Penurie de medicaments : la liste des traitements en rupture de stock

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir dévoile aujourd’hui une étude sur les pénuries de médicaments en France. Et les résultats sont très inquiétants. En effet, de nombreux médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), pour lesquels une interruption de traitement peut s’avérer dramatique pour les patients, sont actuellement en pénurie.

Dans ce diaporama, nous vous listons les médicaments actuellement indisponibles sur le marché français, selon les données de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament). Découvrez-les en cliquant sur l’image en haut de l’article.

Médicaments : 2 400 ruptures de stock en 2020 !

D’après l’UFC-Que Choisir, les pénuries de médicaments ont presque triplé en trois ans, pour atteindre 1 200 l’année dernière. En 2020, en raison notamment de la crise sanitaire liée au Covid-19, le nombre de ruptures s’élève à 2 400. Autrement dit, six fois plus qu’il y a quatre ans.

Problème : les solutions proposées par les laboratoires sont loin d’être satisfaisantes. Dans 30 % des cas, ils renvoient vers un autre médicament. Une solution “parfois médiocre puisque les substitutions peuvent entraîner des effets secondaires plus importants, ou nécessiter un temps d’adaptation à la nouvelle posologie”, précise l’association.

12 % des industriels recommandent des solutions considérées comme “de derniers recours”, notamment la diminution de la posologie. Pire encore, dans 18 % des cas, ils ne proposent aucune solution alternative. Or, l’annulation du traitement peut avoir des conséquences désastreuses chez les patients atteints de lourdes pathologies, comme le cancer.

Les médicaments les moins chers en pénurie

Contre toute attente, ce ne sont pas les nouveaux traitements de pointe qui manquent le plus. Mais plutôt des molécules anciennes (commercialisées depuis plus de 20 ans) et plutôt bon marché... Autrement dit, qui rapporte moins d'argent aux industries pharmaceutiques. 

"Les industriels semblent donc bien faire le choix de sécuriser l’approvisionnement des médicaments rentables, au détriment des plus anciens, pourtant toujours indispensables aux usagers", déplore l'UFC-Que Choisir. 

Faut-il relocaliser la production en Europe ?

En cause, notamment, la stratégie d'externalisation adoptée par les laboratoires : "80 % du volume de principes actifs est fabriqué en dehors de l’Union européenne, contre 20 % il y a 30 ans", indique l'association, qui redoute que les subventions pour la relocalisation servent plutôt à financer les coûteuses innovations thérapeutiques, déjà largement produites en Europe. 

Interrogé par Le Parisien, Thomas Borel, Directeur scientifique du Leem, syndicat qui regroupe 260 entreprises françaises de médicaments, justifie : "15 % des ruptures sont liées à des problèmes sur l'outil de production (pannes, retards…), 15 % à la disponibilité des matières premières, essentiellement les principes actifs, 35 % sont la conséquence d'une demande mondiale qui augmente de 6 % par an. Nous avons aussi 10 % de la production perdue pour défaut de qualité et, enfin, 25 % sont dus à des contraintes réglementaires (nouvelles normes, autorisations de mise sur le marché). Et certains médicaments sont arrêtés car ils sont produits à perte".

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