Les médicaments sous haute surveillance

Hémorragie, hépatite, paralysie, brûlures, suicide. Parce qu'ils peuvent s'avérer dangereux, certains médicaments sont sous la surveillance renforcée des autorités sanitaires. Traitements pour le coeur, antidiabétiques, somnifères, pilules minceur, vaccins, sirops... La liste de ceux dont il faut se méfier.

Xenical® : des risques d'hémorragie

nutritional supplements in capsules and tablets selective focus, shallow dof© Istock

Commercialisé en France depuis 1998, Xenical® (orlistat) est un médicament indiqué dans la perte de poids. Il fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis le début de sa commercialisation.

Pourquoi est-il sous surveillance ? Parce que sa prise peut entraîner des troubles pancréatiques et des atteintes hépatiques. L'ANSM a également relevé "des cas d’hémorragie rectale modérée et des cas d’hypersensibilité (soit des allergies)".

Quelles précautions d’emploi ? "Pour pouvoir prendre Xenical®, il faut avoir un IMC supérieur ou égal à 30", prévient le pharmacien. En clair, il n'est pas indiqué pour éliminer les rondeurs superflues! De plus "il est du devoir du pharmacien d’accompagner la délivrance de Xenical® du bon discours pour qu'il soit bien pris", indique le Dr Fraysse. Si certains pharmaciens (une minorité fort heureusement) ne se gênent pas pour donner le médicament sans avertissement, c’est à l’utilisateur d’être vigilant.

Contre-indications : Xenical® ne doit pas être utilisé chez les enfants de moins de 18 ans, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes souffrant de malabsorption chronique ou de cholestase, en cas d’hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients, en cas de traitement par la ciclosporine, par la warfarine ou autre anticoagulant oral, et enfin chez les personnes présentant des troubles alimentaires.

A savoir : la commercialisation d’Alli® (la "petite sœur" du Xenical®, moitié moins dosé et délivré sans ordonnance) en France n'a duré que 3 ans, de 2009 à 2012 ! Face aux nombreuses controverses, le fabricant a cessé sa commercialisation.

Ketum® : des bûlures graves

Commercialisé depuis 1993, Ketum® (kétoprofène) est un anti-inflammatoire pouvant être indiqué en cas de tendinites, d’arthrose des petites articulations ou encore de lombalgie aiguë.

Pourquoi est-il sous surveillance renforcée ? 'Parce qu’il peut entraîner de graves brûlures si on s’expose au soleil', répond le Dr Martial Fraysse, pharmacien. Selon lui 'il est difficilement compréhensible que ce médicament soit encore sur le marché'. D’autant qu’il y a d’autres spécialités moins risqués pouvant le remplacer (ex: Voltarene®). Il a d'ailleurs été déremboursé en mars 2015.

Précautions d’emploi :

  • Pendant toute la durée du traitement et les deux semaines suivant l’arrêt, porter toujours un vêtement pour couvrir la ou les zones traitée(s) et ne pas s’exposer aux rayonnements UV en solarium ou cabines de bronzage.
  • Respecter la prescription de votre médecin, notamment la dose, la fréquence et la durée du traitement.
  • Lors de l’application du gel, bien se laver les mains, ne pas l’utiliser près des muqueuses, autour des yeux ou sur une peau irritée (eczéma…) ou en cas de plaies, brûlures, lésions infectées ou suintantes. Ne pas recouvrir d’un pansement occlusif.

Contre-indications : le gel de kétoprofène ne doit pas être utilisé à partir du début du 6e mois de grossesse et pendant l’allaitement.

Attention : en cas d’apparition d’une réaction cutanée (rougeur, irritation, démangeaison), arrêter le traitement immédiatement, consulter un médecin et protéger la zone lésée du soleil.

Vidéo : Vos médicaments toxiques pour vos poumons ?

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.