Parkinson : le farnesol, present dans les fruits, pourrait prevenir la maladie

Deuxième maladie dégénérative la plus fréquente en France, la maladie de Parkinson touche entre 100 000 et 150 000 patients. D’évolution lente et progressive, elle se caractérise par la diminution du nombre de neurones chargés de produire la dopamine (les neurones dopaminergiques). Ces derniers sont impliqués dans le contrôle des mouvements. Ce phénomène implique souvent des symptômes particulièrement invalidants comme les fameux tremblements au repos, la rigidité musculaire ou encore la lenteur dans les mouvements.

Une nouvelle étude parue ce mercredi 28 juillet au sein de la revue Science Translational Medicine suggère que le farnesol, un composé présent naturellement dans certaines huiles essentielles (dont celles de fleurs de tilleul, d'oranger et d'acacia) et fruits, soit capable de prévenir et d'inverser les lésions cérébrales liées à la maladie de Parkinson. Le farnesol est aussi utilisé en parfumerie pour souligner les odeurs de parfums floraux, en cosmétique en l'occurrence dans la fabrication de déodorant.

La recherche a été menée sur des souris par des scientifiques de l'école de médecine américaine Johns Hopkins. Faites défiler notre diaporama pour connaître les fruits contenant du farnesol. Attention, cette liste n'est pas exhaustive.

À noter que les chercheurs mentionnent particulièrement les fruits appartenant à la catégorie des baies. Or, selon eux, d'autres fruits sont aussi susceptibles de contenir du farnesol.

Parkinson : le farnesol prévient la perte de neurones dopaminergiques 

Le farnesol est souvent utilisé dans les arômes et la fabrication de parfums. Ce composé pourrait potentiellement prévenir la perte de neurones à l'origine de la dopamine dans le cerveau des souris en désactivant une protéine clé impliquée dans la progression de la maladie de Parkinson. C'est justement la perte de ces neurones qui affecte les mouvements et la cognition, qui entraîne les symptômes caractéristiques de la pathologie.

"Nos expériences ont montré que le farnésol empêchait à la fois de manière significative la perte de neurones dopaminergiques et les déficits comportementaux inversés chez la souris, ce qui indique sa promesse en tant que traitement médicamenteux potentiel pour prévenir la maladie de Parkinson", a déclaré Ted Dawson, MD, Ph.D., directeur du Johns Hopkins Institute for Cell Engineering et professeur de neurologie à la Johns Hopkins University School of Medicine.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont administré à des souris un régime supplémenté en farnésol. Un deuxième groupe de rongeurs s'est vu administré un régime classique. Le test a duré une semaine. Ensuite, les scientifiques ont activé la protéine alpha-synucléine, qui est associée aux effets de la maladie de Parkinson dans le cerveau, chez les souris. Les résultats sont clairs : les souris nourries avec un régime riche en farnesol présentaient moins de symptômes de Parkinson. Après vérification, ces dernières avaient encore deux fois plus de neurones dopaminergiques.

On souligne toutefois que le farnesol est un agent allergène à forte incidence. Les chercheurs avertissent qu'ils n'ont pas encore déterminé à quelle dose le farnésol reste sans danger pour l'homme. Ainsi, des essais cliniques contrôlés devraient encore été effectués.

Sources

Science Translational Medicine, 28 juillet 2021

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