Le coronavirus "pourrait infecter 60 % de la population mondiale s’il n’est pas maîtrisé"

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À l’occasion d’une réunion d’experts de l’OMS, un épidémiologiste réputé a estimé que l’épidémie de coronavirus pourrait s’étendre à environ deux tiers de la population mondiale si des mesures strictes n’étaient pas rapidement déployées pour la maîtriser.

C’est une nouvelle qui fait froid dans le dos. Après le premier décès en France d’un touriste chinois le 15 février, des experts de l’OMS se sont réunis à Genève pour faire un point sur l’épidémie. Or, malgré les différentes mesures sanitaires déjà prises, le coronavirus risque encore... de gagner du terrain.

Coronavirus : un “taux d’attaque de 60 % à 80 %”

Lors de la réunion d’experts de l’OMS, organisée à Genève, le professeur Gabriel Leung, épidémiologiste hongkongais réputé, a estimé que l’épidémie de coronavirus pourrait “s’étendre à environ deux tiers de la population mondiale si des mesures strictes n’étaient pas rapidement déployées”.

Pire encore, d’après le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, les récents cas de patients atteints par le coronavirus qui n’avaient jamais visité la Chine pourraient représenter "la partie émergée de l’iceberg".

Or, la question essentielle de ce débat d'après le Pr Gabriel Leung est de "déterminer la taille et la forme de cet iceberg", sachant que la plupart des experts estiment que chaque personne infectée peut transmettre le virus à 2,5 autres individus.

Cela représente un “taux d’attaque de 60 % à 80 %” et ce est chiffre terriblement élevé”, note le scientifique. Ainsi plus de 60 % de la population mondiale pourrait être touchée par le virus.

Photo du virus SARS-CoV

Photo du virus SARS-CoV© Creative Commons

Auteur : CDC/Dr. Fred Murphy Sources : This media comes from the Centers for Disease Control and Prevention's Public Health Image Library (PHIL), with identification number #4814. Crédit Licence : cette image est tombée dans le domaine public. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Coronaviruses_004_lores.jpg

“Est-ce que 60 à 80 % de la population mondiale va être infectée ? Peut-être pas. Peut-être que cela se produira par vagues, et que le virus va atténuer sa létalité, car une létalité trop élevée serait susceptible d’entraver sa propagation”, souligne Gabriel Leung, avant de s’interroger sur la viabilité des règles déjà adoptées : “les mesures prises en Chine sont-elles vraiment efficaces ? Si tel est le cas, combien de temps pouvez-vous fermer une ville entière ? Tenir les gens à l’écart des centres commerciaux ? Et si vous supprimez ces restrictions, l’épidémie va-t-elle reprendre de plus belle ? Ce sont des questions très réelles”, ajoute-t-il.

L’absence de mesures strictes favorise la propagation du virus

Mais ce n’est pas la première fois que l’épidémiologiste sonne l’alerte.

Fin janvier, il s’était déjà exprimé dans la revue “The Lancet” en indiquant que les épidémies allaient probablement “croître de façon exponentielle dans les villes de Chine, avec un retard d’une à deux semaines seulement par rapport à Wuhan”.

Le spécialiste a par ailleurs précisé que “des épidémies indépendantes et autonomes dans les grandes villes du monde entier pourraient devenir inévitables”, en raison du mouvement important de personnes infectées n’ayant pas encore développé de signes visibles.

L’absence de mesures de santé publique strictes participent également à la propagation foudroyante du virus et à l’augmentation du nombre de morts.

D’après les experts, si le virus venait à se propager plus largement à l’échelle mondiale, le monde devrait revoir sa stratégie et s’efforcer d’en atténuer les effets plutôt que de tenter de contenir la pandémie.

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