La ménopause est la période de la vie d’une femme qui correspond à l’arrêt définitif de ses menstruations. “En général, elle survient entre 45 et 55 ans, avec une moyenne autour de 50 ans”, avance l’Inserm. Mais parfois, elle arrive avant ou après. Ainsi, il y aurait 10 % des femmes ménopausées avant 45 ans, et 10 % d’autres après 55 ans.

Cette science encore approximative peut poser problème, notamment à celles qui seraient surprises par une arrivée précoce de la fin du fonctionnement de leur cycle ovarien alors qu’elles espéraient peut-être avoir un enfant… Si les gènes ne sont pas les seuls facteurs pouvant expliquer l’apparition de la ménopause (mode de vie, environnement, etc), ils y participent de façon indéniable. Et grâce à ces nouvelles découvertes sur le génome humain, les scientifiques pourraient réussir à mettre au point un test prédictif. Explications.

Ménopause : 290 gènes impliqués dans l’horloge biologique

En analysant le patrimoine génétique d'environ 200 000 femmes cisgenres d'ascendance européenne, âgées d'entre 40 et 60 ans, les chercheurs ont identifié près de 290 variations génétiques impliquées dans l’apparition de la ménopause. Cela multiplie par cinq le nombre de traits génétiques connus influençant la durée de vie du cycle ovarien.

“Dans un monde idéal, nous serions en mesure de prédire quelles femmes ont une fenêtre de fertilité naturelle plus courte, pour leur permettre de faire des choix reproductifs plus éclairés”, avance John Perry, généticien à l'université de Cambridge (Royaume-Uni) et coauteur de l'étude. Ces résultats encourageants donnent l'espoir aux scientifiques de réussir à mettre au point un test prédictif de l'âge de la ménopause. Il serait créé en combinant les facteurs non génétiques connus pour influencer la réserve ovarienne comme le tabagisme.
Mais ces découvertes pourraient également aider les médecins à traiter l'infertilité et à améliorer la santé reproductive des femmes.

Vers un traitement de la ménopause précoce ?

Pour l’heure, les traitements contre la ménopause précoce ou pour prolonger la durée de la période de reproduction sont loin d'être aboutis. Mais grâce à ces données, les scientifiques commencent à entrevoir cette possibilité.

Pour comprendre, il faut savoir que tous les ovules immatures sont déjà formés et présents à la naissance. Ils sont ensuite libérés à chaque cycle menstruel, lors de l'ovulation. Lorsque l’un d’eux contient de l'ADN endommagé, il est détruit par un mécanisme de protection. En effet, l’organisme n’est pas censé transmettre de matériel génétique endommagé. Au fil du temps, l’organisme répare de moins en moins bien l’ADN endommagé, impliquant une plus grande destruction d'ovocytes et une baisse de la fertilité avant la ménopause.

Or, les chercheurs ont mis la main sur un gène particulier : le “checkpoint kinase 2”. Celui-ci sert dans le codage d’une enzyme provoquant l'arrêt de la destruction d'un ovocyte dont l'ADN est endommagé. Les scientifiques ont constaté que les réserves d'ovocytes durent plus longtemps chez les souris ne possédant pas ce gène. Ce qui serait également le cas chez les femmes, pour lesquelles les chercheurs ont observé un retard moyen de trois ans et demi de leur ménopause.

Viennent alors des questionnements éthiques. Faut-il influencer la génétique ? “Je pense que l'amélioration de la réparation de l'ADN est très prometteuse pour retarder la ménopause”, soutient Kutluk Oktay, spécialiste américaine de la fertilité et n'ayant pas coécrit cette étude. “Mais abolir les points de contrôle qui éliminent les ovocytes endommagés pourrait être une proposition risquée”.

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Sources

https://www.nature.com/articles/s41586-021-03779-7 

https://www.inserm.fr/dossier/menopause/ 

https://www.revuegenesis.fr/menopause-definitions-age-diagnostic/ 

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