Médicaments : ces cachets qu'il ne faut surtout pas sortir de leur emballage !
Flacon, gélules, comprimés effervescents, ampoules ou même seringues préremplies… Les médicaments peuvent se présenter sous des formes très différentes. Or ces formes impactent directement leur conservation. Plus surprenant encore, pour une même forme, un simple comprimé par exemple, c’est le principe actif qui peut être déterminant sur la conservation.
L'Agence nationale de sécurité du médicament stipule d’ailleurs que les laboratoires conçoivent les traitements pour une conservation stricte dans leur emballage primaire. A défaut, votre comprimé peut perdre en efficacité ou pire devenir toxique. Ce blister garantit la stabilité physico-chimique des molécules jusqu'à l'ingestion. Ce point est important, notamment quand on prépare un pilulier, ou que l’on souhaite emmener ses médicaments en déplacement.
L'humidité, la lumière, l’oxygène : les ennemis de vos médicaments
L'humidité reste le premier ennemi des pilules extraites de leur opercule. Certains principes actifs se révèlent hygroscopiques, c'est-à-dire qu’ils absorbent l'eau de l'air environnant. L'Observatoire du Médicament de Normandie indique qu'une gélule nue ramollit et se désagrège. Son principe actif s'altère inéluctablement, provoquant la chute irréversible de l'efficacité du traitement.
La lumière et l'oxygène sont deux autres ennemis identifiés des médicaments, ils détruisent la structure chimique de nombreuses molécules. Les médicaments photosensibles subissent une dégradation immédiate face aux rayons UV. Les guides médicaux de Médecins Sans Frontières alertent sur ce phénomène critique. L'exposition génère des substances toxiques pour l'organisme, transformant un remède curatif en danger avéré.
Attention, à toujours conserver la traçabilité des médicaments
Attention également à une chose à laquelle on pense peu : en retirant un médicament de son emballage, vous supprimez les informations notées sur le dit emballage.Chaque alvéole imprimée indique le nom exact, le dosage et la date de péremption. Une fois dénudés, les cachets de formes similaires se confondent dans les cases en plastique. Cette perte d'information peut provoquer des erreurs médicamenteuses sévères, en particulier chez les patients polymédiqués car cela augmente le risque de confusion de deux cachets similaires.
Comment faire pour éviter ces problématiques ? Les pharmaciens recommandent de simplement découper le blister autour de l'alvéole avec des ciseaux. Le principe actif reste protégé de toute altération atmosphérique.
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Les anticoagulants sensibles à l'humidité (comme le dabigatran)
Le dabigatran se dégrade très facilement à l'air ambiant. L'Agence nationale de sécurité du médicament préconise son maintien strict dans son blister en aluminium. Une brève exposition anéantit son efficacité et provoque une hausse fulgurante du risque d'accident thromboembolique.
Les traitements d'urgence par voie sublinguale (comme la trinitrine)
La trinitrine est une substance extrêmement volatile. Hors de son emballage spécifique, elle perd l'intégralité de son gaz actif en quarante-huit heures. Le Vidal indique qu'un comprimé déconditionné devient totalement inopérant lors d'une crise cardiaque aiguë.
Les formules orodispersibles et effervescentes
L'industrie pharmaceutique conçoit ces formats pour une dissolution instantanée au contact salivaire. La simple humidité d'une pièce altère ce type de traitement. Les pastilles deviennent friables et perdent leurs propriétés curatives essentielles.
Les antibiotiques vulnérables à l'oxydation (amoxicilline ou acide clavulanique)
L'air libre dégrade le composé qui jaunit rapidement. L'antibiotique perd sa capacité à contrer les résistances bactériennes, ce qui compromet le processus de guérison.
Les anti-hypertenseurs sensibles à la lumière (comme la nifédipine)
La nifédipine redoute l'exposition de la lumière qui brise la structure chimique du principe actif et annule ses effets. Les laboratoires utilisent des blisters opaques qu'il reste impératif de conserver intacts pour garantir l'action de la molécule.
Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP)
Les traitements contre le reflux gastrique présentent une instabilité majeure face à la lumière et l'humidité. Leur extraction dégrade l'enrobage gastrorésistant protecteur. L'acidité foudroyante de l'estomac détruit le médicament avant qu'il n'atteigne sa zone d'action.