Les patients qui refusent les médicaments génériques seront moins bien remboursés

Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l'année 2019, le ministère de la Santé a annoncé le 25 septembre 2018 que les patients qui refuseront, sans justification médicale, les médicaments génériques proposés par le pharmacien devront payer plus cher les médicaments originaux. La mesure entrera en vigueur à compter du 1er janvier 2020.

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Des économies pour l'Etat, mais pas pour le patient. Pour parvenir à l'objectif fixé par le gouvernement (3,8 milliards d'euros d'économie dans le domaine de la santé en 2019), la ministre de la Santé Agnès Buzyn a dévoilé le 25 septembre 2018 le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui renferme une mesure qui risque de déplaire aux Français : à compter du 1er janvier 2020, les personnes qui refuseront les médicaments génériques proposés par le pharmacien seront moins bien remboursés.

Payer plus cher pour les princeps

"Le remboursement d'un assuré qui ne souhaiterait pas, sans justification médicale, la substitution proposée par le pharmacien se fera désormais sur la base du prix du générique", explique le dossier de presse. "Nous demandons aux Français qui voudront accéder à un médicament de nom de marque de mettre de leur poche", a tout simplement précisé Agnès Buzyn devant la presse. Quand on sait que les médicaments génériques coûtent généralement 40% moins cher que les princeps, on imagine que beaucoup de patients reverront effectivement leurs exigences à la baisse.

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Autre mesure : "encourager la substitution par le pharmacien en faisant reposer la justification de la mention "non-substituable", apposée par les prescripteurs sur l’ordonnance, sur des critères médicaux objectifs, définis en lien avec l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé". En clair, donner plus de liberté au pharmacien qui pourra désormais proposer des médicaments génériques à la place des princeps, en "régulant [davantage] les conditions dans lesquelles les médecins" peuvent apposer cette mention, selon le ministère de l'Economie.

Médicaments génériques et princeps : vraiment identiques ?

L'objectif de ces mesures : une économie d'environ 100 millions d'euros. Concernant la substitution générique/princeps, "il s’agit ainsi de reconnaitre un même niveau de prise en charge pour des soins de même qualité", affirme le communiqué. Pourtant, plusieurs médecins s'accordent à dire qu'il y a une différence notable entre les médicaments génériques et les médicaments originaux.

Un médicament générique désigne un médicament équivalent au médicament de marque (aussi appelé princeps), lequel est protégé par un brevet. En ce sens, leurs principes actifs, leur biodisponibilité (efficacité) ainsi que leur forme pharmaceutique (comprimé, gélule, etc.) sont supposés identiques. Mais des différences au niveau des excipients (toute substance autre que le principe actif) et de la biodisponibilité (qui peut différer de -20% à +20%) peuvent avoir un impact sur l'efficacité des médicaments génériques, ce qui peut entraîner un retour des symptômes. Des réactions allergiques sont également plus fréquemment observées avec l'usage des médicaments génériques, du fait de la composition de leurs excipients.

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