexologue, son analyse chimique révèle la présence d’enzymes prostatiques (en particulier des phosphatases prostatiques).

En clair : c’est un liquide proche de l’éjaculat masculin, les spermatozoïdes en moins ! Bien évidemment, ce n’est en aucun cas de l’urine, dont le pH est plus élevé et qui contient des déchets éliminés par les reins (urée, créatinine).

Rien à voir non plus avec le liquide de lubrification vaginale secrété au début du rapport sexuel, ni même avec la lubrification vulvaire due aux glandes de Bartholin (situées de part et d’autre de l’orifice vaginal).

Pourquoi est-elle si mal connue ?

D’abord parce que l’éjaculation féminine n’est pas systématique chez la femme. Ensuite parce que le plaisir féminin a été interdit jusqu’à récemment. Il n’était toléré qu’à certaines conditions car on le croyait utile à la procréation. Mais à la fin du XIXe siècle, on a découvert l’ovulation (qui se produit automatiquement tous les 28 jours).

Dès lors, l’éjaculation féminine et l’orgasme ont été dissociés de la reproduction. Et la jouissance féminine est devenue répréhensible. "Ce XIXe siècle aura été le pire siècle pour la femme et sa sexualité", affirme le Dr Gérard Leleu, médecin sexologue. D’ailleurs, aujourd’hui encore, "beaucoup d’hommes, voire des médecins, continuent de nier le phénomène", précise-t-il.

Comment réagissent les hommes ?

"Les hommes ne réagissent pas tous de la même façon à l’éjaculation féminine", explique le Dr Leleu, médecin sexologue. Certains sont dégoûtés et n’hésitent pas à le faire savoir, ce qui blesse la femme et peut lui donner un fort sentiment de rejet nuisant, à terme, aux relations du couple. Inversement, d’autres se sentent mal à l’aise, voire effrayés.

D’autres hommes, enfin, voient en l’éjaculation de leur partenaire le couronnement de leurs ébats, et comme une forme de récompense !

D’où vient l’éjaculation féminine ?

Cette éjaculation naît de la prostate féminine. Et oui, les femmes aussi disposent de cet organe ! "Chez elles, il entoure l’urètre, exactement comme chez l’homme. Il est également constitué de tissus érectiles, de petites glandes (dites de Skene) qui sécrètent un liquide, et de canaux excréteurs qui débouchent dans l’urètre", explique le Dr Leleu, médecin sexologue.

Résultat : au cours de l’éjaculation, souvent suscitée par le plaisir sexuel, le liquide sécrété est expulsé grâce à la contraction des muscles pubo-coccygiens. On peut alors assister à l’émission de jets.

A-t-elle une fonction physiologique ?

L’éjaculation féminine n’a pas de rôle biologique. Elle n’augmente pas les chances de fécondation contrairement à ce qu’on croyait dans l’Antiquité et au Moyen Âge. En revanche, elle consolide la relation amoureuse et érotique… et elle est associée à une moindre occurrence des cystites.

En clair : les femmes qui éjaculent régulièrement auraient moins d’infections urinaires.

Quel type de plaisir procure-t-elle ?

Pour la plupart des femmes, l’éjaculation féminine s’accompagne d’orgasmes intenses. "Elles évoquent des vagues de plaisir qui les portent, des flots ensoleillés, des cascades qui les emportent", explique le Dr Gérard Leleu, médecin sexologue.

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Sources

Le traité des orgasmes, Dr Gérard Leleu, éd. Leduc.s, 18 €.

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