Depuis le début de l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV, de nombreuses “fake news” circulent sur les réseaux sociaux. Ainsi, on peut lire que des cas auraient été enregistrés dans plusieurs villes du Val d’Oise, en Savoie, dans les Pyrénées-Orientales ou encore dans le Lot-et-Garonne. Or ces informations sont totalement fausses !

Pas de coronavirus à Agen, Aix-les-Bains, Perpignan ni à Montigny-les-Cormeilles

Bien souvent, ces “infos” sont relayées sur Facebook, Twitter ou encore Snapchat par le biais d’une capture d’écran. Or ces dernières sont très facilement manipulables, comme le rappelle AFP Factuel sur son site.

Ainsi, un utilisateur de Snapchat partageait récemment la publication suivante, prétendument issue d’un tweet de BFMTV : "Montigny-les-Cormeilles : 5 personnes susceptibles d'être potentiellement toucher par le Coronavirus vont être mis en quarantaine dans le centre hospitalier d'Argenteuil". Sur son compte Twitter, le CHU d’Argenteuil a démenti cette affirmation, et BFMTV a précisé n’avoir jamais envoyé ce post. La faute d'orthographe dans la phrase pouvait d'ores et déjà nous mettre la puce à l'oreille.

Une fausse dépêche, portant les logos de l’AFP et du Ministère de la Santé, a également circulé sur Twitter, mentionnant un premier cas de coronavirus à Aix les Bains, en Savoie. Une fois encore, il s’agit d’une fake news. “Après vérification, je vous confirme que nous n’avons pas de cas de coronavirus en Savoie”, a déclaré un porte-parole de la préfecture à nos confrères de France 3.

Au 30 janvier 2020, seulement 5 cas de coronavirus sont confirmés en France

D’autres captures d’écran trafiquées ont fait état de contaminations à Agen et à Perpignan, qui ont obligé les hôpitaux mentionnés et la préfecture des régions concernées à réagir. Des montages photos similaires ont laissé penser que des personnes étaient infectées à Orléans et dans un lycée de Reims. L’Agence régionale de Santé du Loiret et l’Académie de Reims ont démenti.

À ce jour, seulement cinq patients ont été contaminés au coronavirus en France : un à Bordeaux, quatre à Paris. L’homme hospitalisé au CHU de Bordeaux a 48 ans, est d’origine chinoise et son état est “stable et rassurant”. Dans la capitale, un homme de 31 ans et une femme de 30 ans sont actuellement à l’hôpital Bichat, et les médecins sont confiants quant à leur état de santé. Un touriste chinois de 80 ans est actuellement en réanimation, et sa fille, dont on ignore l’âge, est également hospitalisée.

Coronavirus 2019-nCoV : méfiez-vous des vidéos sur Internet

D’autres fausses informations ont circulé sur les réseaux sociaux par le biais de vidéos. Parmi elles, l’une précise, en légende, qu'elle montre le marché de Wuhan, où le virus est apparu pour la première fois. Or, ces images ont en réalité été filmées sur le marché de Langowan, en Indonésie.

D’autres images, massivement relayées sur Facebook, montrent des Chinois qui tombent comme des mouches dans la ville de Wuhan, puis immédiatement embarqués par des hommes en combinaison blanche. En l’absence de source vérifiée, il est difficile de confirmer la fiabilité de cette vidéo.

Coronavirus : comment se protéger contre les fake news ?

Sur son site, AFP Factuel donne plusieurs pistes pour ne pas tomber dans le piège des fausses informations. Pour vérifier l’authenticité d’une capture d’écran, posez-vous les questions suivantes :

  • Comporte-t-elle des fautes d’orthographe ? Si c’est le cas, il y a de forte chance pour qu’elle soit trafiquée.
  • Renvoie-t-elle vers la publication d’origine, par un lien ? L’absence de source est souvent suspecte.
  • Parvenez-vous à retrouver vous-même le tweet ou l’article d’origine ? S’il n’y a aucune trace de l’information sur le média mentionné, il est probable qu’elle soit fausse.
  • Les logos et autres visuels correspondent-ils bien à celui du site mentionné ? Parfois, les montages reprennent de vieilles images, qui ne correspondent plus à l’habillage actuel du site.

Pour vérifier le contenu d’une vidéo, portez attention aux détails : lieu et heure de la scène, cohérence de la date avec les images, langue parlée, vêtements portés (notamment les uniformes), etc.

Vous pouvez également utiliser l’outil de recherche inversée mis à disposition par Amnesty International, qui permet de savoir quand une vidéo a été mise en ligne sur YouTube. Vous saurez ainsi si la vidéo en question est vraiment récente, ou si elle est simplement ressortie des tréfonds d’Internet.

Sources

Nouveau coronavirus : attention aux fausses captures d'écran sur les réseaux sociaux, AFP Factuel, 28 janvier 2020. 

Ce marché n'est pas celui où est apparu le coronavirus en Chine, mais un marché indonésien, AFP Factuel, 28 janvier 2020.

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