Prednisolone : cet anti-inflammatoire peut causer le diabète après 7 jours de traitement

Administrés pour traiter l’asthme, les rhinites ou encore les otites, les anti-inflammatoires à base de prednisolone sont prescrits à des millions de patients. Hélas, une nouvelle étude vient de révéler que ces médicaments augmenteraient significativement les risques de diabète, et ce, dès la première semaine de traitement.

Un anti-inflammatoire couramment prescrit peut augmenter le risque de diabète après seulement une semaine de traitement, révèlent les nouvelles découvertes présentées lors de la conférence annuelle de la Society for Endocrinology qui se déroule du 11 au 13 novembre au Royaume-Uni. Sur le banc des accusés ? La prednisolone, un glucocorticoïde largement prescrit pour son action anti-inflammatoire. Ce traitement est indiqué pour soulager les patients victimes d’asthme, rhinite ou otite.

Selon les chercheurs, la prednisolone peut altérer la régulation de la glycémie allant jusqu’à rendre le patient diabétique. Et ce n’est pas tout : ces méfaits peuvent se manifester dès la première semaine de traitement. De quoi susciter l’inquiétude chez les scientifiques et surtout chez les patients.

En effet, le mauvais contrôle de la glycémie entraîne une résistance à l’insuline, considérée comme l’un des principaux moteurs du diabète de type 2.

Les personnes qui ont pris 15 mg de prednisolone ont vu leur glycémie altérée

Pour arriver à ces conclusions préoccupantes, les chercheurs ont mené des tests sur 16 hommes non-diabétiques. Parmi eux, six se sont vus administrer 10 mg de prednisolone durant une semaine. Quant aux autres, ils ont reçu 15 mg.

Après la prise, les experts ont mesuré le poids, la glycémie et le degré de résistance à l’insuline des participants. Les résultats sont sans appel : le groupe qui s’est vu administrer 15 mg de prednisolone présentait une glycémie altérée. Le Dr Riccardo Pofi, directeur de l’étude parle de "la première étude qui examine les effets métaboliques à très court terme des doses de glucocorticoïde fréquemment prescrites chez des individus en bonne santé, et cela indique que même à faible dose, le métabolisme du glucose est affecté, suggérant un risque accru de diabète avec un traitement continu".

Le diabète n’est pas le seul danger

"La relation entre les glucocorticoïdes et le diabète est bien établie", poursuit le Dr Pofi, avant d’ajouter que les effets néfastes de ces anti-inflammatoires se manifestaient sept jours après le début de prise des doses les plus couramment prescrites.

Les chercheurs suggèrent que les patients doivent être avertis du risque de diabète avant de commencer à prendre ce traitement et bénéficier de conseils préventifs.

"Ils ne doivent pas être prescrits sans indication à moins d’une nécessité absolue et ne doivent pas être pris sans ordonnance en raison de leurs effets secondaires", affirment-ils.

La prochaine étape pour les scientifiques ? Étudier si la prise de glucocorticoïdes en parallèle à des médicaments anti diabètes peut contrebalancer les effets indésirables.

Malheureusement, le risque de diabète n’est pas le seul danger de ses anti-inflammatoires. Les chercheurs mentionnent également la prise de poids et l’ostéoporose (maladie des articulations), des méfaits déjà avérés.

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