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Erreur n°1 : Se prendre trop au sérieux

La sexologue Rosa Carballeda ne passe pas par quatre chemins : c’est justement cette notion d’ "erreurs à éviter" qui peut ruiner un acte sexuel. Il y en a, certes, mais le tout, c’est d’abord de dédramatiser le coït : "Cela renvoie à quelque chose de très performant, comme si faire l’amour devait être très raisonné et nécessitait d’être très efficace, constate-t-elle. C’est parce que nous vivons dans une société qui intellectualise tout, alors que normalement, l’amour, c’est une émotion. C’est notre cerveau archaïque qui doit nous guider - c’est d’ailleurs lui qui nous rend heureux - et non notre cerveau plus sophistiqué qui va essayer de nous raisonner."

"Je dois tenir longtemps", se dit l’homme, "je dois avoir un orgasme à tout prix", pense la femme : ce sont ces objectifs que l’on se fixe à soi-même mais également à son partenaire qui nous empêchent de lâcher prise et nous font passer à côté de l’instant présent. En effet, rien de mieux que lorsque l’on se laisse aller : "Vous allez activer vos sens, qui sont les portes d’entrée de la sexualité, assure Rosa Carballeda : toucher, sentir, goûter, voir… C’est ce qu’il ne faut pas rater ! Il n’y a pas d’objectif à donner." Car on a tendance à l’oublier, mais le sexe, c’est avant tout "un moment de détente, d’humour même. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux, car faire l’amour c’est tout sauf sérieux. On devrait se déconnecter de tout et ne penser qu’à se faire du bien."

Erreur n°2 : Ne pas connaître son corps

Erreur n°2 : Ne pas connaître son corps© IstockS’il est important de connaître un minimum son partenaire pour aspirer à un coït du tonnerre, cela n’est pas possible tant que l’on ne se connait pas soi-même, assure Rosa Carballeda. Car pour faire l’amour, il faut prendre conscience de son anatomie. Et la masturbation aide grandement à cela : "C’est un moyen de faire son apprentissage sur la manière dont on fonctionne. De savoir comment on s’excite : est-ce que j’aime quand on me touche le sexe fortement, le frottement, quand c’est humide avec un gel… Vous devez bien vous connaître vous-même pour le transmettre à l’autre et lui demander comment lui, il fonctionne."

Une prise de conscience qui facilitera vos ébats et les rendront tous meilleurs les uns que les autres : "Avec chaque partenaire, on fait de nouvelles choses et on découvre, explique la sexologue. Comment voulez-vous avoir un bon coup comme s’il y avait une recette alors que l’on est tous différents ?"

Erreur n°3 : Ne pas faire de préliminaires

Erreur n°3 : Ne pas faire de préliminaires© Istock
Les préliminaires sont bien trop souvent négligés car encore considérés comme ne faisant pas partie intégrante de l’acte sexuel. Chose inacceptable, selon Rosa Carballeda : "L’acte sexuel ne se résume pas qu’à la pénétration. On peut très bien faire l’amour sans pénétration et prendre son pied. Les préliminaires sont aussi importants pour l’homme que pour la femme, car ils permettent de faire monter l’excitation et notamment de stimuler le clitoris, porte à laquelle il faut sonner avant de pouvoir entrer dans le corps de la femme."

Mais si les préliminaires s’avèrent indispensables la plupart du temps, ils doivent "respecter les tabous et les limites de l’autre, précise la sexologue, car oui, certaines personnes peuvent refuser les fellations ou les cunnilingus. Méfions-nous des codes pornographiques qui suggèrent par exemple de faire directement une fellation, sans bisous ni caresses avant. Il faut d’abord passer par les zones non sexuelles puis aller vers le sexuel", afin de mieux cerner son partenaire.

Erreur n°4 : Se laisser guider par les codes pornographiques

Erreur n°4 : Se laisser guider par les codes pornographiques© IstockC’est du bon sens, mais qui mérite d’être rappelé selon la sexologue : avant de tester de nouvelles pratiques, assurez-vous d’en discuter avec votre partenaire pour connaître son avis sur le sujet. "L’erreur à éviter, c’est de faire de la pornographie de prime abord sans avoir demandé au préalable, explique-t-elle. Certaines personnes peuvent être tentées de suivre les codes pornographiques, mais ce ne sont en aucun cas des modèles de respect car ils chosifient la femme. Ils ne servent qu’à exciter un maximum l’homme, et la femme devient un objet."

Même chose pour les jouets sexuels : si leur usage semble relativement accepté puisqu’un Français sur quatre déclare en utiliser au moins une fois par an (1), certains peuvent se montrer fermés à ces accessoires. "Il ne faut pas les utiliser sans avoir un minimum de connivence avec son partenaire, au risque de décevoir, choquer, voire traumatiser la personne qui peut ne pas vouloir dire non par amour." Les pratiques originales, on aime ou pas, mais l’important, c’est de respecter son partenaire !

