Le paracétamol®, accusé de détruire le foie : les nouvelles mesures de l’Ansm

Publié le 09 Juillet 2019 à 11h59 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Médicament le plus prescrit et utilisé, le paracétamol® n’est pas sans danger. En cas de surdosage, il peut détruire votre foie. L’Ansm demande aux laboratoires de faire figurer un message d’alerte sur les boîtes des médicaments.

Le paracétamol®, accusé de détruire le foie : les nouvelles mesures de l’Ansm© Istock

Cette mesure fait suite à la consultation publique lancé par l’Ansm (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) en août 2018 pour sensibiliser les patients et les professionnels de santé au risque de toxicité pour le foie, en cas de surdosage de paracétamol®.

"Le paracétamol® est le médicament le plus couramment prescrit et utilisé comme antalgique (anti-douleur) ou antipyrétique (anti-fièvre) chez les adultes et les enfants, estime l’Ansm. Il est aussi présent dans de nombreux médicaments, seul ou associé à d’autres substances actives". Utilisé de manière raisonnable, le paracétamol® est un traitement sûr et efficace. Mais en cas de dosage non adapté, les choses se gâtent : ce dernier peut provoquer de graves lésions irréversibles au niveau du foie. Hélàs, de nombreux patients ingère une dose trop importante par prise ou par jour ou ne respectent pas le délai minimum entre les prises.

"La mauvaise utilisation du paracétamol® est la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France", alerte l’Ansm dans un communiqué. Pour renforcer la prévention des risques hépatiques autour de ce médicament, l’Agence vient de prendre une nouvelle mesure.

Des messages d’alertes sur les boîtes des médicaments

Les résultats de la consultation lancée l’été 2018 parlent d’eux même : 97 % des personnes ont déclaré être favorables à l’ajout d’un message d’alerte sur le risque hépatique sur la face avant des boites, parmi les 2300 personnes (particuliers, professionnels de santé et associations de patients) qui ont été consultées par l’Ansm.

Suite à ces travaux qui confirment la nécessité de mieux informer les patients sur les risques liés au surdosage du paracétamol®, l’Ansm attend des laboratoires concernés qu’ils modifient les boîtes contenant ces médicaments. Ces derniers ont un délai de 9 mois pour se mettre en conformité et faire apparaître le message d’alerte : SURDOSAGE = DANGER / Dépasser la dose peut détruire votre foie.

Pour les médicaments à base de paracétamol®, associé à une autre substance active, l’Ansm demande de faire figurer sur la face avant de la boîte la mention suivante : SURDOSAGE = DANGER / Ne pas prendre un autre médicament contenant du paracétamol.

Paracétamol® : quelle est la dose limite ?

Dans le cadre d’une automédication, il convient de se limiter à une dose de 500 mg et passer à 1 g seulement si nécessaire (et si vous pesez plus de 50 kg). Quant à la durée du traitement, il ne doit pas excéder 5 jours. Il est également recommandé d’attendre 4 à 6 heures entre plusieurs prises et de ne pas boire d’alcool en parallèle. Quoi qu’il advienne, ne dépassez jamais 1 g par prise.

En outre, l’Ansm rappelle de vérifier la présence de paracétamol® dans les autres médicaments utilisés pour les douleurs, fièvres, allergies, rhume ou état grippal. Les populations, dîtes particulière, doivent redoubler de vigilance. Il va s’agir des personnes pesant moins de 50 kg, souffrant d’insuffisance hépatique, d’insuffisance rénale ou encore d’alcoolisme chronique.

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