Erreur n°5 : Négliger son hygiène corporelle !

Erreur n°5 : Négliger son hygiène corporelle !© IstockSi un sondage (2) a révélé que près de la moitié des Français ne prennent pas leur douche tous les jours, celle-ci devrait être systématique avant chaque passage à l’acte, martèle Rosa Carballeda : "Ça parait évident, mais depuis quelques temps, je n’arrête pas de le rappeler aux patients, s’exaspère la sexologue. Combien de personnes viennent me voir en consultation parce qu’on leur a demandé une fellation mais qu'elles n’avaient pas envie de la faire ? Elles avaient en réalité perdu leur désir car leur partenaire ne s’était pas lavé depuis trois jours ! Il ne faut donc pas s’étonner si, en rentrant du boulot, on ne vous saute pas dessus !"

Car effectivement, l’hygiène corporelle est importante pour entretenir la flamme. Négligez-la, et c’est un tue-l’amour assuré : 25% des Françaises et 22% des Français auraient d’ailleurs déjà mis fin à une relation amoureuse à cause du manque d’hygiène de leur partenaire ! (3) "Etre érotique et désirable, ce n’est pas forcément porter un string, ça passe tout simplement par se laver, se parfumer, être propre. Si vous ne vous êtes pas lavé.e, que vous avez de la crasse sous les ongles…" rien de plus repoussant !

Erreur n°6 : Ne pas se parler

Erreur n°6 : Ne pas se parler© IstockAttention : dédramatiser, comme vu précédemment, ne veut pas dire négliger. La notion de performance disparaitra donc quand on se laissera aller, mais également lorsque l’on communiquera clairement ses envies pour que le partenaire sache directement comment s’y prendre pour nous contenter ! Le sexe requiert un minimum de symbiose, et celle-ci n’est possible qu’après avoir communiqué : "L’erreur à éviter, c’est de ne pas parler", affirme la sexologue. Eh oui : partir du principe que votre partenaire est devin, c’est la frustration assurée !

La communication évitera également aux amants "d’avoir un rapport égoïste" en ne tenant pas compte des envies de l’autre : "Il est important de connaître son partenaire et d'avoir la notion de l’autre", explique Rosa Carballeda, au risque sinon de le bloquer. "Il faut communiquer. Si c’est un coup d’un soir, il faut lui demander au minimum ce qu’il ou elle aime, lui poser deux, trois questions. Si quelqu’un vous dit par exemple qu’il n’aime pas les préliminaires, vous saurez que vous n’aurez pas à vous attarder dessus." Un dialogue qui permettra ainsi d’éviter les situations parfois gênantes comme les simulations d’orgasme, autant détestées par celui ou celle qui les initie que celui ou celle qui les entend !

Erreur n°7 : Ne pas être en bonne santé physique et mentale

Erreur n°7 : Ne pas être en bonne santé physique et mentale© IstockOn ne vous demande pas d’avoir une forme d’athlète, mais comment voulez-vous bien faire l’amour quand vous n’êtes pas en possession de vos capacités physiques ? Exemple : "si vous êtes en état grippal, c’est sûr que vous n’allez pas bander correctement et surtout pas orgasmer !", assure la sexologue. Il en va de même avec la santé mentale : anxiété, complexes, manque de confiance en soi… Autant d’éléments qui peuvent faire barrage à un coït. "Faire l’amour, c’est se donner à l’autre. Si vous êtes énervés, fermés, pas sûrs de vous, qu’à vous-mêmes vous ne vous donnez rien et que vous négligez votre état général, vous allez demander d’éteindre la lumière, refuser certaines postures, bâcler ce moment intime qui ne va pas être agréable. En plus, vous allez être tendus musculairement et donc mettre beaucoup de temps à avoir un orgasme !"

Vous l’aurez donc compris : on ne peut pas faire l’amour quand on a l’esprit ailleurs et que l’on ne vit pas à fond le moment présent, qu’elles qu’en soient les raisons. Du moins, c’est risqué. Car à la base, "faire l’amour, c’est être de bonne humeur et en ouverture avec l’autre, souligne Rosa Carballeda. C’est un échange autant physique que mental, c’est pourquoi être bien dans sa peau garantit une bonne sexualité."

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Sources

Remerciements à Rosa Carballeda, médecin sexologue, thérapeute de couple et présidente de la Fédération Française de Sexologie et de Santé Sexuelle.

(1) "Les Français et les sextoys : la grande enquête". Ifop. 13 février 2017.

(2) "Comment les Français gèrent l'eau dans leurs foyers ?". BVA. 23 mai 2015.

(3) Enquête "Hygiene Matters". SCA.

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